Aventure avec le Pélargonium

Historiquement utilisé contre la tuberculose en Europe au début du XXe siècle, le Pélargonium sidoides est originaire d’Afrique du Sud. Remède de phytothérapie traditionnel appelé aussi umckaloabo (« toux sévère », en dialecte zoulou) cette plante renferme dans sa racine des substances capables de soulager les virus et infections de la sphère ORL (rhumes, bronchites, grippes, sinusites) et de stimuler l’immunité.

La découverte des Pelargonium par les naturalistes européens est très liée à l’histoire des grandes découvertes qui virent les Européens, à partir du xve siècle, se lancer dans l’exploration intensive de notre planète. La colonie du Cap (située en Afrique du Sud) sur la route des épices, fut établie en 1691 par les Néerlandais puis passa sous pavillon britannique en 1806.

Pelargonium

La première culture connue est celle d’un jardinier parisien, nommé René Morin, dont le catalogue de plantes comportait des Geranium Indicum odoratum flore maculato depuis 1621. Le qualificatif Indicum venait du fait que les spécimens avaient été ramenés sur des navires en provenance d’Inde (et faisant escale au Cap). Morin était spécialisé dans la culture des bulbes, en particulier des tulipes qu’il faisait venir de Hollande. Il est donc probable qu’il avait obtenu aussi son Geranium Indicum de ce pays.

On apprend aussi par l’intermédiaire de l’apothicaire et botaniste britannique, Thomas Johnson que le Geranium Indicum fut importé de France en Angleterre par le jardinier John Tradescant (comme indiqué dans l’édition révisée de The Herball or General Historie of Plants). Ce dernier, grand collectionneur de plantes rares, l’avait fait venir de chez le « fleuriste » (pépiniériste) René Morin qui le cultivait depuis un certain temps dans son jardin du faubourg Saint-Germain. Johnson aurait vu ce Geranium Indicum fleurir pour la première fois en Angleterre en juillet 1632 chez Tradescant. Il indiquait en outre qu’il dégageait un parfum suave et musqué la nuit.

En 1635, le médecin botaniste français Jacques Philippe Cornut, lui aussi client des pépinières Morin, décrivit précisément en latin et illustra la plante sous le nom de Geranium Triste  dans son ouvrage de 1635, Canadensium plantarum 


Pelargonium BDrôle de destin que celui du Pelargonium sidoides, une belle plante aux feuilles duveteuses blanches et aux fleurs pourpres de la famille des géraniacées, mais à ne pas confondre avec le géranium. Originaire d’Afrique du Sud, elle a connu en Europe au début du XXe siècle son heure de gloire pour soigner la tuberculose. 

L’histoire commence avec un certain Charles Henry Stevens, un Anglais de Birmingham. Alors âgé de 17 ans, atteint de tuberculose, son médecin l’envoie en 1897 en voyage en Afrique du Sud : en l’absence de traitement curatif, le jeune pourra à tout le moins bénéficier d’un air plus sec. Le jeune homme y fait la rencontre d’un guérisseur zoulou, qui le soigne avec une décoction à base de Pelargonium sidoides. La racine ligneuse de la plante, endémique de la région du Cap, est en effet utilisée traditionnellement pour soigner la dysenterie, la dysménorrhée (douleurs de règles), les problèmes de foie et surtout, les affections respiratoires comme la bronchite. En trois mois à peine, voilà que le jeune Stevens recouvre la santé. Impressionné, il repart pour l’Angleterre, afin de partager sa « merveilleuse guérison » avec le plus grand nombre.

Entre temps, il baptise la plante umckaloabo, croisement de deux termes zoulous, umkhulane, signifiant fièvre et toux, et ulhabo, signifiant douleur de poitrine. Au cours des dix années suivantes, l’Anglais multiplie les allers et retours avec l’Afrique du Sud, important la précieuse racine et commercialisant divers remèdes. 

Son entreprise remporte un succès certain, soutenu par la publicité et le bouche-à-oreille, mais  se heurte à la puissante British Medical Association (BMA), laquelle l’accuse de charlatanisme… Pourtant, la « cure Stevens » multiplie les cas de guérison. À partir des années 1950, clap de fin de la belle histoire de l’umckaloabo : l’arrivée des antibiotiques fait passer le remède aux oubliettes…  

Propriétés du Pelargonium sidoides : rhume, grippe, bronchite, sinusite  

Il faudra attendre les années 1970 pour que le pélargonium soit de nouveau mis en lumière, cette fois-ci au pays de Goethe. À l’Université de Munich, la pharmacienne Sabine Bladt, missionnée par le laboratoire d’homéopathie et de naturopathie allemand Iso-Arzneimittel, identifie botaniquement la plante – proche d’un autre pélargonium médicinal, le pélargonium réniforme – et met en lumière sa composition biochimique et ses modes d’action antimicrobien, antiviral et immunostimulant. Riches en coumarines et en tanins, les racines d’umckaloabo sont ainsi capables d’inhiber les bactéries et virus fréquemment impliqués dans les affections respiratoires. En empêchant leur fixation sur les muqueuses bronchiques, elles interrompent le cycle de l’infection et sont donc particulièrement utiles pour les bronchites et sinusites aiguës. La présence d’acides galliques est en outre capable d’induire la formation de médiateurs de l’immunité, et stimuler les globules blancs macrophages.  

Dans les décennies suivantes, de nombreuses recherches in vitro et in vivo mettent en évidence l’action thérapeutique du Pelargonium sidoides. Ainsi, en 2003, une étude réalisée sur 468 patients atteints de bronchite montre une réduction des symptômes et une diminution significative de la durée de la pathologie. D’autres études mettent en lumière son action sur les symptômes courants du rhume, comme le nez bouché, la fièvre, la toux, le mal de gorge et le mal de tête, et même sur les crises d’asthme, en réduisant leur fréquence. Et la plante pourrait encore réserver quelques surprises… On lui a trouvé des propriétés contre le virus de l’herpès en 2008, tandis qu’en 2014, une équipe allemande démontrait en laboratoire l’efficacité de la racine africaine sur des cellules sanguines en culture, contre l’infection par le virus VIH1, empêchant leur réplication au sein de l’organisme. 

Un succès fulgurant en Allemagne, imminent en France 

Pelargonium ADes recherches initiées en Allemagne naitra l’EPs 7630, un extrait alcoolique des racines de Pelargonium sidoides, lequel devient au cours des décennies suivantes le remède numéro 1 en automédication contre le rhume dans le pays, vendu notamment sous la marque « Umckaloabo ». Par un jeu de brevets, la firme pharmaceutique allemande Dr. Willmar Schwabe, détient pendant plusieurs années un monopole de l’utilisation médicale du pélargonium du Cap, le diffusant dans plusieurs pays… Y compris, c’est un comble, en Afrique du Sud elle-même ! 

Cette situation ubuesque prend fin en 2010, suite à une action menée par la communauté de la ville d’Alice, en Afrique du Sud, soutenue par une ONG suisse. Accusant le laboratoire d’« appropriation du vivant » et d’avoir « pillé leur savoir ancestral », ils obtiennent l’annulation des brevets et la « libération » du pélargonium.  

En 2012, la plante gagne de nouveaux galons : après que l’Agence européenne des Médicaments a reconnu son usage et son utilité médicinale, le pélargonium du Cap fait son arrivée en France. Fabriqué par le laboratoire pharmaceutique Therabel, Belivair Rhume, disponible depuis peu en pharmacie, se présente sous forme de comprimés de 20 mg d’extrait sec de racine. Chez Arkopharma, sont référencés en pharmacie des gélules d’extrait de racine du pélargonium ainsi que le sirop Activox P Phytobiotic, en vente depuis quelques mois. Les laboratoires Ineldea commercialisent quant à eux le tout nouveau sirop Gorge larynx Olioseptil à base de pélargonium.  

À noter que, très bien toléré, les remèdes à base de pélargonium présentent l’avantage de pouvoir être utilisés non seulement chez les adultes, mais aussi les enfants de plus de six ans afin de soulager leurs multiples épisodes infections de la sphère ORL, et ce, sans effets secondaires.  

Pelargonium CSi les fleurs transmettent nos sentiments bien mieux que des mots, c’est parce qu’elles accompagnent la vie des hommes depuis l’Antiquité. Selon l’occasion, chacune a son mot à dire, influencée par son histoire, sa saisonnalité. En effet, n’oublions pas que dans le langage des fleurs, Pélargonium ou pas, bien souvent, seules certaines couleurs ont un sens et font que le langage des fleurs s’applique.

Pélargonium blanc / rose / mouchetés en langage des fleurs : INTENTIONS

Pélargonium blanc : « Pureté d’intention »

Pélargonium rose : « Vivacité d’intension »

Pélargonium mouchetés : « Désir heureux »

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À propos de francesca7

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