Le Chêne et les Druides

8 décembre 2017

a - le CHENE

Le chêne, cet arbre qui a la réputation d’attirer la foudre, est consacré dans la plupart des mythologies européennes au Dieu de la foudre, au Dieu suprême du ciel et à la majesté qu’il incarne. Il est synonyme de force et de virilité, il est une image de la force divine dans son aspect fulgurant. Il est l’arbre du guerrier, celui qui cherche tel un héros à conquérir la vigueur spirituelle représentée par son endurance et sa puissance. Les Romains avait bien cerné sa valeur symbolique car le même mot latin “Robur” désigne le chêne et la force. Son bois très solide servait jadis pour fabriquer les chariots, les roues, et les navires. 

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Mais nous allons voir que pour certaines cultures européennes, comme celle des Celtes, le chêne possède également une dimension de sagesse. Son endurance et sa longévité font qu’il fut aussi associé à la connaissance et au symbole de l’axis mundi, l’arbre cosmique qui relie la terre et les cieux. 

De nos jours encore il est tout un symbole pour la plupart des nations européennes. Il est l’arbre le plus répandu en France, pays où se trouve d’ailleurs un des plus vieux chênes d’Europe: c’est celui d’Allouville en Normandie. Vieux de 1200 ans, il abrite dans son tronc deux chapelles, ce qui n’est pas sans rappeler le caractère sacré de cet arbre. Et ce n’est pas pour rien que dans le folklore français, la célébration de 80 ans de mariage est définie comme les Noces de Chêne, image de cette pérennité et longévité. Au niveau politique le chêne est associé non seulement au symbole de la force, mais aussi et surtout à celui de la stabilité. C’est ainsi que certains pays ont sur leurs monnaies une représentation d’une branche de chêne. C’est le cas des centimes d’euros allemands, des anciens pfennigs allemands, ou encore des anciens francs français. Les feuilles de chêne ornent également certains uniformes et décorations de l’armée ; ce symbolisme militaire coïncide parfaitement avec celui de force et de stabilité. 

Chez les Slaves, le chêne était associé au Dieu de la foudre Perun, et chez les Baltes au Dieu Perkunas. C’est l’arbre le plus souvent cité. Il semblerait qu’il ne fut pas seulement associé à l’aspect guerrier, mais aussi à celui d’arbre cosmique.

Chez les Romains, le chêne était célèbre car il était consacré au Dieu suprême mais aussi Dieu de la foudre, le Dieu Jupiter. À Rome se dressait un chêne, celui du Jupiter capitolin.

Chez les Grecs, c’est au Dieu Zeus qu’il fut assimilé. On allait consulter le chêne du Dieu Zeus à Dodone car son feuillage permettait de connaître les intentions du Père des Dieux. C’est d’ailleurs ce chêne là qu’Ulysse vint consulter au cours de ses nombreuses aventures. La fameuse toison d’or, gardée par un dragon, était accrochée à un chêne. La massue d’Héraklès était faite en bois de chêne. Chez les Grecs comme pour bien d’autres peuples païens d’Europe, le chêne était considéré comme un véritable temple en soi.

Chez les Germains, le chêne était associé au Dieu Donar (Thor). Le chêne de Donar (die Donareiche) était particulièrement vénéré par le peuple germanique des Chatti. Ce culte était très enraciné dans la culture religieuse des Chatti, à tel point que Druidesle missionnaire chrétien Bonifatius décida de faire abattre cet arbre sacré parce qu’il n’arrivait pas à convertir ces irréductibles Germains fidèles aux Dieux de leurs pères. Par ailleurs, il était coutume de croire que dans les trous du tronc d’un chêne se trouvaient les chemins des elfes, et que les racines de celui-ci menaient vers le royaume elfique. En France, le roi Saint-Louis tenait ses séances de justice sous un chêne, lointain souvenir de cet aspect de l’arbre lié à la Divinité suprême. En Allemagne si on souffrait de fièvre, il fallait tourner autour d’un chêne en récitant “Bonsoir celui qui est bon et vieux, j’apporte ici le chaud et le froid”. En Angleterre aussi le chêne était efficace contre la fièvre, mais pour cela il fallait qu’il soit planté à une croisée de chemins. Les glands quant à eux étaient censés proteger contre la foudre. 

Chez les Celtes, il semblerait que le chêne était voué au Dieu Taranis. Mais cet arbre sacré était surtout connu pour être associé aux druides qui en avaient fait un symbole de sagesse et de connaissance. Le gland du chêne était relié à la symbolique de l’oeuf, symbole très important dans la culture celte car il est la vie en gestation, un signe d’abondance qui ne demande qu’à éclore. Le chêne était l’un des arbres sacrés du bosquet des druides. Il était vénéré comme un temple vivant. Dans sa Guerre des Gaules, Jules César explique que pour les Gaulois le chêne est d’origine immortelle et immémoriale. Le gui qui pousse sur les chênes est une chose très rare, c’est pourquoi il avait pour les druides une valeur sans égale car ils le considéraient comme le “bois de la science sacrée”. 

Il faudrait passer en revue chaque culture locale de notre beau et vieux continent européen afin de pouvoir se rendre compte à quel point le chêne avait une valeur sacrée et divine enracinée au plus profond de notre mémoire collective.

Pour les feuilles de chêne sur les insignes militaires, voir le lien suivant => http://paganismeoccidental.forumactif.org/t32-symboles-paiens-de-l-armee-francaise#204

Hathuwolf Harson

Voir l’article sur La Vie Devant Soi ICI :

http://devantsoi.forumgratuit.org/t475-arbres-veneres-par-les-druides

À propos de francesca7

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Une réponse à “Le Chêne et les Druides”

  1. Nicole Ramond Dit :

    Merci pour cet excellent article, bien construit et bien documenté. Et puis j’apprécie la sobriété de votre style. En résumé, le fond me convient tout autant que la forme.

    Répondre

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