Une matière qui a fait ses preuves : L’ARGILE

9 novembre 2017

BIODIVERSITE

 

L’argile est restée en permanence « collée » à l’homme, suivant son évolution, toujours omniprésente.

Avec le soleil, l’air et l’eau dont elle capte les principes vitaux, elle constitue le plus puissant agent de régénération physique. 

Comment cette puissance a-t-elle pu rester si longtemps ignorée ? 

Il semble, toutefois, qu’elle ne l’ait pas toujours été et que bien d’autres avant nous lui ont fait confiance. Si les Égyptiens l’utilisaient pour la momification des corps, c’est qu’ils connaissaient ses principes purificateurs, et il est à peu près certain que l’usage n’en était pas réservé aux seuls défunts. 

argile

« Au sol minéral, les anciens médecins d’Égypte empruntaient l’alun, la chrysocolle, l’orpiment, la pierre memphite, l’argile de Nubie… » (Histoire Culturelle de la Maladie, Ed. Privat). Pour le traitement des fractures, les Grecs de l’Antiquité utilisaient des bandes plâtrées ou durcies par un enduit de boue d’argile.  En Égypte, du temps des Pharaons, la pharmacopée comprenait l’argile de Nubie. 

Dès le début de l’ère chrétienne, il est encore fait mention de l’usage d’une terre de Lemnos. Les médecins anciens ne dédaignaient pas d’y avoir recours et certains, tel le Grec Dioscoride, lui attribuaient « une force extraordinaire ». Le « Prince des Médecins », l’arabe Avicenne, de même que le célèbre anatomiste grec Galien en auraient fait mention en termes élogieux. Bien avant, le naturaliste romain Pline l’Ancien lui consacrait un chapitre de son « Histoire Naturelle ». 

Mais tout ceci est bien loin et l’on pourrait supposer que les Anciens employaient l’argile à défaut d’une médication plus active. Cependant l’argile connaît de nouveau une vogue révélatrice du désintéressement des malades pour la pharmacie chimique. Ce sont les grands naturopathes allemands, Kneipp, Kuhn, Just, Felke, etc., qui ont le plus contribué à cette renaissance de l’emploi de l’argile dans le cadre des traitements naturels, dont le mahatma Gandhi fut toujours un fidèle adepte. 

Le Curé Kneipp conseillait beaucoup un mélange d’argile et de vinaigre naturel pour les emplâtres et cataplasmes. Dans certaines de nos campagnes, cette méthode avait survécu, mais appliquée surtout aux animaux. Quand l’un d’eux était gravement malade, on l’enduisait d’une pâte faite d’argile et de vinaigre. Pendant la première guerre mondiale, les soldats russes en recevaient 200 g de l’autorité militaire (d’après Wacker) et on en adjoignait à la moutarde dans certains régiments français qui furent exempts de dysenterie, laquelle faisait des ravages dans les régiments voisins. L’armée l’employait, au temps de la cavalerie, pour l’usage vétérinaire. Quand les chevaux étaient atteints de la gangrène de la corne, on les mettait dans une écurie dont le sol de terre était labouré et maintenu humide afin de former de la boue dans laquelle pataugeaient les chevaux. Les animaux, d’instinct, se dirigent vers la boue d’argile pour y trouver le remède à leurs maux ; de nombreux observateurs l’ont confirmé. Le Dr Em. Grommier a conté l’histoire de l’éléphant « Fil » qui, comme ses congénères, se purgeait avec des marnes silico-magnésiennes et s’enduisait de boue. 

C’est souvent aux animaux que l’on doit la découverte de terres radioactives dont ils usent largement en cas de nécessité. Il existe peut- être encore une importante station balnéaire dans la forêt sibérienne de l’Oussouri, dont la découverte des propriétés curatives de sa terre fut le fait d’observations des animaux blessés, sangliers, chevreuils, cerfs, etc., qui venaient se plonger dans la boue bienfaisante. Tous ceux qui aiment la nature et observent ce qui s’y passe ont été ou seront un jour ou l’autre, témoins de tels actes. 

Aux Antilles, on connaissait autrefois une argile comestible, et cela se rencontrait dans d’autres endroits du globe, où les enfants et les femmes en attente de maternité consommaient volontiers de cette terre. 

Au Ghana et en général dans toute l’Afrique Occidentale, on connaît diverses sortes d’argiles (Ewole, Hyerw, Hyire, Ayelo, Wo) recueillies sur les rives des cours d’eau, ou trouvées dans les sols profonds adjacents aux collines. Onctueuse lorsqu’elle est mouillée, cette argile se présente, quand elle est sèche, soit en masse, soit sous forme de poudre couleur blanc-grisâtre, sans goût ni odeur. 

On lui reconnaît une valeur médicale, et elle est souvent utilisée dans la pratique des thérapeutiques indigènes. « Certaines argiles de Sumatra servent de remèdes contre les diarrhées graves, alors que d’autres, à Java, tiennent lieu de purgatifs. La terre des termitières est un remède infaillible pour toutes les infections intestinales au Philippines, mais au Soudan on la croit plus efficace contre la syphilis. Les femmes enceintes un peu partout se mettent à la terre pour satisfaire des envies ou parce qu’elles sont persuadées que cela soulagera leurs nausées, aidera à l’accouchement et donnera des forces à l’enfant. » (Lyall Wattson — le singe omnivore). 

Soin argilePour des soins d’hygiène et de beauté, en Afrique Nord on emploie une argile locale, le Ghassoul.

Son pouvoir absorbant est extraordinaire, et cinq grammes de bonne argile parviendraient à décolorer complètement 10 cm3 d’une solution d’eau à 0,1 % de bleu de méthylène. On peut en avoir confirmation en l’utilisation en action désodorisante, soit sur une partie du corps, soit en mélangeant des substances malodorantes avec de l’argile. L’odeur disparaît, absorbée par la terre. 

Quand, dans une maison, il y a un malade alité, il suffit de placer de l’argile au fond du vase pour que les évacuations soient désodorisées. Des oeufs crus, enveloppés de terre, perdent trois fois plus de poids que s’ils restent exposés à l’air, sans que la coquille soit le moins du monde endommagée. L’argile absorbe admirablement les impuretés et autres substances pouvant être toxiques ou communiquant une saveur désagréable à un aliment. C’est ainsi que l’argile est utilisée largement pour éliminer le goût des huiles médicinales, et qu’on s’en sert pour traiter la margarine et lui donner ainsi la saveur du beurre. 

En plus de ce pouvoir absorbant, des possibilités de fixer une quelconque substance, en liberté dans un liquide, font de l’argile une matière dont le pouvoir « adsorbant », est précieux en médecine, comme dans l’industrie pétrolière ou huilière. Ce pouvoir adsorbant permet la captation, en vue d’évacuation, des éléments non utilisables de l’alimentation, ainsi que des produits de désassimilation ou de desquamation, en suspension dans les liquides stagnant ou progressant dans les viscères. 

Ce qu’on appelle « argile » est une terre grasse lorsqu’elle est humide et sur laquelle rien ne pousse. C’est la terre glaise des modeleurs et potiers. Elle peut être verte, rouge, jaune grise, blanche, etc. ; chacune a ses propriétés, et il faut chercher celle qui convient le mieux à l’affection traitée ou au tempérament du malade. 

Elle se trouve parfois dans le sous-sol des jardins, à un mètre environ de profondeur. Mais elle est généralement extraite de carrières d’où elle est dirigée vers les industries utilisatrices : tuileries, poteries, briqueteries, fabriques de céramiques, etc. Il est facile de s’en procurer, soit chez les herboristes ou autres commerçants en diététique, soit aux carrières, soit chez les utilisateurs mentionnés plus haut. En se la procurant chez un marchand de terre à modeler, il faut veiller à ce qu’elle soit vierge, c’est-à-dire telle qu’elle a été extraite de la carrière, sans avoir subi de traitement (mélange ou cuisson). 

Il y a des liens d’affinité entre l’argile et tout ce qui vit, plante, animal ou homme. La même argile peut déterminer un résultat spectaculaire chez l’un, et sembler inopérante chez l’autre. En réalité, elle agit toujours, mais plus ou moins rapidement selon le degré d’affinité. Quand une argile semble inactive, c’est une argile qui n’agit pas assez et non l’argile en général. Il faut en faire venir d’une autre région jusqu’à ce que soit déterminée la provenance ou la couleur favorable. 

élémentsEn utilisant les éléments de la nature, nous devons toujours chercher et trouver la sympathie. Ce n’est pas à une substance inerte que nous faisons appel, mais à la vie. C’est un peu de nous. Plus l’argile a été exposée au soleil, à l’air, à l’eau de pluie, plus elle est active, c’est une leçon de l’expérimentation. C’est aussi ce qui permet de prêter à l’argile la propriété d’absorber et d’emmagasiner une notable partie de l’énergie des autres éléments, soleil surtout. Il est probable que ses particules infiniment petites constituent autant de condensateurs capables de libérer l’énergie retenue, à l’appel d’un pôle contraire. Toutefois, il y a lieu de préciser que, même directement extraite du sol, et utilisée sans exposition intermédiaire prolongée à la lumière, l’argile possède déjà la plus grande partie de ses étonnantes propriétés. Celles-ci sont irremplaçables pour l’entretien de la vie des cavernicoles. Des hôtes des cavernes, notamment certaines crevettes (Niphargus), ne peuvent se reproduire et se développer que dans l’argile. Ces animaux dépérissent et meurent s’ils sont privés d’argile, alors qu’ils peuvent résister longtemps à la privation de nourriture . 

Source : http://lhomme.et.largile.free.fr/publications/RAYMOND_DEXTREIT.pdf

Vous pouvez partager ce texte à condition d’en respecter l’intégralité et de citer les sources et le site : http://quetedesoi.unblog.fr/

 

À propos de francesca7

Administratrice du forum LA VIE DEVANT SOI sur http://devantsoi.forumgratuit.org/

Voir tous les articles de francesca7

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire

Et si hier, aujourd'hu... |
Cacophony |
Eazyhome |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Uneviebleue
| Clairementpassimple
| Luniversdadanaels