Rondes des fleurs en tableaux de maîtres

26 octobre 2017

B - comme BOUQUET FLORAL

 

CHRYSANTEMELe chrysanthème, « fleur d’or » en grec ancien, est de la famille des Astéracées et s’épanouit en automne. A cette saison, et plus particulièrement lors de la « fête des chrysanthèmes », il est de tradition en Chine de boire du vin de chrysanthème. Le « noble insigne du chrysanthème » est d’autre part visible sur le sceau impérial du Japon. Symbole d’éternité en Asie, le chrysanthème est aujourd’hui en France et en Belgique la fleur des cimetières par excellence, et ce depuis l’Armistice de 1918. 

C’est au 19e siècle que l’Europe connaît le chrysanthème : Claude Monet le cultive à Giverny, en achète une estampe par Hokusai, le peint sous forme de bouquets figuratifs ou de massifs tendant à l’abstraction. Le peintre entretient une correspondance sur les questions de jardinage avec son ami Gustave Caillebotte, qui se passionne également pour l’horticulture dans ses propriétés du Petit Gennevilliers et de Yerres. Tous deux sont en quelque sorte des jardiniers-peintres ou des peintres-jardiniers. 

PIERRESon introduction sur le sol français date du XVIème siècle. En 1789, le navigateur marseillais Pierre Blancard trouve des descriptions de la fleur en Hollande (où elle a été importée de Chine au XVIIème siècle). Elle a été importée en France et son succès fut phénoménal puisque qu’on dénombre à présent plus de centaines variétés de cette fleur dû aux nombreuses hybridations qui ont été réalisées suite à sa découverte.

Pourquoi cette fleur au passé si riche est-elle donc maintenant destiné à rester sur nos tombes ; Sans doute parce que cette fleur fleurit en automne et qu’elle est plus résistante que les autres au gel et au froid. Ce qui est certain, c’est que cette fleur n’a pas dévoilé tous ses secrets et mérite toute notre attention.

Le chrysanthème jaune est un symbole de longévité et d’immortalité en Orient et en Extrême-Orient mais l’association du chrysanthème avec la mort n’est pas universelle. En Europe, on la trouve, outre en France, en Italie, Espagne, Pologne, Hongrie et Croatie. En Asie de l’Est, les chrysanthèmes blancs sont associés avec le chagrin et la mort. Aux États-Unis, la fleur est considérée comme positive (sauf à La Nouvelle-Orléans). En Australie, les chrysanthèmes sont offerts aux mamans pour la fête des mères.

Le dahlia partage avec la pomme de terre la particularité d’être un tubercule comestible. C’est d’ailleurs à ce titre qu’il a été importé en Europe au XVIIIe siècle depuis l’Amérique du Sud. Trop amer pour le gastronome, le dahlia a rapidement eu plus de succès comme plante ornementale. Le dahlia est d’ailleurs un caméléon visuel, puisque certaines de ses dizaines de milliers de variétés peuvent même ressembler… à des orchidées ou à des pivoines. Le dahlia adopte toutes les couleurs (sauf le bleu) et toutes les tailles (le dahlia imperialis mesure plusieurs mètres de haut). Claude Monet avait, selon son ami le pépiniériste Georges Truffaut, réussi à produire plusieurs variétés de l’ « Etoile de Digoin », aujourd’hui disparue…

Le dahlia impérial est une plante herbacée vivace à grosses tubercules comestibles.

Elle a une croissance rapide depuis la base après une période de dormance hivernale. Son développement est fragile en raison de ses longues tiges creuses et de ses grandes feuilles opposées imparipennées à 7 folioles sensibles au vent, raison pour laquelle la plante est souvent tuteurée.

Les fleurs (capitules latéraux de couleur lavande ou violacé-rose) apparaissent en automne et mesurent de 75 à 150 mm de diamètre. La poussée de croissance automnale d’environ 30 fleurs est liée à la réduction des heures de lumière du jour et donne habituellement des fleurs de septembre jusqu’aux premiers gels.

La digitale pourpre (digitalis purpurea), qui résiste à des températures polaires et arbore des couleurs dignes d’un sénateur romain, suscite un coup de coeur chez les botanistes et un coup au coeur chez les imprudents assez insensés pour l’ingérer. La digitale pourpre est en effet une plante très toxique dont les principes actifs peuvent, selon la dose et l’usage, tuer ou soigner. En entendant ses surnoms de « Gant-de-Notre-Dame » ou de « Gant-de-bergère » qui se douterait que la digitale pourpre est une beauté fatale ? C’est donc de loin qu’il conviendra d’admirer les digitales pourpres Excelsior et Sutton’s Apricot autour du bassin aux nymphéas, là-bas, du côté de Giverny… 

Digitale provient du latin digitus c’est-à-dire « doigt », et se réfère à la facilité avec laquelle on peut introduire un doigt dans la corolle de la fleur. Pour la même raison, les Anglais nomment la plante foxglove, « gant de renard » et les Allemands fingerhut, « chapeau de doigt ».

DIGITAL

La Digitale pourpre possède de nombreux noms en rapport ou non avec les doigts (d’une main ou d’un gant) ou la ressemblance avec un dé à coudre : digitale pourpre, digitale commune, grande digitale, gants de Notre-Dame, gantelée, gantière, queue de loup, pavée, dé de Notre-Dame, gandio, péterolle ou claquet (les enfants faisant péter ou claquer les fleurs), gobe-mouche, etc. Jadis, la Digitale pourpre, était considérée comme une plante magique associée à la magie blanche. En vieux pays celte, les femmes badigeonnaient les interstices du dallage de leurs chaumières avec une préparation à base de gants-de-Notre-Dame. Les forces souterraines néfastes ne pouvaient alors plus faire irruption.

En 1775, William Withering découvre fortuitement les propriétés tonicardiaques et diurétiques de cette plante qu’il étudie. Il publie en 1785 la description de ses essais cliniques et l’indication sur la toxicité de la digitaline dans An Account of the Foxglove and some of its Medical Uses. La digitale est cependant rapidement retirée de la pharmacopée en raison de l’instabilité et de l’imprécision des préparations, jusqu’à l’isolement en 1868 du principe actif par Claude-Adolphe Nativelle. Le pharmacien et chimiste français est parvenu à isoler la digitaline sous forme cristallisée par purification d’un extrait alcoolique de feuilles de digitale dans le chloroforme.

Comme les lys, la tulipe est de la famille des liliacées, qui regroupe généralement des plantes à bulbe. S’il y eut une orchidophilie, voire un début d’orchidomanie au XIXe siècle, jamais cette dernière n’atteignit les sommets de la tulipomanie du XVIIe siècle. Au XIXe siècle, Charles Mackay, dans Memoirs of extraordinary popular delusions and the madness of crowds, a popularisé cette histoire d’une bulle spéculative autour de la tulipe. Ses écrits sont aujourd’hui relativisés. Il n’en reste pas moins que la tulipe, par ses mosaïques de couleur, a pu exercer une grande fascination, due pourtant à une réalité bien prosaïque : c’est un phytovirus (virus s’attaquant aux végétaux) qui est responsable de l’explosion de couleurs typique de la tulipe. Pour l’amateur de tulipes, il reste un rêve inaccessible, la tulipe noire qui n’existe que dans le roman d’Alexandre Dumas et Auguste Maquet, et un rêve accessible, l’immense parterre de tulipes du clos normand et autour de l’étang du jardin d’eau, à Giverny.

Pendant des siècles la tulipe est  restée un joyau secret de Perse. Puis, des jardins de Constantinople, la fleur des sultans séduisit  toutes les cours d’Europe dont celle du Roi Soleil avant de devenir le symbole de la Hollande !

La tulipe était à l’origine une fleur sauvage poussant spontanément au pied de la chaîne de l’Himalaya. La contrée étant sous la domination du vaste empire ottoman conquis par le turc Sulman le Magnifique, les précieuses fleurs arrivèrent à Constantinople comme tributs des provinces soumises. Ceci explique pourquoi, la tulipe est considérée à tort comme une fleur originaire de Turquie.

Pendant longtemps, cette fleur resta l’apanage des riches jardins de Constantinople. La fleur était alors l’emblème des sultans de plus hautes lignées. Le commerce de cette fleur était jalousement interdit. Mais au 16e siècle, alors que Constantinople devenait un carrefour incontournable du commerce, de nombreux visiteurs étrangers découvrent cette fleur si secrète. Très vite, le renom de la tulipe dépasse les frontières de la capitale ottomane pour parvenir à l’oreille des princes Tulipesd’Europe. 

Louis XIV l’adopte ainsi en tant que fleur officielle de la Cour. La mode de la tulipe fait alors l’objet de la création d’une multitude de nouvelles variétés toutes plus belles et rares les unes que les autres. Au 17e siècle, les bourgeois hollandais dépensent des sommes folles pour acheter les précieux bulbes ce qui ne manque pas d’attiser la convoitise de quelques commerçants avides de gros profits.

Un vent de folie souffle alors sur le commerce de la tulipe. Les bulbes deviennent en quelques années une marchandise se négociant à prix d’or. Mais subitement la frénésie s’effondre. Des fortunes colossales se trouvant englouties à jamais, la spéculation s’arrêta d’elle-même. Le retour à la normale permit alors à la fleur de se démocratiser. De nombreux croisements réalisés par des spécialistes permis à la tulipe d’exploser dans les jardins à la sortie de l’hiver mais aussi au printemps et l’été.

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