Un fabuleux diamant bleu

6 avril 2017

P - comme PIERRES

 

 

De nombreuses autres gemmes empoisonnèrent la vie de leurs possesseurs. En particulier le fameux diamant bleu, le “Hope”, une pierre fabuleuse d’un bleu si intense et émouvant qu’il bouleversait tous ceux qui avaient le privilège de le contempler. Le Hope était d’une beauté si étrange que tout être humain en tombait éperdument amoureux. Son histoire fut jalonnée de péripéties qui lui valurent sa réputation de pierre maudite, mais nombre de récits qui circulent à son sujet sont de pures légendes. 

diamant bleu

Profanation

Son histoire débute au XVIIe siècle dans un temple de Birmanie, dont l’ornement était une fabuleuse pierre bleue de 112,5 carats d’une pureté jamais vue. Un voleur arracha la pierre de la statue de la déesse Sita, épouse de Rama, septième incarnation de Vishnu. La vengeance du dieu fut à la hauteur de l’offense: il maudit jusqu’à la fin des temps tous ceux qui entreraient en possession de la pierre sacrée ! 

Le voleur fut retrouvé agonisant, bras et jambes arrachés, dans un bassin infesté de crocodiles où l’avaient jeté des bandits qui l’avaient délesté du joyau. En l’an 1642, Jean-Baptiste Tavernier, un négociant français, de passage en Birmanie, acheta la pierre bleue sur le marché aux voleurs de Rangoon et l’emporta secrètement dans ses bagages avec des diamants moins importants, des rubis et plusieurs autres Magie et Pouvoir des pierres 

Il le présenta dans différentes cours d’Europe, essayant de le vendre. Mais il en voulait si cher, que ni roi ni prince ne put se résoudre à acheter la précieuse gemme. Pourtant, en France, il trouva un royal acquéreur en la personne de Louis XIV. Mis dans la confidence de ses antécédents, le monarque acquit la pierre à un prix raisonnable et anoblit le négociant. Le monarque fit retailler le joyau par Pitau en un diamant de 67 carats, – ce qui, selon une tradition bien établie chez les diamantaires, devait rompre tout mauvais sort. Ce fut sa nouvelle favorite, la marquise de Montespan, qui reçut cette merveille en cadeau.. 

Rumeurs et scandales

La petite histoire affirme que, peu d’années plus tard, sentant le roi lui échapper, la marquise de Montespan qui fréquentait les cercles canailles et sulfureux de l’abbé de Guibourg, s’adonna à la magie noire. Pour assurer son emprise sur Louis XIV réputé volage, elle demanda à l’abbé de lui célébrer des messes noires. Une rumeur veut qu’au cours d’une de ces cérémonies sataniques, la marquise ayant gardé pour toute parure le fameux diamant autour de son cou, assista nue, sans broncher, au sacrifice d’un enfant. Ses ennemis  prétendirent que ce fut par ce pacte diabolique qu’elle conserva la faveur du roi durant plus de douze années, mais que la pierre fut également la cause de sa perte. Supplantée dans le coeur du roi par Mme de Maintenon, la marquise fut contrainte de vendre secrètement le bijou afin d’acheter le silence de ses complices, lors de la fameuse affaire des poisons. 

marie antoinetteet le diamant bleu

Marie-Antoinette

On prétendit aussi que la pierre vendue par la marquise se retrouva à Venise où elle fut subtilisée par un diamantaire d’Anvers. Sur son lit de mort, bourrelé de remords, il l’offrit à l’abbé qui le confessa. Celui-ci en fit don à Marie-Thérèse d’Autriche protectrice de son couvent qui le donna à sa fille Marie-Antoinette, peu avant son mariage avec Louis XVI. 

Quant à Tavernier, ruiné, il se rendit dit-on en Russie pour tenter de se refaire. Pris en chasse par des loups, son traîneau se renversa et, selon des témoins, les bêtes affamées l’auraient mis en pièces et dévoré vivant aux environs de Smolensk. (1689) (une version contestée). 

Toison d’Or

Une troisième version affirme que la pierre réintégra discrètement le trésor royal en 1679, et y reposa au secret jusqu’à ce que Louis XV l’en exhumât pour l’incorporer au collier de l’ordre de la Toison d’Or. Il portait cette illustre décoration lors de son “coup de majesté”, au cours duquel il supprima le parlement et exila 130 hauts magistrats. Ce coup de force ne lui porta pas chance. Le monarque mourut de la petite vérole dans d’atroces souffrances, fin tragique  que les initiés attribuèrent à la malédiction du diamant bleu. Louis XVI hérita de la parure dont il fit extraire la pierre pour l’offrir à Marie-Antoinette. Tous deux furent guillotinés. 

Après la Révolution

Le “diamant bleu” disparut en même temps que le “Régent” et le “Sancy” en 1792 et on n’entendit plus parler de lui. Il se serait ensuite retrouvé entre les mains d’un marchand grec qui le céda à un riche pacha turc en échange de la favorite de son harem ! 

Elle reparut à Londres, vers 1830, où elle fut secrètement retaillée en deux parties par le diamantaire hollandais William Fals afin d’égarer les soupçons sur sa véritable identité. Mais la malédiction ne l’épargna pas car Fals mourut de chagrin lorsque son fils Hendrik lui eut  dérobé le joyau. Pris de remords, Hendrik se suicida. La plus petite des deux pierres fut connue sous le nom de “Brunswick” (13.75 cts du même bleu profond), nom de son propriétaire le duc de Brunswick, grand collectionneur de bijoux. La seconde partie de la gemme, d’un poids réduit à 44,5 carats prit le nom de “Hope”, du nom du banquier de la City, Henry Philip Hope qui l’acheta, pour l’offrir à son fils. Le jeune homme n’en profita guère car il fit banqueroute peu après et ne s’en releva pas.. 

Une malédiction implacable

La malédiction se poursuivit, car Sir Alexander Gladstone ayant acquis le joyau lors d’une vente judiciaire mourut dans un accident de train et sa fille qui en hérita, se suicida. 

La légende tragique de cette pierre affirme que tous ses possesseurs successifs furent frappés par le mauvais sort qui lui semblait attaché, entraînant suicide, faillite, maladie grave ou mort accidentelle. En 1901, le Hope fut mis aux enchères à Londres, adjugé pour 400.000$ à un négociant pour le compte du Sultan turc Abdul Hamid, qui détrôné en 1909, n’en retira que 80.000$ lors d’une vente à l’hôtel Drouot de Paris. L’acquéreur le céda au joailler Cartier. (Une autre version, affirme que ce fut un prince russe qui l’acheta pour l’offrir à sa maîtresse, danseuse aux Folies Bergères, et qu’ils moururent tous deux de mort violente). 

Le diamant est revendu en 1911 pour 180.000$ à John Roll MacLean propriétaire du Washington Post qui l’offrit à son épouse Evelyn Walsh que les pierres précieuses attiraient irrésistiblement. John Roll MacLean acheva sa vie dans un asile d’aliénés. Leur fille mourut en 1946 d’une overdose de tranquillisants tandis que leur fils décéda dans un accident de voiture. 

A sa mort, en 1947, la collection d’Evlyn Walsh MacLean fut dispersée. Harry Winston, le joaillier des stars acquit le diamant, l’exposa dans sa succursales de Milan, puis au Smithsonian Institute de Washington à qui il l’offrit en 1956 et où il est toujours exposé (2006) sans avoir attiré jusqu’à ce jour de catastrophes sur cette vénérable institution !

 

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