DES PAYSAGES EN MOUVEMENT

29 septembre 2017

BIODIVERSITE

 

Les sociétés humaines ont toujours modifié leur habitat soit pour le rendre plus facile à vivre, soit pour y produire plus, soit pour le rendre plus conforme à leur vision du monde. Avec pour conséquence des dynamiques paysagères, qui ont engendré de profondes modifications de la biodiversité et ce, à n’importe quelle échelle. Très localement, la création d’infrastructures peut supprimer des espèces endémiques ou à faibles effectifs.

 fleurRécemment, la construction d’une maison de retraite près de Montpellier a bien failli faire disparaître la seule petite station française de la plante Sternbergia lutea (liliacée). En revanche, les infrastructures humaines peuvent aussi devenir l’habitat d’espèces menacées. Ainsi, lorsqu’un inventaire de la biodiversité a été réalisé dans la réserve de biosphère du Mont Ventoux en France, c’est dans des mares destinées à l’exploitation de l’ocre, qu’une population du crapaud à couteaux, le pélobate cultripède, a été découverte. Cette espèce est pourtant normalement limitée aux régions sèches de la péninsule ibérique et à certaines portions du littoral français. Très discrète, elle est en forte régression et inscrite comme vulnérable au livre rouge des espèces menacées. Aujourd’hui, sa protection passe par la préservation de micro-habitats d’origine anthropique… Les actions évolutives de l’homme sur les paysages et sur la biodiversité fonctionnent en réalité à la manière de vases communicants. En témoigne cet autre exemple sur le Causse Méjan en France. 

À la fin du XVIIIe siècle, le déboisement du Causse a été presque complet ; les populations locales s’étant tournées vers la céréaliculture et l’élevage. La chouette chevêche qui niche dans des troncs creux aurait dû logiquement disparaître de la région. Pourtant, l’oiseau a su tirer profit des clapas, ces tas de cailloux fruits de l’épierrage régulier des champs. La chouette a en effet trouvé le moyen d’y nicher. Deux siècles plus tard, l’homme a inventé les broyeurs de cailloux et changé sa politique agricole résultant en l’expansion des boisements spontanés de pins. Comment vont réagir les populations de chouettes ?

CAUSSE

Le broyage des cailloux diminue l’habitat « secondaire » du rapace et le reboisement recrée son habitat classique. Relier les activités humaines à la conservation de la biodiversité ne nécessite pas seulement de comprendre les liens directs entre l’homme et les autres espèces, cela nécessite aussi d’agir sur des liens plus indirects, globaux, comme les flux de matières et d’énergie qui agissent bien au delà des limites du lieu où ils prennent naissance. 

 Ainsi, la mangrove de la réserve de biosphère de Guadeloupe, qui borde le Grand Cul de Sac Marin, et les nombreuses espèces qu’elle abrite – nurseries de crustacés et de poissons – est extrêmement sensible à la qualité de l’eau des rivières qui s’y jettent. L’excès d’intrants agricoles dans les systèmes de production du bassin versant est la source de pollutions par les nitrates ou les pesticides, auxquels s’ajoutent des résidus industriels.

MANGROVE

C’est donc à ce niveau là que la gestion doit intervenir. Les changements globaux, notamment climatiques, seront à l’origine de bouleversements de la biodiversité. Des efforts engagés au niveau local, chacun pouvant apporter sa pierre – son grain de sable ? – pour les limiter, agissent indirectement certes, sur l’érosion de la biodiversité.

Ainsi, alors qu’au cours de ces dix dernières années, le trafic automobile dans la réserve de biosphère du Wiernerwald située aux portes de la capitale autrichienne, a dramatiquement augmenté, un programme de maîtrise de la circulation automobile s’est mis en place depuis 2004. Exemplaires, les collectivités locales se sont engagées dans un programme de sensibilisation vis-à-vis de la population sur les émissions de gaz carbonique, principal gaz à effet de serre. Elles promeuvent aussi les déplacements propres, entendant montrer qu’il est possible de réduire le trafic automobile, en s’appuyant sur des mesures souples, négociées et sans interdictions ni coûts élevés, là où les mesures techniques sont généralement privilégiées.

Conclusion : dès lors que l’homme comprend la force et la multiplicité de ses liens avec la nature et les reconnaît, il peut agir et apprendre à mieux la gérer. Et c’est là tout l’enjeu du MAB (Programme sur l’Homme et la biosphère). 

Extrait de : La démarche MAB : la voie de l’optimisme PAR CATHERINE CIBIEN ET MICHEL ÉTIENNE

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