Attribution de pouvoir à certains arbres

 

“Le deux juillet, certains Wendes avaient l’habitude de dresser, au milieu du village, un chêne, au sommet duquel un coq en fer était attaché ; puis ils dansaient tout autour et faisaient passer le bétail tout autour pour assurer sa multiplication.

Certains des Esthoniens croient en un esprit malfaisant appelé Metsik, qui vit dans la forêt et de qui dépend la prospérité du bétail. Chaque année, on refait une nouvelle image de lui. En un certain jour fixé, tous les villageois se rassemblent pour confectionner un homme de paille qu’ils habillent et emportent sur le commun du village. Là, on attache le mannequin à un arbre élevé autour duquel tous les gens dansent à grand bruit. Presque chaque jour de l’année, on lui offre des prières et des sacrifices, afin qu’il protège les troupeaux. Parfois, c’est une gerbe de blé qui sert à fabriquer le Metsik, et on l’attache à un grand arbre dans le bois. Les gens exécutent toutes sortes de bouffonneries bizarres devant l’arbre pour inciter Metsik à protéger le blé et le bétail.”

1 - arbre oiseau

Les Circassiens regardent le poirier comme un protecteur du bétail. Aussi, ils coupent un jeune poirier dans la forêt, ils lui enlèvent ses branches, et le portent chez eux, où ils l’adorent comme une divinité. Presque chaque maison possède un tel poirier. En automne, le jour de la fête, on transporte l’arbre dans la maison en grande cérémonie, au son de la musique, et au milieu des cris joyeux de tous les habitants, qui le complimentent de son heureuse arrivée. On le couvre de bougies, et on attache un fromage à son sommet. On mange, on boit et on chante autour. Puis, on dit au revoir à l’arbre et on le rapporte dans la cour, où il demeure tout le reste de l’année, fixé contre le mur, sans recevoir aucune marque de respect.”

Dans la tribu Tuhoé des Maoris on attribue à des arbres le pouvoir de rendre les femmes fertiles. On associe de tels arbres avec les cordons ombilicaux de certains ancêtres mythiques ; en fait, on avait l’habitude, jusqu’à une époque très récente, de suspendre aux arbres le cordon ombilical de tous les enfants. Une femme stérile devait enlacer l’arbre de ses bras, si son enfant naissait mâle ou femelle selon que l’étreinte avait lieu du coté est ou du côté ouest du tronc. L’usage européen très répandu de placer un buisson vert, le 1er Mai, devant ou sur la maison de la jeune fille qu’on aime dérive surtout de la croyance au pouvoir fertilisateur de l’esprit de l’arbre. Dans certaines parties de la Bavière, on place de tels buissons aux maisons des couples nouvellement mariés, et on n’omet de le faire que lorsqu’une femme est près d’accoucher ; on dit dans ce cas que le mari a placé un buisson de mai lui-même.”

Chez les Slaves du sud, une femme stérile qui désire avoir un enfant, place une chemise neuve sur un arbre fertile, la veille de la Saint-Georges. Le lendemain matin, avant l’aurore, elle examine le vêtement : si elle voit que quelque bête s’est traînée dessus, elle espère que son désir sera exaucé dans l’année. Elle se revêt alors de la chemise, certaine qu’elle sera féconde comme l’arbre sur lequel le vêtement a passé la nuit. Les femmes stériles, chez les Kara-Kirghiz, se roulent par terre sous un pommier solitaire pour obtenir des enfants.”

Quelques tribus hindoues des montagnes, ont l’habitude de marier l’époux et l’épouse à deux arbres avant de les unir l’un à l’autre. Par exemple, chez les Mundas, l’épouse touche un arbre mahwâ avec de la couleur rouge, le serre dans ses bras et s’y laisse attacher ; l’époux fait de même avec un manguier. Cette cérémonie a peut-être pour but de communiquer au nouveau couple le vigoureux pouvoir de reproduction des arbres. “

“Enfin, on attribue aux arbres, en Suède et en Afrique, le pouvoir d’accorder aux femmes une délivrance sans douleurs. Dans certains districts de la Suède, il y avait autrefois un bardtrad ou arbre gardien (tilleul, frêne ou orme) dans le voisinage de chaque ferme. Nul n’aurait cueilli une seule feuille de l’arbre sacré ; la malchance ou la maladie était la punition de quiconque lui infligeait quelque dommage.

Les femmes enceintes serraient l’arbre dans leurs bras pour s’assurer un accouchement facile. Dans certaines tribus nègres de la région du Congo, les femmes enceintes se font des vêtements avec de l’écorce d’un arbre sacré ; elles croient que cet arbre les met à l’abri des dangers qui accompagnent la grossesse. L’histoire d’après laquelle Latone avait embrassé un palmier et un olivier, ou deux lauriers, quand elle était sur le point de donner naissance aux jumeaux divins, Apollon et Diane, indique peut-être l’existence en Grèce d’une croyance presque analogue au pouvoir qu’auraient certains arbres de faciliter l’accouchement.” 

RAMEAU D'ORJames Frazer, le Rameau d’Or, tome 1 (extraits)
“Le roi magicien dans la société primitive” pp.289-296
Au prix de 28,50€, lien libraire, ici. http://astore.amazon.fr/krapoarborico-21/detail/2221088468

 

 

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