Diverses coutumes liées aux plantes

 

plantesL’Eglise a tenté d’en obtenir le privilège exclusif et dans bon nombre de paroisses, le curé bénissait le feu avant qu’il ne soit allumé (Lussac les Chateaux), réunissait l’assistance dans l’église pour y réciter le chapelet (Cissé) ou le faisait réciter en en faisant le tour (Lussac). 

Quand il n’y avait pas de curé, le plus âgé ou le plus jeune versait des gouttes d’eau bénite sur les flammes (Availles en Châtellerault) et c’était le plus ancien qui l’allumait. Le Feu de la saint-Jean porte plusieurs noms : c’est «la Jouannée» ou «Johannée» dans le pays chatelleraudais ou le loudunais. «La Jaunée» le long de la Vienne, de Mauprevoir à la Chapelle Moulière. Mais aussi «la Baudouelle», «la Chalibaude» tous les deux formés sur l’ancien adjectif «bald» (gai, joyeux). Faut-il y voir une allusion à Balder, dieu solaire, de la jeunesse et de la beauté, le dieu du Nord qui prendra la place d’Odin après le Ragnarok ? 

Dans certains villages, on ficelait un chat vivant tout à la cime du feu, mais comme la source date de 1573, soit en pleine période d’Inquisition, on peut se demander si l’on n’est pas en présence, là, d’une perversion des feux ; le chat étant considéré comme l’animal familier de la sorcière, qu’on lui assimile et qu’il fallait détruire comme elle… On pense aussi aux chats de Freyja, déesse nordique de la terre et de la fertilité…

 coutumes

Mais le plus souvent, ce sont quand même des bouquets de roses, de bleuets, de marguerites et de coquelicots, ou bien des herbes de la saint-Jean qui sont accrochés. A Availles en Châtellerault, on fleurissait la cime d’un arbre coupé et nettoyé qui servirait de support au bûcher, d’un «bouquet de plantes efficaces contre les sortilèges» ramassées le matin même. Plus le mât est haut, mieux c’est, il faut qu’il puisse être vu de loin et qu’on puisse même l’identifier (celui de tel village, de telle ferme…). 

Au début du siècle dernier ne subsistaient plus à Poitiers que les feux de la Madeleine et des faubourgs mais il y en avait encore 35 à Availles et 7 à Yversay, soit un par quéreux (quartier): simples petits feux de carrefours autour desquels se réunissaient les voisins, en hommage peut6être inconscient à Hécate, ou aux déesses des carrefours gallo-romaines qui ont probablement succédé à leurs homologues gauloises. On fait le tour de ces feux, parfois 9 fois (Availles) et dans le sens solaire… Faut-il y voir là encore une allusion aux 9 mondes nordiques, correspondant aux différents aspects de notre conscience ?… Mais aussi 9 multiple de 3, chiffre sacré chez les Celtes et qui correspond aussi (entre autres) au nombre de mondes chamaniques… 

On en fait le tour en dansant la ronde et en chantant, à tel point qu’on en a la tête qui tourne (rapport avec la transe ?) 

Diverses coutumes liées aux plantes

Ici, c’est avec une fleur de lys à la main qu’on tourne autour du feu (Yversay) : les pétales ensuite mises à macérer dans l’alcool cicatriseront les plaies. Dans le neuvillois ce sont des branches de noyer coupées le matin et portant au moins une noix verte qu’on passe dans le feu : on mord la noix 9 fois (chiffre décidément magique) en prévention contre les maux de dents et les branches, déposées dans l’étable, préserveront le troupeau des épidémies. A Saint- Pardoux dans les Deux-Sèvres, les mêmes branches de noyer grillées sous la cendre servent à asperger d’eau bénite les champs menacés par les orages. Ce sont des bouquets de bouillon blanc et de feuilles de noyer passés dans les flammes dont on frottera le dos des animaux et qu’on suspendra au dessus de la porte des écuries. C’est la veille (ou le matin) de la saint-Jean que sont cueillies les feuilles qui serviront à faire le vin de noyer, tandis qu’on les colle en croix au dessus des portes des maisons dans le Niortrais (Mougon) pour se préserver des peines et des maladies. En général, c’est à cette période qu’on ramasse (à reculons) les herbes de la saint-Jean et les gros bouquets roussis protègent la maison   toute l’année comme les tisons noircis du feu placés sous les lits de la maison protégeaient cette dernière de la foudre. 

Diverses coutumes liées aux pierres

Les nouveaux mariés ne font pas que sauter au-dessus des flammes ; comme les couples stériles ils jetaient des pierres dans le feu pour avoir des enfants dans l’année. Ces pierres devaient être de la grosseur des raves que l’on voulait récolter (région des brandes) ou aussi grosses et lourdes que possible pour promettre une récolte de grosses citrouilles. Et à Vouneuil sur Vienne, les participants marquaient leur place pour l’année suivante en disposant des pierres autour du feu (donc «en cercle» !) sur lesquelles venaient à minuit s’asseoir les fées . 

Suivant une coutume qu’on retrouve ailleurs en France, les moutons sont tondus la veille de la saint-Jean et baignés au confluent de deux cours d’eau pour épaissir leur laine (Montmorillonnais et Chatelleraudais). Les métiviers (moissonneurs) se chauffaient le dos au feu, les reins entourés d’une liane de chèvrefeuille, de ceintures de paille tressée, de chanvre ou d’herbes de la saint-Jean.

 

À propos de francesca7

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