Relation entre l’homme et la nature

2 novembre 2017

BIODIVERSITE, N - comme NATURE

 

Changer son rapport à la Nature et au monde, voilà ce qui anime tant de discours aujourd’hui, que ce soit de la part des élu(e)s politiques, des responsables industriels, de certain(e)s citoyen(ne)s particulièrement engagés dans la défense écologique. Entre le dire et le faire, nous trouvons là la limite de la cohérence et de la réelle volonté, de chaque engagement, car il s’agit bien ici de faire un effort, qu’il soit dans un acte motivé et juste ou dans une pensée claire, et lucide. 

[ …] L’être humain, dans sa relation à la Nature, présente une forte ambivalence entre actions de destruction sur le milieu et à l’opposé des comportements qui traduisent une grande motivation pour communier ou communiquer avec elle. 

nature (2)

Entre ces deux comportements se décline une gamme d’actions comme la préservation des milieux et les pratiques dites « écologiques », entre autres. Nous allons nous intéresser aux positions extrêmes parce qu’elles sont particulièrement porteuses de sens. Ces extrêmes offrent des indications pour situer des comportements révélateurs d’un engagement, d’une motivation, d’actions efficaces et donc lever le voile sur ce qui se joue en arrière plan des représentations des enquêté(e)s.

Interroger l’Homme dans son rapport à la Nature permet de comprendre certes des contradictions qui témoignent de la complexité de l’Homme, mais aussi d’ouvrir des pistes de réflexions sur sa relation au vivant, à l’autre, et tout simplement à lui-même. D’un côté l’Homme qui se perçoit comme possesseur de la Nature et être supérieur, et de l’autre, l’Homme qui se sent dans la Nature comme une espèce particulière mais en étroite relation avec son milieu, voire en osmose avec lui. 

« Le refus de la part animale dans l’homme

amène à rejeter ce qui dans la nature extérieure,

la rappelle, ou la signifie symboliquement ».

Terrasson (1993, 142)

[ …] Nous connaissons le lien sacré que certaines sociétés partagent avec le monde vivant, qu’il soit animal, végétal, minéral. Ce lien témoigne d’un profond respect pour la vie, d’une autre représentation de la place et du rôle de l’Homme dans la Nature et l’Univers, et non pas seulement de cette façon qu’ils auraient de se protéger des esprits et de l’au-delà par des rituels appropriés. Ce que montre ici Terrasson, c’est qu’au travers de cette relation à la Nature, les peuples traditionnels savaient prélever « raisonnablement », sans outrance : « Ce n’est pas un hasard si les Amérindiens bon gestionnaires de nature portaient des noms d’animaux. Ils étaient aussi l’aigle ou le tonnerre. Chez les anciens Inuit on traitait les  animaux comme des parents. Il fallait leur expliquer pourquoi on les tuait (…) Frontière ouverte, passage aisé et bénéfique dans certains peuples qui collaborent avec la Nature » (1993, 75). Cette relation à la Nature, offre au moins, si l’on raisonne à l’occidentale, l’intérêt d’une gestion maîtrisée des ressources, une forme de savoir écologique et logique que nous ne savons plus appliquer. 

Pour Séjournant, psychothérapeute, apprentie chamane : « Les Indiens savaient et savent encore reconnaître la nature du don animal. C’est un pacte, conclu entre l’esprit de l’animal et l’esprit de l’homme. Celui-ci s’engage de son côté à ne sacrifier que le nombre de bêtes nécessaires aux besoins de nourriture de la tribu. 

Pas un de plus. Aucune recherche de profit ou d’exploitation non vivrière ne peut entrer en ligne de compte, sous peine de rompre le pacte vital entre l’homme et l’animal, tous deux libres et consentants » (2001, 316). Dans les sociétés modernes, l’attitude face au vivant soulève de nombreux paradoxes, entre irrespect total et parfois violence gratuite à l’égard du « bétail », et comportements excessifs dans la sensiblerie et les projections faites sur les animaux de compagnie. La conception de l’Homme faisant partie d’un Tout ne semble pas évidente dans notre société ……. 

« Les peuples anciens ne sont pas dans une relation de pouvoir, le

pouvoir des labos, de l’argent, de la reconnaissance surtout. Ils sont

eux. Ni plus ni moins. Ils sont justes en eux-mêmes. Ils sont bouffés

par contre par l’excès de transformation du modernisme, par la

mentalisation de la consommation. Ils n’ont pas peur parce qu’ils ont

compris l’essentiel : être en harmonie avec la Nature, avec elle et non contre

elle. Ils sont en accord avec eux-mêmes, plus que nous ». 

[ …] La relation de l’homme ou de la femme à la Nature, liée aux mémoires, aux expériences blotties dans l’enfance, aux chemins personnels parcourus, se construirait aussi en fonction d’un rapport de proximité à l’autre. Plus la distance est importante, et plus il est possible de tolérer parfois l’intolérable. Cette distance est un espace, un espace géographique, physique, mesurable, mais il est aussi celui que l’individu construit, qu’il définit par sa perception, sa sensibilité, à l’extérieur duquel il se sent moins touché, et à l’intérieur duquel toute situation entre au contraire dans le champ de l’expérience intime, personnelle. A la fois concret et abstrait, cet espace permet de connaître et de reconnaître par les sens et participe aussi des représentations. 

Des femmes et des hommes vivent une relation que l’on qualifiera de « particulière » avec la Nature. Pour eux, l’être humain est une espèce animale à part entière, les animaux pensent et communiquent avec l’homme, etc. Cette représentation induit des comportements différents et peut-être surtout des « états d’être » différents. 

La culture donne la base et

les affects, c’est comment on l’a vécu pendant l’enfance, en bien ou en

mal d’ailleurs. On voit la Nature dans une culture mais avec des

affects qui vont hypertrophier les aspects, en diminuer d’autres, etc.

Ceux, qui comme moi, ont vécu à la campagne dans une maison avec

terre battue ne vont pas avoir la représentation aussi idéalisée de la

Nature que la personne et d’un tas de gens qui viennent nous voir à

l’association « Ah, la Nature, … les chamanes… ». Les gens courent

après des représentations qui sont tout un mélange de… le paradis perdu…

citation M. N.JP., ethnobotaniste

foret[…] Parler de la Nature revient aussi à parler de la nature humaine. Il n’y a pas ici qu’une simple correspondance de mot. La Nature n’a peut-être jamais soulevé autant d’intérêts qu’à notre époque, dans une société moderne où l’absence de Nature dans le quotidien crée un besoin tout particulier, exprimé ou non. Et puis tout départ vers la Nature devient alors, par contraste avec l’environnement souvent urbain du quotidien et les modes de vie, une sorte d’aventure, marginale, mais qui crée aussi l’envie chez tous ceux qui, contraints par différentes pressions sociales, ne peuvent vivre comme ils l’auraient souhaité : plus proches de la Nature. Entre amour et peur, entre parc citadin et désert saharien, la Nature se décline en autant de représentations qu’il peut y avoir de parcours de vie, de conditions de vie, et surtout d’expériences de vie. Si pour Hardy « Ce qu’une autre culture peut nous apporter de plus précieux est la compréhension de sa cohérence organique : sa vision du monde et son vécu psychologique et social » (1996, 7), nous pensons qu’à un niveau individuel, celui de l’homme ou de la femme, au travers de notre en-quête, pouvoir accueillir quelque chose de tout aussi précieux et riche de compréhensions. 

Merci à la Nature. Merci à ces Etres de la Mer qui sont venus à notre rencontre, nous apporter une connaissance et une transformation encore difficile à saisir totalement. Et merci à tous ces chemins croisés dont nous ne soupçonnons même pas l’importance. Merci tout simplement à la Vie qui semble si bien faire les choses… 

LIRE LES TRAVAUX D’ARCHVES : https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00458244v1/document

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