Des spécificités difficiles à cadrer : la biodiversité

7 octobre 2017

BIODIVERSITE

 

Alors que beaucoup s’accordent à penser que le terme biodiversité reste un concept flou où chacun pioche ce dont il a envie, au moins a-t-il le mérite de rassembler les hommes autour d’une même cause : celle de la perte de la diversité, de toutes les diversités. Du monde vivant certes, mais humaines et linguistiques, sans aucun doute. La richesse des peuples humains et de leurs langues reflètent étroitement les spécificités diverses de la nature… Et des trois parties, toutes sont en proie à une disparition qui semble s’accélérer.

 bio diversité

«LES» DIVERSITÉS

Depuis la Convention de la diversité biologique de la conférence de Rio, le concept de biodiversité exprime à lui seul la crise de la société face à son environnement. Scientifiques, politiques, sociologues, économistes, tous ont désormais leur mot à dire sur un terme qui agace par son emploi systématique.

Et pour cause, si la biodiversité représente, pour son concepteur Edward O. Wilson, la diversité de toutes les formes du vivant, elle englobe trois échelles biologiques différentes où l’être humain voit un intérêt : les écosystèmes, les espèces et les gènes. La diversité génétique correspond à la diversité des gènes au sein des individus d’une même espèce, la diversité spécifique rend compte de celle des espèces et enfin la diversité écologique de celle des différents écosystèmes – milieux – d’un paysage.

Chacune de ces échelles est dépendante des deux autres et chacune est en perpétuelle évolution. Fruit d’une histoire longue d’environ 4 milliards d’années, la biodiversité représente aujourd’hui autant la vie passée, la vie présente que la vie future. Elle n’est qu’un vaste réseau de relation entre molécules, organismes complexes, virus et bactéries, biomes, etc., jusqu’à la biosphère dans son ensemble. Si les spécificités de la biodiversité sont si difficiles à définir, c’est aussi parce que l’homme y est inclus.

territoire

Être biologique, fruit d’une évolution au sein d’une longue lignée, sa survie dépend des autres êtres vivants – et en particulier des organismes photosynthétiques capables de transformer le gaz carbonique en oxygène, qui lui permet de respirer sur terre. Il dépend aussi aujourd’hui pour beaucoup des formes de vie passées – extraction des roches sédimentaires, charbons de bois, pétrole – sur lesquelles il a bâti ses sociétés. En intégrant l’homme dans le concept, on augmente logiquement le nombre d’interactions unissant les écosystèmes et les populations humaines. Mais aussi le nombre de points de vue possibles sur la question. La clé est peut-être dans l’acceptation de la définition scientifique du terme, principale responsable de sa vaste appropriation. 

En pratique : Le continent européen est composé d’une très grande diversité d’habitats qui reflètent la diversité d’altitude (0 – > 4 000 m), de latitude, de géologie et d’utilisation des sols. La carte de la végétation naturelle potentielle propose environ 700 unités. La classification de l’Agence européenne pour l’environnement, EUNIS, en propose 323 dans les 3 premiers niveaux de sa hiérarchie.

 habitats

Les habitats à l’échelle européenne Depuis quelques années, le terme habitat est employé dans la plupart des langues européennes. Son usage en dehors de l’anglais doit beaucoup à la Directive européenne 92/43/CEE, dite « Directive Habitats ».

Dans les domaines de la conservation de la nature et la biodiversité, son usage le plus courant se réfère à un cortège d’espèces animales et végétales en association avec leur milieu. Il est ainsi très proche du concept « biotope », dont il est souvent considéré comme synonyme. Avec la mise en place progressive de programmes et de réglementations environnementales des années 1990, la Commission européenne a ressenti la nécessité de disposer d’un système de classification des habitats terrestres, marins et côtiers de l’Union européenne. C’est ainsi que dans le cadre du programme CORINE (Coordination de l’Information en Environnement) a été développé la classification hiérarchique CORINE-Biotopes couvrant l’ensemble des habitats des douze pays de l’Union européenne de l’époque.

Par extension, le Conseil de l’Europe a développé la classification des habitats du paléarctique afin de couvrir l’ensemble du continent. Bien que très utiles, ces classifications souffraient de quelques incohérences et surtout de manque de clarté quant aux critères utilisés pour définir les habitats.

Avec la mise en place de l’Agence européenne pour l’environnement en 1994, et suite à un important travail d’expertise, une nouvelle classification a été développée sur la base des deux classifications précitées. Il s’agit de la classification EUNIS, support du système d’information du même nom – European Nature Information System. EUNIS redéfinit les trois premiers niveaux de la hiérarchie des habitats terrestres et les quatre premiers niveaux des habitats marins, chaque critère de définition des habitats étant clairement explicité. Les niveaux inférieurs de la hiérarchie correspondent aux classifications CORINE-Biotopes et du paléarctique. Contrairement à une idée souvent répandue, la liste des habitats d’intérêt communautaire – plus connus sous le nom d’habitats de l’Annexe I de la Directive Habitats – ne correspond pas à une classification.

 Il s’agit d’une sélection d’habitats considérés par des experts comme devant faire l’objet d’une attention particulière à l’échelle européenne. Avec l’entrée progressive de nouveaux états-membres en 1995, 2004 et 2007, la liste a été complétée et amendée. La plupart des habitats est défi nie selon la classification du paléarctique. DOUG EVANS

 biodiversité

Pour en savoir plus

• COMMISSION EUROPÉENNE. 2007. Interpretation manual of European Union habitats – EUR 27. DG ENVIRONMENT – Nature and Biodiversity. http://ec.europa.eu/environment/nature/legislation/habitatsdirective/docs/2007_07_im.pdf

• DEVILLERS, P., DEVILLERS-TERSCHUREN, J., LEDANT, J.-P. 1991. CORINE biotopes manual. Vol. 2. Habitats of the European Community. Offi ce for Offi cial Publications of the European Communities, Luxembourg.

• DEVILLERS, P., DEVILLERS-TERSCHUREN, J. 1996. A classification of Palaearctic habitats. Council of Europe, Strasbourg : Nature and environment, No 78.

• EVANS, D. 2006. The habitats of the European Union Habitats Directive. Biology and the Environment. Proceedings of the Royal Irish Academy, 106B (3) : 167-173 www.ria.ie/cgi-bin/ria/papers/100619.pdf

http://eunis.eea.europa.eu/habitats.jsp

Article écrit PAR LISA GARNIER pour le magazine entre l’homme et la Nature.

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À propos de francesca7

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