Les essences d’arbres en Bourgogne

 

LE CHENE EST LE PREMIER FLEURON DE LA FORET BOURGUIGNONNE

chêneLe chêne est le premier fleuron de la forêt bourguignonne. Il couvre plus de 400 000 ha de la forêt privée bourguignonne où il est l’essence prépondérante. La qualité du bois est très différente d’une région à l’autre, et d’une espèce à l’autre.

Le chêne sessile et le chêne pédonculé peuvent, sur bon sol, donner du bois de qualité tranchage, ébénisterie et merrain. L’aubier est parfois important sur sol à roche mère cristalline (Morvan).

Il peut dans certaines régions, voire sur des forêts bien précises, comporter une importante proportion de bois gélifs ou brogneux, sans qu’on sache quelle part revient au climat, à la qualité génétique et à la sylviculture.

D’une façon générale, le marché recherche des bois de droit fil, à accroissements moyens ou fins, réguliers, plutôt clairs et avec peu d’aubier ; ces bois représentent rarement plus de 10% des volumes sur pied d’un peuplement à chêne dominant. La tonnellerie s’étant fortement développée grâce aux exportations, les chênes à merrains sont très demandés.

Le chêne sessile est préféré au pédonculé ; bien que les chênes de futaie soient en général les plus appréciés, les acheteurs ne dédaignent pas les troncs plus courts des chênes des taillis-sous-futaie de la forêt privée s’ils sont de droit fil, sans nœud et à accroissements moyens et réguliers.

Le chêne rouge n’a pas les mêmes emplois que les chênes autochtones. Il est très apprécié pour la menuiserie en grandes dimensions car il « travaille » très peu. Sa croissance est généralement bonne et sa forme meilleure que nos chênes de pays. Le chêne pubescent pousse très lentement, sur les sols très pauvres de son habitat naturel, et il ne donne jamais de bois de bonne qualité.

LE HETRE EST TRES PRESENT EN BOURGOGNE SUR DE NOMBREUX TYPES DE STATIONS, SUR SOL BIEN ALIMENTE EN EAU, EN PEUPLEMENT PUR OU MELANGE

HETRELe hêtre est une ressource constante et croissante, la forme et la qualité étant prometteuses pour les jeunes arbres du fait de leur éducation en futaie ou avec un accompagnement de taillis.

Il est présent aussi bien sur sols cristallins que calcaires, du moment que le sol a suffisamment de réserve utile en eau. Il doit pousser vite pour que le bois soit de bonne qualité ; il est donc nécessaire de pratiquer des éclaircies suffisantes pour que le houppier puisse se développer largement.

Les usages du hêtre bourguignon sont variés : ébénisterie, contre-plaqués (en déroulage et tranchage), menuiserie , huisserie, manchisterie, panneaux de particules, chauffage…

LE DOUGLAS EST L’ESSENCE REINE DU MORVAN ET DU BEAUJOLAIS

Il est bien adapté aux sols cristallins acides bourguignons, même pauvres, du moment qu’ils ne sont ni trop secs ni trop humides. Il est la nouvelle richesse de la forêt bourguignonne. Avec une production moyenne de 15 m3/ha/an, c’est l’arbre qui fixe le plus de CO2 atmosphérique ; le volume de bois récolté est d’environ 400 000 m3/an et devrait atteindre plus d’un million de m3/an vers 2025. Les plantations nouvelles ont beaucoup diminué entre 1980 et 2000. Les volumes unitaires des grumes recherchées par le marché du sciage sont de 1,5 à 2,5 m3.

Pour mieux valoriser cette ressource, des efforts sont encore nécessaires :

- l’élagage, pour améliorer la qualité de la grume,
– la conversion d’une partie des futaies régulières en futaie irrégulière,
– l’amélioration du réseau de desserte et de places de dépôt,

Il est utile d’inciter les sylviculteurs à étaler la période de récolte, quand c’est possible, afin d’éviter les à-coups dans la mise en marché ; on étale de ce fait les âges de régénération ; on peut anticiper les premières coupes dès un volume moyen d’1,2 m3/arbre ; et étaler les coupes suivantes en différant les dernières coupes (de préférence sur les parcelles élaguées à temps pour que les gros bois coupés tardivement soient de la meilleure qualité).

 PEUPLIERS

LE PEUPLIER EST TRES BIEN ADAPTE AUX BONS SOLS DES VALLEES ; IL PRODUIT DU BOIS DE QUALITE

Cultivé de façon raisonnée, il a des atouts écologiques et paysagers intéressants.

Les peupleraies ne couvrent qu’environ 10 000 ha, moins de 1% de la surface forestière, mais arrivent en troisième place pour la récolte de grumes feuillues, avec près de 150 000 m3/an commercialisés (en diminution).

Les peupleraies sont quasiment exclusivement en vallée (Saône, Yonne et leurs affluents) car la plupart des cultivars ont besoin d’un sol profond avec une nappe phréatique accessible aux racines. La production a toujours été cyclique en Bourgogne, avec des alternances de périodes de récolte et de plantations, d’abandon et d’engouement, du fait des prix du marché d’une part, et de la libération de terres agricoles propices d’autre part. On sort d’une période de récolte intense (fin du XXème siècle), suivie d’une période de plantations assez intense, notamment en Côte-d’Or.

Les peupliers anciens sont surtout des Robusta, Serotina (Tardifs de Champagne) et des Virginiana Regenerata. Depuis 1960, les plantations se sont réalisées en I214, puis en euraméricains et interaméricains. Le parcellaire est morcelé (1ha en moyenne ; 90% des peupleraies de l’Yonne ont moins de 1ha).

Les grumes de peuplier ont 2 utilisations principales en Bourgogne :

  • 1° le déroulage, pour fabriquer des contre-plaqués et des emballages légers,
  • 2° le sciage, pour la caisserie et les palettes principalement, pour l’ameublement (literie).

La populiculture raisonnée est un atout puissant mais mal valorisé de l’aménagement des vallées bourguignonnes, notamment pour la régulation des eaux de surface et la purification des nappes phréatiques chargées en nitrates.

UNE FORCE DE LA FORET DE BOURGOGNE EST LA GRANDE VARIETE D’ESSENCES CULTIVEES

Le frêne est présent presque partout, y compris parfois dans les stations qui ne lui conviennent pas, et où il n’est pas souhaitable de le retenir comme essence objectif ;

On constate localement une régénération abondante de certaines essences, par exemple :

L’érable sycomore, qui a une aire d’extension potentielle très vaste, et qui paradoxalement n’est qu’assez peu présent en Bourgogne : par endroits, il peut présenter une abondante régénération et se disséminer alentours,

Les fruitiers (merisier, cerisiers, alisiers torminal et blanc, poirier, pommier), qui peuvent se trouver en abondance en régénération et dans le sous-étage, notamment sur les sols calcaires superficiels et les enfrichements de transition avec l’état boisé. Il est fréquent d’en observer une certaine abondance en régénération sous les peuplements de pins sylvestre et noir de plus de soixante ans,

Le chêne rouge d’Amérique dont la régénération est presque toujours localement très abondante peut, comme pour le hêtre (bien que se disséminant moins loin), supplanter les essences en place, notamment les chênes indigènes,

Le tilleul qui peut par endroits développer une régénération concurrentielle du chêne

Les essences pionnières
qui se développent sur des friches, après des coupes rases ou de fortes éclaircies : bouleau, tremble, noisetier, charme…;

On constate aussi une régression naturelle de certaines essences comme l’orme champêtre, que la graphiose a fait disparaître de nos forêts comme de nos haies. Soulignons néanmoins que la régénération de l’orme reste abondante presque partout, ce qui laisse espérer que cette superbe essence retrouvera un jour sa place dans l’étage dominant de nos forêts bourguignonnes.

BEAUCOUP D’ESSENCES RESINEUSES ONT PROUVE LEUR ADAPTATION AUX MILIEUX FORESTIERS BOURGUIGNONS
   

TABLEAU ESSENCES

EPICEA Commun ou de Sitka, CEDRE de l’Atlas et de l’Himmalaya, MELEZE d’Europe, du Japon ou Hybride, PINS Sylvestre, Noir d’Autriche, Laricio de Corse et de Calabre, SAPINS pectiné, de Nordmann, Grandis,etc…

Des essences résineuses ont été introduites depuis deux siècles (souvent en plantation de terres agricoles abandonnées) et désormais acclimatées, notamment la gamme des conifères adaptées à nos diverses stations : pin sylvestre, noir et laricio, sapin pectiné et grandis, épicéa commun et de Sitka ; ces essences se régénèrent naturellement, mais le sylviculteur peut être amené à préférer la régénération artificielle pour l’amélioration génétique de ses peuplements.

Chacune de ces essences, voire chacune de leur variété ou provenance, a son tempérament, sa potentialité de production de bois en quantité comme en qualité, ses fragilités aux excès climatiques, ses exigences en eau et éléments minéraux, sa résistance aux prédateurs et aux maladies.

C’est en appréciant bien ce tempérament propre à chaque essence et en connaissant bien les conditions de milieu de ses parcelles, qu’on appelle les stations forestières, en évaluant les risques sur la durée de vie de l’arbre, que le sylviculteur choisit l’essence et la provenance la mieux adaptée à ses objectifs et aux stations.

La place des diverses essences de conifères en Bourgogne est variable selon les époques, les terres disponibles et les objectifs des propriétaires. Les surfaces en pins sylvestre et pins noirs diminuent. Le renouvellement des plantations arrivées à maturité n’est pas automatique ; les petites parcelles ne sont pas toujours reboisées après exploitation, du fait du cours des bois en chute constante, du coût et des difficultés techniques de mise en valeur de ces petites parcelles.

Site Source  : http://www.foret-de-bourgogne.fr/index.php 

À propos de francesca7

Administratrice du forum LA VIE DEVANT SOI sur http://devantsoi.forumgratuit.org/

Voir tous les articles de francesca7

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire

Et si hier, aujourd'hu... |
Cacophony |
Eazyhome |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Uneviebleue
| Clairementpassimple
| Luniversdadanaels