Deux fêtes celtiques

 

 

La première, c’est la fête très connue de la cueillette du gui, qui a lieu vers la fin de Décembre ou le début de Janvier. 

Le gui sacré est celui qui pousse sur les chênes rouvres, car il est rare. Il était cueilli avec une serpe d’or, et ramassé dans un drap afin qu’il ne touche pas le sol, et ce gui était considéré comme une panacée, un médicament miracle. La deuxième est la fête moins connue d’Akinane ou l’Eguinane, qui vient du mot celtique ACINos signifiant germe ou bourgeon. Elle est l’occasion des vœux de bonne année, du baiser sous le gui (symbolique druidique) et d’une quête pour les pauvres. Cette fête est une survivance dans la tradition populaire bretonne et existe toujours à l’heure actuelle. 

Ces deux fêtes sont assez proches du Solstice d’hiver, mais leur symbolique n’en est pas forcément proche pour autant. Néanmoins, les connaissances astronomiques des druides et l’héritage pré-Celte me font assurément penser que les druides célébraient le Solstice d’hiver. 

wican

Voyage de Yule

«Un opaque manteau de brouillard recouvrait la sombre lande. La forêt se détachait en hautes formes impressionnantes sur la blancheur de la neige. Malgré la dureté de cette terre Européenne on sentait la vie préparer son nid dans l’écrin d’argile brune aux reflets d’ocre foncé (…) Deux femmes chaudement habillées de fourrures traversaient ces pâles étendues nimbées d’aurore bleutée. 

La première, d’un âge avancé, marchait légèrement voûtée ; elle avait attelé à son dos la ramure d’un jeune cerf. Un grand bâton sculpté et orné de plumes, de petits osselets et de sabots cliquetants, accompagnait dans un son rythmé la marche de l’ancienne. Sa longue chevelure blanche et son visage marqué des cycles accomplis, la couronnaient de dignité. La seconde était plus jeune. Elle était charpentée à la manière des filles de son pays, haute et large, le visage noble et franc. Sa blonde crinière tressée descendait en cascade sur ses épaules. La tête haute malgré le froid, on sentait qu’elle peinait à marcher, en effet la Mère portait en son sein la vie, un fils, lui avait assuré la vieille dame dont le temps lui avait appris à avoir confiance en ses visions. Elles franchirent la vaste étendue nacrée, en cette nuit du solstice la Lune était ronde elle aussi. La jeune femme chantait en son cœur les chants anciens transmis de mères en filles, afin de garder courage jusqu’au terme de la marche.

La vaste  plaine baignée dans la lueur nacrée de la Lune paraissait se perdre au-delà du monde sous la voute infinie. Puis à nouveau elles s’enfoncèrent dans les bois sacrés et croisèrent quelques maisonnées transmettant les traditions de notre peuple aux enfants. 

Au cours de cette marche, l’ancienne dialoguait avec les morts. La jeune femme ne s’en étonnait pas. En effet, pourquoi craindre les morts ? Ils étaient les pères du clan, ils l’avaient fait naître, croître et défendue. Les liens qui unissaient les générations remontaient à la nuit des temps et devaient se perpétuer dans les générations futures. Les morts nous avaient transmis comme un legs sacré leur patrimoine et nous devions le respecter et le transmettre à nos enfants à notre tour. 

Elles arrivèrent à la lisière de la forêt et s’arrêtèrent un moment pour écouter l’appel des cornes qui résonnaient dans tous les environs, l’appel du solstice qui s’élevait dans l’aube naissante. Elles s’avancèrent sur un vaste plateau où se dressait un monument fait de pierres levées et de bois. A l’arrivée des deux femmes, la foule présente s’inclinant avec respect leur laissa le passage, les bâtons frappaient le sol et les chants sourds résonnaient dans l’enceinte de pierre pour encourager la Mère à faire les derniers pas vers le lit de l’enfantement. Les femmes s’avancèrent vers les deux pierres centrales, où deux hommes, un vieillard et son élève attendaient leur venue. La Mère s’allongeât sur les peaux, au moment même où les eaux primordiales s’écoulèrent en tumultes venant abreuver la Terre séculaire d’une vie nouvelle. Au moment où l’aube écarlate de sang vit naitre l’enfant Roi, les torches de l’est, du sud, de l’ouest et du nord vinrent enflammer le bûcher solsticial.

Le cri de l’enfant Roi s’éleva au-dessus de la clameur de la foule en liesse. Une nouvelle fois la corne résonna et la corne d’hydromel, préparée par les anciens et symbole de la communion de chacun dans la communauté du peuple, tourna dans l’assistance. Afin de participer au feu de la communauté, chaque participant déposa son flambeau dans le bûcher flamboyant dans un mouvement tournant vers la droite, sens de la course d’un soleil régénéré, renouvelé par le l’unité du clan. L’ancien s’approcha alors du bûcher et face aux flammes, leva les deux bras en un salut aux morts, c’était le salut aux vivants et c’était aussi le salut envers ceux à naître. 

Il fut aussitôt imité par l’assemblée. Alors que le brasier se consumait, les plus jeunes membres de la communauté s’était réunis autour des anciens. Ceux-ci parlaient de l’ordre éternel qui régit le vivant, la course des astres, le cycle de la Terre et toutes les choses de la vie. Et le symbole de cet ordre, c’est  la course du soleil : en hiver, il s’enfonce dans les entrailles de la terre, la Terre Mère qui lui redonne à nouveau la vie et remonte toujours plus haut dans le ciel jusqu’au jour du solstice. Une mort et une renaissance éternelle. La jeune mère voguait entre deux mondes, les femmes les plus savantes s’affairaient autour d’elle et de l’enfant sacré. 

Elle se remémorait les paroles de sa mère, alors qu’elle n’était encore qu’une enfant : «La mort n’est pas la fin de la vie, c’est le début d’un nouvel état d’existence. La Mère garde en gestation et transforme toute vie afin qu’elle renaisse éternellement. Elle est la gardienne des Cycles sans âge, gardienne de l’équilibre entre les forces des Mondes». Le coeur de la fête résonnait joyeux dans l’aube nouvelle, les jeunes s’étaient retrouvés autour du bûcher pour célébrer la vie en mouvement dans la gaieté et la joie propre à leur vigueur.

C’est le moment que choisit l’ancienne pour se rapprocher de la jeune femme, qui commençait à reprendre des couleurs. Elle s’assit à ses côtés et le silence partageât leurs sentiments sans qu’elles n’aient eu besoin de l’exprimer autrement que par le regard. La jeune femme sentit à quel point l’ancienne était fière d’elle. Oui, l’ancienne était heureuse. Heureuse grâce à la présence de cette jeunesse, sève montante de tout un clan, qui célébrait la lumière et la vie dans un renouvellent perpétuel lors de la fête du solstice. Unies dans une même communion, les deux femmes étendirent leur regard au-delà du bûcher qui se consumait. Elles fixaient la masse sombre des grands chênes, arbre symbole de l’âme celte dont les racines reposent dans le passé, dont le tronc représente la vie intense et dont les branches se dressent vers le ciel, vers l’avenir… »

Magazine

À propos de francesca7

Administratrice du forum LA VIE DEVANT SOI sur http://devantsoi.forumgratuit.org/

Voir tous les articles de francesca7

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire

Et si hier, aujourd'hu... |
Cacophony |
Eazyhome |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Uneviebleue
| Clairementpassimple
| Luniversdadanaels