Le PHASME et sa Nature

29 octobre 2016

I - comme INSECTES

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Ces insectes ont presque tous la particularité de pratiquer le mimétisme, c’est-à-dire qu’ils miment un élément naturel pour se dissimuler de leurs prédateurs. Ainsi camouflés, ils se confondent parfaitement avec leur environnement et passent inaperçus. En France, il n’existe que trois espèces de phasmes, tous « déguisés » en brindilles, alors que le monde accueille plus de 2500 espèces mimant de nombreux éléments de l’environnement : feuilles vertes, feuilles mortes, écorce, épines, autres insectes, etc. Même leurs œufs sont « déguisés » car ils ressemblent à s’y méprendre à des graines de plantes afin de tromper les prédateurs ! Nocturnes et végétariens, les phasmes tropicaux vivent généralement dans des contrées chaudes et humides. Les espèces les plus faciles à élever se contentent sans problème des conditions tempérées des habitations humaines. 

Le Phasme Bâton a une vie nocturne, pendant laquelle il se nourrit de feuilles de ronce, lierre, etc …
Le jour, il est replié en bâton accroché par les griffes des pattes avant. Il ne bouge pas sauf s’il est stimulé par la vaporisation ou le toucher.

Pour survivre, ils se fondent dans leur environnement en imitant à la perfection des brindilles (avec toutes leurs particularités : taille, nœuds, cicatrices des feuilles), des feuilles mortes ou vertes, voire des lichens. On parle dans ce cas d’homotypie et d’homochromie (respectivement « même forme, même couleur ») et ce type de mimétisme est à l’origine de son nom vernaculaire : le « Bâton du Diable ». Ce camouflage est poussé jusque dans leur façon de se mouvoir, puisqu’ils se déplacent lentement, par à-coups, comme une branche ballottée par le vent. La plupart peuvent également rester parfaitement immobiles pendant des heures. Certaines espèces disposent en outre de moyens de défense, leurs glandes prothoraciques sécrétant alors diverses substances toxiques. Ceux-ci arborent parfois des couleurs aposématiques, ne se confondant pas dans l’environnement comme leurs cousins cités précédemment. Le phasme se nourrit de plantes diverses selon sa situation géographique. En élevage, il se nourrit régulièrement de ronces, de lierre, de chêne, de fougères, etc.

La Magicienne dentelée, le Diablotin, la Mante religieuse, la Feuille morte du chêne, le Sphinx du troène et bien d’autres parviennent à se camoufler grâce à leurs couleurs et leur forme. Les phasmes ont développé comme arme défensive l’art de se dissimuler dans la végétation en ressemblant à des rameaux.

 Mode de vie : L’insecte brindille, insecte bâton, bâton du diable, bacille, bâtonnet ou phasme (fantôme, du grec phasma : apparition) est inoffensif. Il atteint facilement 10 cm de long et passe souvent inaperçu dans le Sud et l’Ouest de la France.

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Le Phasme gaulois est le plus répandu puisqu’on le trouve communément sur le pourtour méditerranéen, aussi bien que le long du littoral atlantique jusque dans le Morbihan et aussi en quelques stations en Normandie. La durée de son développement varie en fonction des conditions climatiques et de l’altitude. Ainsi, en Aveyron, les individus présents à 780 m ont un développement plus tardif que les individus situés à 300 m. Ils sont exclusivement mangeurs de feuilles. Dans la nature, leur alimentation peut varier en fonction de l’évolution de leur développement tout en conservant une préférence pour les Rosacées : la ronce frutescente semble très appréciée, suivi du prunellier épineux et des rosiers sauvages. L’amandier est aussi accepté.

Le phasme évolue du niveau du sol jusqu’à deux mètres de hauteur. Il est présent à la lisière des bois ainsi qu’au bord des rivières. Il apprécie les bords de routes qu’il fréquente, avant l’élagage, aussi bien en zones ventées que protégées. L’ombre tamisée d’un petit rosier sauvage ou celle d’un jeune roncier peut convenir, tout comme les buissons très ombragés à la base d’un platane, d’un frêne têtard ou d’un noyer en bord de route. Il est assez facile d’observer les jeunes en plein jour dès leur éclosion en mars-avril, lorsqu’ils se ré- chauffent sur la face supérieure des folioles de rosiers. Jusqu’au dernier stade larvaire, on peut les trouver sur les stations d’éclosion où les feuilles vertes sont rongées en échancrures régulières et sur lesquelles restent plaquées quelques crottes sèches. Les juvéniles et les adultes se dé- placent de préférence pendant la nuit. Lorsqu’il y a du vent, ils déambulent avec une relative lenteur, oscillant avec les feuilles. Certaines années, il y a des pullulations impressionnantes : plus de 40 adultes au mètre carré ! D’après Lelong (1998), ce sont les éclosions échelonnées qui expliquent ce phénomène. On peut parfois trouver des adultes en plein village, mais cela est davantage lié au transport des plantes par les jardiniers qu’aux déplacements spontanés du phasme.

phasme1Le PHASME peut s’amputer pour survivre : Durant leur existence certains phasmes peuvent être amenés à perdre volontairement une ou plusieurs pattes pour échapper à des situations qui pourraient leur être fatales (mue difficile, action mécanique d’un prédateur ou d’un élément du milieu…). En pareille situation, l’autotomie concerne l’appendice entier, la patte se décrochant du corps à la base du fémur. Les épanchements d’hémolymphe sont alors très réduits, juste suffisants pour permettre une bonne cicatrisation de la plaie. Lorsque l’amputation a lieu lors des premiers stades larvaires, il peut y avoir apparition d’un embryon de patte dès la mue suivante. Encore une mue et cette petite patte retrouve sa taille normale ! Mais cette capacité de régénération diminue quand l’insecte est plus âgé.

Une population presque exclusivement femelle La tête en haut ou suspendue immobile aux jeunes branchages, la femelle pond quotidiennement ses œufs, un à un, dès la moitié de l’été jusqu’aux premières gelées pour les plus robustes. Les femelles pondent des œufs qui ne donneront que des femelles (il y a parfois des mâles, mais ils restent très rares). Chaque femelle transmet à sa descendance la totalité de ses gènes. Chaque œuf, tacheté de marron et de gris, est facilement confondu avec une simple graine. Il tombe au sol pour passer l’automne et l’hiver avec comme simple protection son chorion très fragile au toucher. Un pré- dateur aura beaucoup à faire avant de découvrir tous les œufs éparpillés durant près de 4 mois. L’œuf peut éclore dès le printemps suivant la ponte, mais un certain nombre peut attendre une année de plus. L’insecte formé soulève l’opercule de l’œuf pour apparaître en allongeant lentement son corps et ses pattes grâce à l’humidité ambiante. En séchant, les pattes perdent peu à peu leur aspect tordu. En élevage et dans la nature, on voit souvent le chorion collé à l’une des pattes arrières. Il tombe peu après, au cours d’un déplacement. Dès la première prise de nourriture, le corps d’une tonalité vert-jaunâtre permet de voir circuler, aussi bien par dessus que par dessous, l’aliment brun verdâtre évoluant dans le tube digestif.

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PHASME et similarité avec l’HOMME

Mimétisme et camouflage : l’art de disparaître par Yves Thonnerieux dans Le Courrier de la nature, n°262 de juillet 2011. pp. 36-43…..

Les stratégies de survie animale se présentent sous d’innombrables facettes : la gazelle mise sur sa capacité à courir, le hérisson sur celle à se mettre en boule, la taupe sur celle à évoluer sous la terre… D’autres espèces revendiquent par la couleur leur dangerosité, pratiquent le bluff ou la dissimulation. On se penche sur le camouflage qui est une technique employée depuis toujours par le chasseur embusqué ou par celui qui cherche à approcher le gibier qu’il convoite. Le naturaliste et le photographe des temps modernes recourent aussi à l’art de se fondre dans le décor pour mieux « apprivoiser  » leurs sujets. Il faut ouvrir bien grand les yeux afin de profiter pleinement de la visite guidée… Vous voyez cette brindille de 40 cm sur le sol de la forêt ? En réalité, c’est un phasme. Papillons, crapauds et fleurs élaborent de savants subterfuges, usurpant une identité ou se fondant dans le paysage pour tromper leurs prédateurs ou leurs proies, ou pour séduire….

Pour en savoir plus

• Chinery M., 1998 – Insectes de France et d’Europe occidentale – Éd. Arthaud, Paris, p. 64-65.

• Lelong P., 1988 – Morphologie et biologie des Phasmes français – Imago n°33.

 • Leraut P., 1990 – Les insectes dans leur milieu – Éd. Bordas, Baume-les-Dames.

• Vanden E., 1970 – Défense et camouflage des animaux – L’école des loisirs, Paris.

 • Bizé V., 1998 – L’art du camouflage chez les insectes – Insectes n°108

À propos de francesca7

Administratrice du forum LA VIE DEVANT SOI sur http://devantsoi.forumgratuit.org/

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