Les consommateurs de Légumes

 

VégétarismeLe mot « végétarisme » apparaît au XIXe siècle, cette pratique ayant été appelée « abstinence » dans un premier temps, puis « xérophagie » ou « diète végétale », en Occident du moins ; les végétariens étaient appelés jusque-là « pythagoréens », en référence au philosophe Pythagore ou « légumistes » selon le lexicographe Claude Augé. C’est en effet à Pythagore que revient l’honneur d’avoir fixé le régime végétarien auquel on a donné aussi le nom de « régime de Pythagore ». Le végétarisme des pythagoriciens est alors une contestation politique, philosophique et sociale remettant en cause la séparation, fondée par le mythe de Prométhée et perpétrée par le sacrifice, entre une nourriture réservée aux dieux et une nourriture humaine (les Grecs mangent à cette époque peu de viande, la part des citadins les mieux pourvus étant de 1 à 2 kg de viande par an). Pythagore prône un retour au végétarisme (d’après le livre XV des métamorphoses d’Ovide), condamnant le banquet sacrificiel, rituel violent au cours duquel un animal domestique est tué, il exprime la nostalgie d’une époque sans meurtre ni sang versé. Mais cette doctrine de non-violence échoue en Europe et le végétarisme reste limité aux sectes philosophiques ou religieuses, contrairement au sous-continent indien où le végétarime et la doctrine de l’ahimsâ se répandent chez différentes populations depuis la préhistoire. De plus, en Europe, se développe une réaction antivégétarienne avec un philosophe comme Aristote et dans son sillage les stoïciens qui établissent une hiérarchie entre les vivants, subordonnant les bêtes à l’homme qui a le droit d’user des animaux et de leurs chairs.

Dans la mythologie grecque, les Lotophages sont des végétariens qui se nourrissaient exclusivement des fruits du lotus.

Consomation de légumes

Le déclin de la culture antique au Moyen Âge signe également le glas du végétarisme dans l’Occident chrétien. Il reste pratiqué par des mouvements hétérodoxes au mode de vie ascétique, tels que les cathares ou les moines, ces derniers voyant le jeûne et le végétarisme comme des formes de pénitence. À la Renaissance, alors que la nourriture carnée est considérée comme le privilège des classes supérieures, le végétarisme réapparaît comme un concept philosophique fondé sur des considérations éthiques, avec des personnalités comme Léonard de Vinci, Thomas More ou Érasme. Au XVIIe siècle se développe un végétarisme scientifique avec des philosophes comme Isaac Newton, Pierre Gassendi et Francis Bacon qui affirment que le régime végétarien est celui qui convient le mieux aux hommes, et un végétarisme religieux évangélique avec des auteurs comme Thomas Tryon , un des premiers théoriciens du végétarisme. Le chercheur Arouna Ouédraogo montre que le discours végétarien qui se diffuse à partir du XVIIIe siècle affiche depuis lors des thèmes (croisade pour la santé, refus de la cruauté à l’encontre des animaux) qui « sont partie intégrante des catégories d’auto-justification du végétarisme auxquelles les prosélytes ont recours pour propager leur régime ».

Le régime végétarien a été prôné, promu et défendu, en tant que norme pour tous les hommes, suivant la logique première qui motive cette pratique (être non-violent envers les vies) par de nombreux courants philosophiques, notamment indiens (hindous, sikhs, jaïns et bouddhistes, dans le cadre de l’ahimsâ) et grecs (essentiellement l’orphisme, le pythagorisme, et les disciples d’Empédocle) ainsi que par plusieurs personnalités et mouvements juifs (esséniens par exemple), chrétiens et musulman (au sein du soufisme).

Tout au long de son histoire, la dimension éthique et non-violente du végétarisme a été soutenue et pratiquée par de très nombreuses personnalités : Pythagore, Platon, Théophraste, Apollonios de Tyane, Plutarque, le philosophe sicilien Empédocle, le philosophe phénicien Porphyre de Tyr, les poètes latins Ovide, Virgile, Horace, et le philosophe latin Plotin. En Inde, ils incluent les philosophes Mahavira (et tous les Tirthankaras), Patanjali (et tous les Yogis), Adi Shankara, Madhva, Chaitanya Mahaprabhu, Swaminarayan, A.C. Bhaktivedanta Swami Prabhupada, Jiddu Krishnamurti, Gautama Bouddha, l’empereur indien Ashoka, le mathématicien Indien Srinivasa Ramanujan, le poète et philosophe indien Guru Nanak, le philosophe hindou Jambeshwar Bhagavan, le poète indien Rabindranath Tagore, le poète tamoul Tiruvalluvar, Mahatma Gandhi (avec une tendance nette au végétalisme), le poète saint Kabîr et la danseuse et femme politique indienne Rukmini Devi Arundale.

Adolf Hitler était semi-végétarien. Le chef de gang et tueur en série Charles Manson, Pol Pot et Volkert Van der Graaf étaient végétariens (à noter qu’aucun de ces « végétariens » n’a promu ou défendu cette pratique dans la société où il vivait : Hitler – qui ne renonça jamais à ses plats de viande préférés – donna l’ordre d’exterminer tous les animaux domestiques des Juifs et Pol Pot, celui d’exterminer par le travail forcé les moines bouddhistes cambodgiens, qui pratiquaient, entre autres, le végétarisme bouddhique).

légumes

En Iran, ce sont les prophètes iraniens Zarathoustra, Mani et l’écrivain Sadeq Hedayat. Aux États-Unis, le physicien Albert Einstein, Martin Luther King, le philosophe Amos Bronson Alcott, le médecin John Harvey Kellogg et l’écrivain américain d’origine polonaise Isaac Bashevis Singer. Au Royaume-Uni, le poète anglais Percy Shelley, le poète britannique Lord Byron, l’écrivain irlandais George Bernard Shaw, et la féministe britannique Anna Kingsford. En France, le philosophe Voltaire, le poète et homme politique Alphonse de Lamartine, l’écrivain Jacques-Henri Bernardin de Saint-Pierre, le géographe et anarchiste Elisée Reclus, le philosophe et médecin alsacien Albert Schweitzer, l’écrivaine d’origine belge Marguerite Yourcenar, l’actrice Brigitte Bardot, le journaliste Aymeric Caron. L’architecte catalan Antoni Gaudí était également végétarien.

Et partout dans le monde, la mystique irakienne musulmane Rabia al Adawiyya, l’empereur chinois Wudi, l’empereur japonais Tenmu, le roi indien Kumârapâla, l’artiste italien Léonard de Vinci, l’artiste flamand Pierre Paul Rubens, la femme politique birmane Aung San Suu Kyi, le poète arabe Abu-l-Ala al-Maari (végétalien), l’écrivain russe Léon Tolstoï, le philosophe anglais David Hartley, l’écrivain tchèque Franz Kafka, l’écrivain israélien Shmuel Yosef Agnon, l’écrivain belge Maurice Maeterlinck.

Actuellement, des personnalités telles que Paul McCartney s’associent à Olivia Harrison, Yoko Ono, Sheryl Crow, Jeff Beck, Bryan Adams, Moby et fondent Meat Free Monday, « Lundi sans viande », afin de sensibiliser l’opinion sur le retentissement de la consommation de viande sur l’écosystème : « manger moins de viande pour un monde meilleur », ainsi que Lutan Fyah et Matthieu Ricard demandant de se nourrir de façon altruiste, végétarienne. Alors que la consommation de viande a quintuplé depuis 1950 dans le monde, le végétarisme connaît un nouvel essor dans les pays industrialisés, pour des raisons d’ordre éthique et écologique.

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