25 février 2017

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La Wicca, Religion de l’Expression de Soi

 

viccaIl est souvent surprenant de voir comment des personnes aux âges et expériences différents peuvent s’entendre, alors que certains font activement partie de la Wicca, quand d’autres sont de complets débutants. 

Assez fréquemment, on nous demande comment nous nous sommes engagés dans la Wicca, et il est toujours intéressant d’apprendre ce qui a attiré les autres dans le style de vie païen. On peut remarquer que la plupart ne savent pas précisément quand ils s’y sont intéressés et que souvent, ils se sont sentis païens une bonne partie de leur vie. 

La date historique de découverte de la Wicca en tant que religion païenne des temps modernes est souvent la plus simple à retenir. En ce qui me concerne, ce fut particulièrement le cas. Je me souviens assez clairement avoir été très surprise quand j’ai entendu dire qu’une forme moderne de sorcellerie existait et qu’elle était plus connue sous le nom de l’Art. 

A cette époque, il n’y avait rien de connu sous le nom de Wicca en Hollande. De cette situation émergea l’idée de lancer un magazine païen pour essayer de mettre en contact des gens aux mêmes centres d’intérêt. Le but majeur de ‘Wiccan Rede’ était, et est toujours, de créer un lien et un point commun entre les païens et les gens intéressés par la Wicca. 

WICCA

La publication du magazine Lune Bleue a de plus en plus, influencé notre développement personnel à l’intérieur de l’Art, un développement probablement très différent de celui que la plupart des gens expérimentent. Mais plutôt que d’évoquer la façon dont le magazine a influencé mon cheminement personnel, je vais essayer d’utiliser cette opportunité pour présenter mes points de vue personnels à propos de l’Art.  

Une des premières choses que j’ai remarquée quand j’ai pris conscience d’un mouvement païen moderne, était un respect commun pour beaucoup des valeurs en lesquelles je croyais, souvent en secret car jusqu’alors, j’avais été rarement capable de trouver des âmes semblables à la mienne, avec lesquelles je pouvais partager mes croyances. Du coup, souvent les gens me considéraient comme étant un peu folle, une «bizarre», une hippie, ou ils n’étaient simplement pas d’accord avec moi. Cette attitude me condamnait à la solitude et à la frustration. Il m’a fallu vivre une véritable introspection avant de trouver ma famille, mes frères et soeurs spirituels. 

Pendant ma quête spirituelle, j’ai bien sûr retrouvé beaucoup des choses auxquelles je croyais dans d’autres chemins spirituels, mais le plus souvent je me retrouvais à trébucher sur des dogmes et des terminologies que je trouvais très limitatifs. Ce qui m’a attirée dans la Wicca fut d’abord l’absence de dogme, de haute philosophie, quand j’ai eu une prise de conscience face au Wiccan Rede : «Si cela ne nuit à personne, fais ce que tu veux.» Ma première réaction fut «c’est si simple, mais tellement vrai. Que veut-on de plus ?» 

La Wicca est une religion simple. Elle est directe. Il y a un peu d’élaboration mais par dessus tout, elle est ce que l’on en fait. Nous l’appelons fréquemment une religion «bricolage» et cela résume bien l’Art. Dans la série d’articles «au-delà du balai de sorcière» que j’ai écrite pour le «Wiccan Rede» j’ai décrit la Wicca comme la «religion de l’expression de soi . Qu’ai-je voulu dire par là ? 

VICCA 1J’ai voulu véhiculer l’idée que l’essence de la Wicca repose sur la capacité de s’exprimer d’une façon qui nous paraît juste. Dans notre société moderne, nous sommes souvent réduits à n’être qu’un numéro dans la machine technologique et bureaucratique. Nous sentons que notre contribution est minimale. Il y a peu d’appréciation de notre travail et de nos efforts. On en arrive donc à la conclusion que nous sommes inutiles, et cela mène fréquemment à un sentiment de cynisme et d’apathie. Dans l’Art, tout le monde a de la valeur. On est encouragé à chercher nos talents et dons, peu importe qu’ils soient considérés comme futiles ou peu importants par la plupart des gens. Mes activités au sein de la Wicca ont donné à ma vie une nouvelle dimension. Au lieu de me sentir sans pouvoir, j’ai découvert de nouvelles façons de m’exprimer et ce faisant, je me sens beaucoup plus positive face à la vie. 

Il est clair qu’une attitude positive a de l’influence sur nos vies, de différentes façons. Même le plus morne travail de routine peut devenir intéressant si on y cherche un défi et que l’on fait preuve d’un peu d’imagination. On est plus motivé lorsque l’on se sent partie intégrante d’un système, lorsque l’on donne de la valeur à la Vie dans sa globalité, au lieu de la subir comme quelque chose qui nous dépasse. Dans mon cas, une attitude positive m’a aidée à augmenter ma confiance en moi et mon respect envers moi-même. Même quand tout semble aller de travers, je sais au plus profond de mon coeur qu’il doit y avoir une raison à cela et que ce n’est pas pour rien que nous endurons des périodes difficiles. 

Cela m’a aussi permis de confirmer la présence d’une force divine et par dessous tout, m’a aidée à comprendre quel contact l’on peut établir avec ces forces. 

Dans l’Art, nous croyons que les Dieux ont besoin de nous autant que nous avons besoin des Dieux. Nous ne sommes pas des servants des Dieux mais leurs représentants sur Terre. Chaque femme est la Déesse et chaque homme est le Dieu. Notre but est de vivre comme des Dieux, d’utiliser nos talents créatifs et notre sagesse à leur plein potentiel. Nous sommes encore à beaucoup d’égards des enfants, mais tant que nous n’avons pas le recul pour voir qui nous sommes et quel est notre rôle dans cette vie sur Terre, il y a peu d’espoir d’un développement positif et d’une évolution de l’espère humaine. Le principe de l’énergie masculine et féminine est une part vitale de la philosophie Wiccane. C’est un aspect que l’on retrouve, tout simplement, dans toute forme de vie. C’est un principe basé sur la polarité où l’équilibre et l’harmonie peuvent être réalisés. Dans chaque être humain, on peut trouver cette polarité. Chaque homme a quelque chose de féminin et chaque femme a quelque chose de masculin. La Wicca tente de trouver l’équilibre, tout comme la nature lutte pour cet équilibre. 

WICCA

Comment cela fonctionne-t-il en pratique ?

Dans le cas de Morgana, l’Art l’a amenée à remettre en question des aspects particuliers de notre société. Je n’avais jamais été convaincue nous dit-elle que les rôles masculins et féminins traditionnels étaient naturels. Puis je me suis vraiment rendue compte du principe de polarité, et j’ai réalisé avec encore plus de conviction l’absurdité de cette division. Chaque pôle a une qualité particulière dont les énergies sont plus appropriées à certaines situations. Mais cela n’implique pas qu’un pôle est supérieur ou inférieur à l’autre. En d’autres termes, le côté féminin de la nature peut être plus approprié à certaines situations où l’approche masculine serait loin d’être idéale, et vice-versa. On ne doit jamais oublier que les qualités féminines et masculines existent indifféremment chez chacun. Une femme est tout aussi capable d’utiliser son point de vue masculin qu’un homme. 

Cela ne veut pas dire qu’un homme ou une femme doive imiter le sexe opposé pour imposer sont point de vue. C’est une question d’équilibre et de reconnaissance des deux pôles en chacun de nous, la polarité masculine et féminine, en intégrant le recul nécessaire pour savoir lequel est approprié à quelle situation. Ce dernier point est extrêmement mis en exergue dans la Wicca, quand on comprend que le Dieu et la Déesse sont égaux, qu’aucun n’est supérieur ou inférieur à l’autre. En tant que femme, cet aspect m’a sûrement attirée. Je ne suis pas traitée comme une citoyenne de second rang, les femmes sont respectées et reçoivent les honneurs qu’elles méritent. Les hommes et les femmes travaillent ensemble en tant que prêtres et prêtresses et créent ainsi l’harmonie. Par-dessus tout, c’est le respect qui tient toute sa place dans cette relation. 

Le résultat d’un tel échange d’énergie est aussi la possibilité qu’un troisième aspect apparaisse : l’équilibre. Quelque chose de totalement nouveau qui n’existait pas auparavant. Cet équilibre est l’un des principes fondamentaux du travail magique et ressemble beaucoup à l’équilibre entre l’intellect, les sentiments, les émotions et la volonté, que l’on devrait développer si l’on veut atteindre la véritable harmonie. Dès qu’un des pôles prend trop d’importance, l’équilibre est rompu. La volonté est par exemple une qualité primordiale en magie, mais si elle n’est pas associée à un peu de sentiments ou de compassion, alors les résultats peuvent être très égocentriques. Si les sentiments prennent le dessus, comme l’envie de revanche, alors les résultats souffriront eux aussi d’un manque d’équilibre. 

WICCAN OJ’ai découvert que le principe de polarité peut être appliqué à tous les aspects de la vie, en particulier dans les domaines de l’éthique. Je me suis rendue compte que beaucoup de gens ne prenaient jamais vraiment le temps de remettre en question la moralité de la société. Quand quelqu’un commet un acte asocial ou barbare, c’est souvent accepté comme une fatalité, ce qui a pour conséquence de devenir «banal». Dès que quelqu’un commence consciemment à travailler la magie, il se trouve confronté à des questions d’ordre éthique. Je suis devenue beaucoup plus consciente du fait que je peux influencer les gens et les situations. Bien sûr, j’étais capable de cela avant même que je n’entende parler de l’Art, mais au fur et à mesure, ma conscience est devenue attentive à cet aspect de la vie, et cela a changé ma façon de voir les choses. 

Cette conscience m’a incitée à réfléchir à des comportements  auxquels je n’avais jamais prêté attention auparavant, à des questions relatives à notre vie quotidienne, comme ces commérages ou ces jugements des autres, des choses dont on sait peu mais dont on prétend être expert, et dont on tire ses idées préconçues ! Etre impliqué dans la magie signifie travailler de l’intérieur, unir les sentiments et l’intellect et les transformer en actes. Le moyen d’y parvenir est la personnalité de chacun. En chaque personnalité, il y a un sens de la moralité et par dessus tout de la responsabilité.  

Travailler positivement veut dire par essence apprendre à reconnaître ses limites, pour apprendre par soi-même ce qui est bien ou mal par rapport à l’espèce humaine. Nous sommes tellement conditionnés que nous sommes devenus paresseux et même pire, nous ne nous rendons même plus compte que nous pouvons déterminer notre propre futur. Il faut une grande volonté pour ne pas être séduit par la facilité de laisser les autres diriger nos vies. Nous courons sans doute le risque de perdre des amis parce que nous ne sommes pas conformes, mais en fin de compte, nous pouvons espérer que nos vies ne soient pas gâchées en suivant aveuglément les masses et en vivant une vie relativement insipide et inintéressante. Travailler avec la magie signifie aussi être actif pour l’extérieur. Il y a une communication dans les deux sens (la polarité à nouveau) entre notre monde intérieur et le monde extérieur. Dans l’Art, c’est la Nature qui est notre guide. 

Une relation étroite avec les forces de la Nature et les cycles forme la base à partir de laquelle nous travaillons. Alors souvent, nous trouvons des réponses à nos problèmes en observant le monde naturel, en prenant la peine de le faire. La Nature est notre source d’inspiration et à son contact, nous prenons conscience du sens de l’existence. Cette connaissance m’a donné la foi et l’assurance que   rien n’arrive sans raison ou signification. J’en suis arrivée à la conclusion que même sans connaître les réponses à mes problèmes, j’ai la possibilité de les résoudre. Peut-être (sans doute) ne trouverai-je pas toutes les réponses dans cette vie ou dans les nombreuses vies à venir, mais un jour tout me sera révélé. Une certaine dose de patience est clairement nécessaire mais je n’accepterai pas l’attitude apathique du «pourquoi devrais-je ?» ou «à quoi bon ?». 

La vie est trop intéressante et a trop de valeur pour avoir une attitude négative à son égard. De plus, la négativité peut être destructrice. Combien de personnes se rendent-elles vraiment compte que toutes les pensées négatives (et positives) sont projetées dans l’aura de la Terre ? Ce n’est pas étonnant qu’il y ait de la souffrance et de la douleur sur notre planète quand il y a tant d’énergie négative autour de nous ! 

Dans les rituels de l’Art et dans le travail en Cercle, on essaye d’agir contre cette situation. Les rituels sont basés sur une atmosphère de joie et d’amour et le Cercle est un générateur de cette ambiance. Chaque personne qui travaille dans le Cercle est conscient de ce fait. Nous essayons consciemment de transformer les vibrations négatives en énergie positive, pour la projeter dans l’aura de la Terre. Il est aussi possible de porter le Cercle avec vous, dans votre propre aura. De cette façon, vous pouvez irradier de l’énergie positive 24h/24, même si en pratique, il y a une tendance à avoir des hauts et des bas dans le niveau d’énergie. Mais nous avons le potentiel de diffuser beaucoup d’énergie positive. 

Dès que nous sommes menacés par des influences négatives, cette radiation peut être traduite en des termes familiers comme «être optimiste», «avoir la joie de vivre»… Les influences négatives ont la tendance destructrice de fragmenter ou désolidariser nos vies. La fragmentation et toutes ses conséquences sont un phénomène grandissant, spécialement dans l’Ouest. Le nombre de groupes et de fractions continue à augmenter et l’unité idéale du monde semble plus lointaine que jamais. Naturellement, le «phénomène de groupe» n’est pas en lui-même nouveau mais de nos jours, il a une tendance bien plus agressive et destructrice. Il y a peu de tolérance entre les groupes. Il y a un esprit individualiste extrême évident qui a tendance à nier l’existence d’autres groupes qui agissent et pensent différemment. 

Il y a une base philosophique commune qui les unit. C’est peut-être un des aspects de l’Art les plus intéressants, mais aussi l’un des plus difficiles à comprendre. Je peux me développer individuellement tout en ayant pleinement conscience d’appartenir à l’Humanité dans son ensemble. Pour pouvoir me développer vraiment individuellement, je dois avoir l’opportunité de découvrir mes propres talents, aussi différents et divers qu’ils soient, en me comparant avec mes amis. Les petits groupes autonomes de la Wicca autorisent cette diversité de développements individuels, tout en ne perdant pas de vue le but plus important de l’évolution de l’espèce humaine. 

WICCANA chaque fois que je rencontre des gens d’autres covens ou des pratiquants solitaires, je me sens complètement libre d’échanger mes idées, même si elles ne sont pas toujours en accord avec les leurs. Cela est possible car nous savons que nous travaillons dans le même but, aussi différentes  que puissent être nos méthodes. Cette attitude tolérante peut être extrêmement positive en créant un espace pour le développement dynamique et l’échange. Cela veut dire aussi que le réseau complet des groupes évolue de manière réellement progressive et vivante. Nous apprenons tous et ce processus d’apprentissage continuera. Seulement à ce moment nous sommes vraiment vivants. 

Cette diversité a un autre point positif. Puisqu’il n’y a pas de dogme, il y a peu de chance que les idées stagnent ou se pétrifient ou pire, que les gens deviennent trop paresseux pour penser par eux-mêmes, en absorbant tout ce qu’ils entendent sans expérimenter personnellement le savoir. Il y a vraiment une possibilité d’apprendre activement le respect par le développement personnel. Pour ma  part, ce développement individuel a été très important. J’ai pu être capable de découvrir mes propres talents créatifs en matière de pensées ou de sentiments, sans me sentir limitée. Il m’est arrivé de faire une découverte, pour réaliser par la suite que quelqu’un avait déjà découvert la même chose (parfois il y a des siècles) mais cela n’a en rien amoindri mon sentiment d’avoir été innovante. Quand je découvre que quelqu’un d’autre est arrivé aux mêmes conclusions que moi, je le ressens plutôt comme une confirmation. 

Une des expressions de la Sorcellerie est «si cela te paraît bien, alors c’est juste». Cette attitude me donne la possibilité de choisir quelle voie m’est personnellement bénéfique, au lieu d’entendre «tu dois faire ceci ou cela». Bien sûr, des conseils de quelqu’un de plus expérimenté peuvent être extrêmement utiles et j’en suis toujours très reconnaissante, mais je ne me suis jamais sentie forcée de suivre de tels conseils à contre-coeur. En fin de compte, nous devons faire nos propres choix et prendre nos propres décisions. 

Si vous avez lu jusqu’ici, peut-être pensez-vous que j’aurais pu arriver à ces conclusions sans la pratique de l’Art. Quiconque ayant un peu de volonté et de bon sens peut reconnaître sa propre valeur intrinsèque et peut développer une attitude adéquate face à la vie. C’est sans doute vrai. 

WICCA RITUEL

Alors pourquoi la Wicca est-elle une religion ayant tant de valeur à mes yeux ? 

L’essence repose en mon lien avec le Dieu et la Déesse et en ma conscience que moi, en tant qu’être humain, je suis un enfant des Dieux. Le Dieu est mon esprit de chasse, de combat, ma volonté, ma persévérance et ma détermination alors que la Déesse est mon âme, mon intuition, ma passion. Ensemble, ils m’ont formée, m’ont créée et en tant qu’enfant de leur union, je suis capable de donner une forme à leurs pouvoirs créatifs sur Terre. Je suis leur manifestation ici-bas. 

La Wicca est une religion de la Terre, elle a la simplicité de la Nature elle-même. Il y a peu de compromis possibles. Les lois par lesquelles nous vivons doivent être naturelles et non créées de la main de l’homme. Le royaume de l’être humain a un rôle spécifique à jouer dans l’évolution de la  erre, mais les plantes aussi, ainsi que les animaux ou les minéraux. Les anciens païens le savaient et en tant que païens modernes, il est de notre devoir de faire revivre ce savoir et de l’intégrer à notre intellect, car cela a eu un énorme impact sur notre conscience moderne. 

La Wicca est une religion de la fertilité, pas seulement de la Terre mais aussi de l’Esprit. C’est aussi la Vieille Religion du Chasseur, le Dieu Cornu. Aujourd’hui nous sommes des chasseurs de Vérité et nous devons réapprendre à utiliser nos cornes, nos antennes spirituelles, si nous voulons découvrir les anciens mystères de notre existence et nos origines cosmiques. Les anciens Dieux païens étaient souvent représentés comme des guerriers, et nous sommes nous aussi des guerriers, courageux et sans peur. 

Ce n’est pas pour rien que les armes des Sorcières sont appelées ainsi et que le Cercle est dessiné pour former une barrière contre les pouvoirs de l’obscurité. Mon lien avec le Dieu et la Déesse renforce cette conviction, ce désir de surpasser les forces de la nuit, et bien que je puisse être tentée d’errer sur le mauvais chemin, je sais qu’ils me protègeront et me guideront lorsque cela sera nécessaire. C’est cette croyance qui me guide dans les moments sombres et qui me donne courage et détermination pour continuer. Cette croyance est la fondation sur laquelle je peux construire, et c’est par-dessus tout celle sur laquelle je peux m’appuyer avec certitude. En d’autres termes, c’est une stabilité mentale et spirituelle qui, quoiqu’il arrive, ne me laissera jamais tomber. 

Ecrit par Morgana (site www.silvercircle.org),

23 février 2017

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Le symbolisme du FIGUIER

 

Le figuier symbolise la volonté de survie mais aussi la générosité et la richesse naturelle, il s’accroche au moindre creux de rocher, la moindre fissure pour y puiser l’eau nécessaire à sa survie. L’homme peut y voir une analogie avec le courage, l’intelligence et la volonté qu’il est nécessaire de déployer pour vivre et réussir son expérience sur la terre. Le figuier symbolisait chez les Egyptiens la richesse et la fécondité. Les arbres fruitiers occupent une place particulière dans les mythologies grecque et romaine. Ils possèdent une forte valeur symbolique et sont avant tout des arbres « nourriciers », producteurs de fruits essentiels à l’alimentation des sociétés anciennes.

FIGUE

Avec l’olivier, le figuier est le second arbre dont Athéna, la divinité agricole, dota l’Attique. Le figuier est aussi l’arbre de Dyonisos, dieu de la fécondité dans la mythologie grecque alors qu’à Rome il est dédié au dieu Mars. Chez les Grecs, Cérès, déesse des moissons, offrit un jour un figuier à un Athénien qui lui avait offert l’hospitalité.

Le figuier entre dans le mythe de la fondation de Rome par Remus et Romulus, les jumeaux légendaires issus de l’union de Mars et de Rhéa Silvia et jetés dans le Tibre. Les eaux déposent la planche qui les porte auprès d’un figuier sauvage, le figuier Ruminal, dont on faisait dériver le mot de ruina, « mamelle », l’arbre nourricier des fondateurs de Rome, devant la grotte de Lupercal où ils sont découverts par la fameuse louve et nourris par elle. Rome aurait été fondée au VIIIe siècle avant J.-C., en 753 selon la légende. 

Les figuiers, tout comme l’olivier et la vigne, sont des arbres méditerranéens par excellence. Leur expansion et leur renommée vont de pair avec les civilisations qui ont marqué les rivages de la Méditerranée1. Ainsi, la civilisation grecque est symbolisée par l’olivier, la civilisation romaine par la vigne, et la civilisation africaine par le figuier. À ce propos, Caton l’Ancien qui, avant la troisième guerre punique, avait ramené au Sénat, une figue précoce de Carthage, demanda aux sénateurs quand ce fruit avait été cueilli. Tous convenaient qu’il était frais, mais pour les inciter à détruire Carthage il leur a répondu « il a été cueilli, il y a trois jours, tant l’ennemi est près de nos portes » . Le choix du figuier par Caton n’était pas fruit du hasard. Il incarne la résistance et la propagation de la civilisation africaine qui continue de constituer une menace pour Rome.

Certes, cette assimilation entre civilisation et arboriculture reste symbolique, car tous les pays de la Méditerranée ont connu l’olivier, la vigne et le figuier . Mais, il faut de même reconnaître que c’est toujours à l’Afrique et à l’Orient qu’on pense lorsqu’il est question de figuier, tout comme lorsqu’il est question de la vigne c’est vers la péninsule italienne qu’on se retourne ; alors que lorsqu’il est question d’olivier c’est plutôt vers la Grèce – Ce sont souvent des explications géographiques qu’on donne à cette répartition arboricole dans le bassin méditerranéen, alors qu’il est possible de trouver d’autres raisons historiques et symboliques.

Notre objectif dans ce travail est de faire une esquisse de l’historique du figuier d’après les sources antiques, à commencer par les textes sacrés. Ensuite, d’examiner certaines légendes qui ont accompagné l’histoire du figuier depuis les premiers temps, ce qui peut nous aider à comprendre le secret qui a fait de l’arbre et de son fruit un symbole de la civilisation africaine. Et enfin, d’évaluer la place de cet arbre en Afrique du Nord où il demeure fondamental dans la vie des montagnards par son apport alimentaire mais aussi par la pérennité des rituels et des croyances qui font de lui un arbre sacré.

figues vénérationla légende à la vénération

La trilogie de l’arboriculture méditerranéenne est constituée de l’olivier, de la vigne et du figuier. Ce dernier occupe souvent la troisième place dans le choix des cultures devant le grenadier, l’amandier et d’autres arbres fruitiers . Le figuier était connu dans le Moyen Orient dès le IIIe millénaire chez les ancêtres des Sumériens qui le cultivaient à Babylone. De même il y a plus de 5000 ans les Égyptiennes faisaient à partir de la figue des boissons pour les grandes cérémonies, et des produits pharmaceutiques. Au temps des Ramsès l’un des pharaons de la XIXe dynastie, en voyage avec sa suite, avait servi plus de 300 chapelets de figues. Ce qui prouve que la figue constituait un fruit pour les grandes tables, comme en témoigne une peinture représentant la cueillette des figues et datant du milieu de ce IIIe millénaire.

Dans la mythologie grecque, le figuier était un don de la déesse des moissons et de la terre, Déméter. Le figuier était aussi dédié à Dionysos comme la vigne et le lierre. Pour protéger ce fruit « plus précieux que l’or », pour en préserver son mystère, les Grecs en interdisaient, dit-on, l’exportation. En plus de son usage quotidien pour la nourriture, ils s’en servaient comme source d’énergie et le recommandaient aux athlètes pour plus de force et d’agilité.

Les médecins grecs l’utilisaient pour faire des cataplasmes. Platon, surnommé philosukos, à cause de son grand amour pour les figues, n’hésitait pas à les conseiller aussi aux philosophes en pensant qu’elles les rendaient plus intelligents.

Le figuier n’était pas inconnu des Romains, car la légende veut que Romulus et Remus aient tété le lait de la louve à l’ombre d’un figuier – D’après Florus, les fondateurs de Rome se trouvaient sous le Ruminai avant d’être découverts par le berger du troupeau royal qui les emporta dans sa maison et les éleva . En raison de cette légende, le figuier Faustulus est devenu un arbre protecteur enraciné au cœur même du champ politique de Rome : le Forum – De même, Pline l’Ancien rapporte qu’on « vénère un figuier poussé à Rome sur le Forum même dans le Comitium parce qu’en ce lieu furent enterrées rituellement des foudres » – Le figuier était censé préserver de la foudre d’où l’expression « fulguribus ibi conditis » qui remonte à l’époque étrusque . Il était aussi un symbole de la bienveillance des dieux protecteurs de Rome c’est pourquoi, dit Pline, « c’est toujours un présage quand il se dessèche et les prêtres ont soin d’en planter un nouveau » . D’autres figuiers étaient vénérés comme celui qui était planté devant le temple de Saturne et fut arraché en l’an six cent de Rome  ; tout comme celui qui a poussé fortuitement au milieu du Forum-

Avec les religions monothéistes, le figuier tout comme l’olivier revêt un aspect sacré en raison de ces apports nutritifs, mais aussi par des apports mystérieux bénis par la volonté divine. Chez les Hébreux, les figues font partie du trésor que Moïse a promis à son peuple une fois arrivé en Terre promise. Au temps de Salomon (circa 970-931 av.n.è) le figuier était répandu dans tout le Moyen-Orient

 FIGUE

Voir A. Chevalier, « Les origines et l’évolution de l’agriculture méditerranéenne », dans Revue internationale de botanique appliquée et d’agriculture tropicale, 1939, p. 632-633. 5. Voir S. Chaker, « Figue/figuier », dans E. В., 18, 1997, Aix-en-Provence, Edisud. 

23 février 2017

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Le figuier, première plante cultivée par l’homme

LA FIGUE (Ficus carica) n’aurait pas été domestiquée il y a 6 500 ans, mais il y a 11 400 ans, c’est-à-dire plusieurs milliers d’années plus tôt qu’il n’était admis jusqu’à présent. Une équipe de chercheurs israélo-américaine qui publie une étude sur le sujet dans la revue Science (1) souligne en outre que cette domestication se serait produite environ un millier d’années avant celle des premières céréales et des légumes.

 FIGUIER

L’histoire du figuier est l’histoire d’un arbre qui a nourri l’homme et ses animaux avec une si grande générosité sans lui demander de gros efforts de culture. Le figuier symbolise la volonté de survie mais aussi la richesse naturelle. Il s’accroche au moindre creux de rocher, la moindre fissure pour y puiser l’eau nécessaire à sa survie. L’homme peut y voir une analogie avec le courage, l’intelligence et la volonté qu’il est nécessaire de déployer pour vivre et réussir son expérience sur la terre. Une recette : Le pudding de Noël aux figues sèches et aux dattes.

Teb des Egyptiens, Mgys des Perses, caprificus des Romains, Ettin des Arabes, l’histoire du figuier est l’histoire d’un arbre qui a nourri l’homme et ses animaux avec une si grande générosité sans lui demander de gros efforts de culture. Le figuier a longtemps gardé son secret jusqu’à sa découverte par les Egyptiens. Il était déjà cultivé au temps de l’Egypte pharaonique et considéré comme un don des dieux pour sa prodigalité. Les Egyptiens avaient compris l’association du figuier et du Blastophage. Alors, pour un meilleur rendement de leurs vergers, ils y suspendaient des rameaux de caprifiguiers ou figuiers sauvages.

Le genre Ficus, nom latin peut-être dérivé du grec syké d’origine phénicienne, est un arbre de la famille des Moraceae comme les mûriers et son existence au quaternaire est prouvée par les empreintes de feuilles et de fruits fossilisés dans le Bassin parisien. Le figuier commun à fruits comestibles, Ficus carica (du nom de la région dont il serait originaire, Carie) existe depuis au moins 4000 ans avant J.-C. puisqu’à cette époque sa culture était déjà pratiquée au Moyen Orient et ce sont les Phéniciens qui le firent connaître en Méditerranée. Les Carthaginois, puis les Grecs étendent sa culture et les Romains la propagent dans tout le Bassin méditerranéen en généralisant sa plantation.

Au 6e siècle avant J.-C. il est introduit en France par les Grecs et c’est beaucoup plus tard, seulement au 7e siècle de notre ère qu’il s’étend de la Perse vers la Chine. Le figuier s’est ainsi étendu en culture progressivement et a atteint les contrées les plus lointaines. On le retrouve actuellement en Chine, en Inde, en Ethiopie, en Arabie Saoudite, en Australie et en Californie où il a été introduit et y a connu une large expansion.

Le figuier de Barbarie ou Opuntia Ficus-indica appartient à la famille des Cactaceae. C’est un cactus à longue durée de vie et à grand développement, il est originaire du Mexique et du sud-ouest des Etats-Unis d’Amérique. Importé dans les pays méditerranéens, il s’est très bien acclimaté notamment en Afrique du Nord autrefois appelée par les Européens : la Barbarie d’où son nom : figuier de Barbarie.

La figue était à la base du régime des athlètes en période olympique. Selon Horace, le figuier a donné son nom au foie, ficatum, depuis qu’un éleveur romain nommé Agicius engraissa ses oies avec des figues pour obtenir un foie gras au goût particulièrement apprécié des nobles romains. Cléopâtre en fit son fruit préféré au point que l’aspic devant la tuer avait été caché dans une corbeille de figues qu’elle avait elle-même demandée.

En France, la figue connut un réel succès à partir du règne de Louis XIV et ce jusqu’à la fin du XIXe siècle. Le jardinier de Louis XIV, un fervent défenseur du figuier, en fit des plantations au Potager du Roi à Versailles, taillées en espaliers contre des murs ensoleillés. Trop fragile pour être transportée, la figue était produite au sortir de Paris, dans la commune d’Argenteuil. On y trouvait quelque 50 hectares de figuiers plantés sur des coteaux exposés plein Sud. Cette production, de petite dimension mais de grande qualité gustative, a aujourd’hui disparu mais elle aura donné son nom à quelques variétés comme « la Rouge d’Argenteuil » plus connue sous le nom de « Dauphine ».

FIGUE

 Les Grecs firent de la figue un mets de choix et les oies du Capitole étaient gavées de figues. Mythologie ou réalité, la figue a toujours joué un véritable rôle culturel et gastronomique sur tout le pourtour méditerranéen. Et cela se poursuit encore aujourd’hui car au même titre que l’olive, la figue est méditerranéenne, charnue et pleine de soleil.

Le figuier est également intimement lié à l’histoire romaine. On dit que c’est sous cet arbre que Romulus et Rémus furent abandonnés et trouvés par la louve qui les allaita. L’histoire dit aussi que Caton présenta aux sénateurs une figue fraîche pour leur faire prendre conscience que la cité punique n’était qu’à trois jours de Rome. Le fruit figurait enfin en bonne place dans tous les menus de la Rome antique (il était recommandé aux athlètes) et avec le blé et l’olive, la figue restera, durant des millénaires, la base alimentaire des civilisations méditerranéennes.

Le figuier est sacré pour les Bouddhistes, les Mahométans et les juifs. Le fruit du figuier est le symbole de la Terre promise à cause de sa valeur alimentaire et de ses propriétés thérapeutiques.

La tradition chrétienne y voit au contraire un arbre maudit car la figue serait le vrai fruit défendu qu’Eve croqua, et non pas la pomme (on note d’ailleurs que l’arbre de la connaissance que peint Michel-Ange n’est pas un pommier comme le voudrait le récit biblique, mais un figuier. Or le mot « figa » en italien désigne à la fois le fruit du figuier et le sexe de la femme). La feuille de figuier sera également le premier cache-sexe d’Adam.

21 février 2017

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Les herbes de nos ancêtres

 

HerbeLors de son introduction en Europe, en 1518, le tabac jouit rapidement d’une vogue médicale extraordinaire : « C’est à bon droit, qu’on l’appelle herbe de tous les maux » dit Olivier de Serres. Mais on s’aperçut peu à peu que cette panacée, cette herbe sacréeherbe médicéeherbe à la reineherbe à l’ambassadeur, ou bien encore herbe au grand prieur, avait une action narcotique puissante et produisait, introduite dans l’estomac à petites doses, des irritations graves, des vomissements douloureux et, à fortes doses, des accidents souvent suivis de mort. Au dix-huitième siècle, le suc de tabac mêlé avec de la poudre de dépouille de serpent, employé en injection, guérissait les ulcères fistuleux d’une manière admirable.

Au siècle suivant, les maquignons s’en servaient pour masquer momentanément les défauts des chevaux vicieux et les médecins n’en usaient qu’avec la plus grande prudence, en lavements dans certains cas de tétanos, d’apoplexie ou d’asphyxie par submersion ; les ouvriers des manufactures de tabac étaient, paraît-il, préservés des fièvres intermittentes, et les peintres en bâtiments se mettaient quelquefois des compresses de décoction de tabac sur le ventre pour calmer leurs coliques.

L’herbe vulnéraire est l’arnica, tabac des montagnes, fumée par certains paysans ; sa teinture alcoolique jouit encore d’une belle réputation. La consoude (du latin consolido, j’unis) ou herbe à coupure possède des propriétés astringentes dues à l’acide gallique qu’elle contient. Le sirop de grande consoude sert dans certaines hémorragies ; sa racine donne une couleur rouge carmin, et ses feuilles sont mangées en guise d’épinards.

Herbes de nos ancêtres

L’achillée, mille feuilles, herbe militaire, herbe aux charpentiers, saigne-nez, dont le nom a été créé en l’honneur d’Achille, élève du centaure Chiron, qui le premier aurait employé celte plante pour guérir les blessures, a conservé sa vieille renommée.

Le sedum âcre ou orpin brûlant, herbe aux cors, herbe à coupure, vermiculaire, pain d’oiseau, poivre de muraille, trique-madame, a une grande réputation pour cicatriser les plaies et fut, comme purgatif, la cause de graves accidents.

Le séneçon, herbe aux charpentiers également, qui servait autrefois dans l’épilepsie, le choléra morbus, la gale et l’inflammation des mamelles, n’est maintenant en vogue que chez les petits oiseaux, les chèvres, les lapins, les lièvres et les porcs, qui s’en régalent ainsi que des différentes espèces de plantin, herbe aux blessures, herbe aux cinq coutures, herbe aux puces.

La sauge, herbe aux plaies, herbe sacrée, à l’odeur aromatique agréable, à la saveur piquante, bien déchue aujourd’hui, excepté chez les abeilles au miel parfumé, possédait autrefois la propriété d’attirer crapauds et serpents, jointe à celle de soulager toutes les maladies du cerveau, étant fumée, soir et matin, dans la pipe en guise de tabac. Forestius dit qu’il a connu un artisan qui se délivra d’un grand tremblement par l’usage continuel de la sauge.

Les graines de la renouée ou curage, herbe aux panaris, peuvent à la rigueur servir de poivre et les tiges et feuilles fraîches comme rubéfiant. « On a guéri, dit Etmüller, une hémorragie du nez rebelle aux plus forts remèdes, en appliquant sous les aisselles de la malade de la renouée bouillie dans l’eau. »

A la campagne, on fait des cataplasmes avec la lampsane, herbe aux mamelles, pour effacer les gerçures du sein, et la joubarbe, barbe de Jupiter, herbe aux cors, herbe aux hémorroïdes, dont les noms vulgaires indiquent assez l’emploi, est, dans certains endroits, respectée profondément, car elle prévient les maléfices de la sorcellerie ; elle servait comme rafraîchissement dans les maladies aiguës, pilée avec du lait de femme – ou du suc d’écrevisse – et attachée à la plante des pieds.

L’herbe à la pituite (staphysaigre), l’herbe à la rate (scolopendre ou langue de cerf), l’herbe à la gravelle (saxifrage, mignonnette, désespoir du peintre), l’herbe aux verrues, aux chancres(héliotrope), l’herbe aux varices (cirse), l’herbe aux goutteux (égopode ou podagraire), l’herbe aux ladres (véronique) possédaient des vertus aussi nombreuses qu’infaillibles.

HerbeLes anciens croyaient que les hirondelles guérissaient les yeux de leurs petits avec le suc d’une herbe qu’ils appelèrent chélidoine ; ils s’en servaient pour toutes les maladies des yeux et leurs patients devaient beaucoup souffrir, car le suc nauséabond de la chélidoine ou herbe aux verrues, corrode la peau et la teint en jaune comme l’acide azotique ; une autre herbe aux verrues est l’euphorbe, réveille-matin, que les paysans ont le grand tort de conseiller comme collyre aux personnes qui désirent se réveiller de bonne heure. « Il n’est rien de meilleur que la poudre d’euphorbe, dit un médecin du dix-huitième siècle, pour faire tomber la carie des os, parce qu’elle absorbe et consomme par son sel volatil acre l’acide corrosif, cause de la carie. »

La scrofulaire, herbe aux écrouelles, herbe aux hémorroïdes, herbe au siège, dont les différents noms suffisent pour indiquer les propriétés, sert dans quelques pays contre la gale et a été préconisée dans le Nord contre la rage, en tartines sur du pain beurré. La bardane, herbe aux racheux, dont les fleurs sèches s’attachent si bien à nos vêtements, employée contre les maladies de peau, la teigne, etc., servait autrefois, bouillie avec de l’urine, pour dissiper les tumeurs des genoux ; enfin la poudre contenue dans les capsules du lycopode, herbe à la plique, ne sert plus qu’aux pharmaciens pour empêcher les pilules d’adhérer entre elles, aux mamans pour « poudrer » les replis dodus de leurs petits enfants, et pour faire des éclairs dans les orages de théâtres et les feux d’artifice.

Citons encore l’alysse, herbe aux fous et passerage ; la charagne ou herbe à écurer, employée malgré son odeur infecte à écurer la vaisselle à cause de la couche calcaire qui recouvre ses sommités, la circée, herbe aux sorciers, herbe aux magiciennes, herbe enchantée, usitée au moyen âge dans les pratiques de sorcellerie, et arrivons aux herbes diaboliques, telles que : la scabieuse, herbe du diable, lequel, paraît-il, poussait l’astuce jusqu’à la ronger pour la faire périr afin de priver les humains de ses propriétés merveilleuses ; la dangereuse renoncule, bouton-d’or, herbe scélérate, herbe sardonique ; la dentelaire herbe du diable, herbe à cancer, que l’on mâche dans le Midi contre le mal de dents ; la belladone, herbe empoisonnée, au fruit trompeur ressemblant à une cerise, cause de tant d’accidents terribles chez les enfants (son suc entre en Italie dans la composition de certains cosmétiques à l’usage des belles dames (bella dona) et son nom scientifique atropa rappelle celui d’une des trois Parques) ; le datura stramonium, stramoine, herbe des démoniaques, herbe des magiciens, poison des plus violents, produisant à doses élevées vertiges, délires, hallucinations et guérissant les malades hallucinés.

N’écrasons pas les feuilles de la clématite ou herbe aux gueux ; les mendiants s’en servent pour faire venir sur leurs membres des ulcères peu profonds à l’aide desquels ils excitent notre pitié. 
 
HerbeVénéneuses, potagères, mauvaises – qui croissent toujours comme chacun sait –, fraîches, tendres, touffues, épaisses, les herbes couvrant prairies et pâturages, et dont nos anciens savaient faire du bouillon et des potages renommés, possédaient également selon eux des propriétés médicinales aujourd’hui oubliées

Que deviendraient les cordons-bleus sans les fines herbes ? Elles sont de première nécessité pour le genre humain : blé, maïs, pomme de terre, patate, riz, haricots, pois, fève, lin, chanvre, coton, garance, indigo, etc., etc. Toutes sont des herbes ; car en botanique, on comprend sous la dénomination de végétaux herbacés tous ceux de consistance tendre, d’aspect verdoyant, qui n’ont pas, comme les arbres, de parties ligneuses. Pour beaucoup de personnes, les graminées seules méritent le nom d’herbes, et c’est vraiment à elles qu’il est le plus convenablement appliqué ; leur nombre est, en Europe, beaucoup plus considérable que celui des arbres et nul n’ignore qu’on ne peut les employer toutes qu’à la Saint-Jean, époque à laquelle on est sûr de ne pas en oublier. Le vulgaire, les campagnards surtout, ont ajouté au plus grand nombre un nom qualificatif rappelant certaines superstitions ou bien les propriétés médicinales particulières à chacune.

Source : D’après « La Tradition », paru en 1896 

19 février 2017

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Comment penser l’insecte 

 

 INSECTE2À la fois élémentaire et complexe, dérangeant et nécessaire, robuste et fragile, il est autant un objet de mépris qu’un sujet de fascination. C’est pour faire découvrir les multiples facettes de cette figure de l’animalité, très différente de celles qui nous sont familières, que le livre de l’historien et philosophe des sciences Jean-Marc Drouin est construit comme une sorte de promenade dans le dédale des interprétations, récits et études savantes la concernant. Dans l’insecte, la petitesse est la caractéristique qui frappe tout le monde de prime abord. Elle peut être une raison de mépris. L’historien Jules Michelet interpellait d’ailleurs ceux qui méprisaient ainsi les insectes : « Quelle taille faut-il avoir pour mériter votre estime ? » Mais cette petitesse peut aussi conduire à l’étonnement et susciter des méditations sur le néant et l’infini, ou inciter à relativiser notre vision du monde, quand elle ne nourrit pas des réflexions critiques sur la société.


Ces petits animaux, parmi les plus petits à être visibles à l’œil nu, interpellent également par leurs capacités cognitives : par exemple, comment les fourmis au cerveau si rudimentaire font-elles pour trouver le chemin le plus court d’un endroit à un autre ou comment les abeilles arrivent-elles à fabriquer des alvéoles parfaitement hexagonales ? De quoi s’interroger sur la nature de l’intelligence, individuelle ou collective. Il est tout aussi étonnant de constater la complexité des formes de vie sociale de certains insectes. Faut-il parler à leur égard de société, de monarchie, de république, d’esclavagisme, de reine, d’ouvrières ? Autant de termes régulièrement utilisés qui ne sont pas, comme le souligne l’auteur, sans poser de problème. Reste les questions éthiques que soulève notre coexistence avec ces individus minuscules. Faut-il mettre sur le même pied le fait d’écraser un moustique et d’égorger un cochon ? Question troublante, parmi tant d’autres, sur laquelle nous invite à méditer ce livre : « Le Climat fait-il l’Histoire » de réflexions entomologiques.

 INSECTE1

« Une mouche ne doit pas tenir plus de place dans la tête d’un naturaliste qu’elle n’en tient dans la nature », affirmait Buffon en 1753, dans son Discours sur la nature des animaux. Jean-Marc Drouin n’a pas suivi ses conseils : l’historien et philosophe des sciences, déjà auteur d’un Herbier des philosophes, publie aujourd’hui une trépidante Philosophie de l’insecte, qui éclaire la place que ces drôles de petites bêtes tiennent dans la nature et l’imaginaire collectif. Entre tendresse et répulsion : « Abeilles butineuses à l’avenir menacé. Sauterelles à l’appétit dévastateur. Papillons aux ailes diaprées. Moustiques vecteurs de maladies. Fourmis industrieuses et économes. Guêpes ennemies des déjeuners sur l’herbe. Coccinelles à la rondeur enfantine. » Les insectes sont partout et leur petitesse nous fascine : une fourmi de dix-huit mètres, ça n’existe bien sûr pas, comme le savait Robert Desnos. Et pourquoi pas ?

L’insecte est un embrayeur de fiction, de poésie, de pensée. De La Métamorphose de Franz Kafka aux araignées géantes de Louise Bourgeois, en passant par le vieux couple de la cigale et la fourmi, ces animaux nous parlent de nous-mêmes : de l’échelle du monde, de la notion de milieu et de notre place au sein de l’univers. La pensée de ­Pascal sur les deux infinis s’enracine ainsi dans le corps du ciron, cette microscopique bestiole, quand La Fable des abeilles, de Mandeville, ­annonce que les vices privés contribuent au bien public… Alors que la perfection de la toile de la solitaire araignée fournit à certains la preuve de l’existence d’un Dieu géomètre, les colonies d’insectes montrent à d’autres que l’individu échoue seul là où le collectif peut réussir. Parallèlement à sa lecture des textes naturalistes et entomologiques consacrés à ces mini-animaux rois INSECTEdu mimétisme et du camouflage, Jean-Marc Drouin se passionne pour les différentes visions politiques qu’ils ont inspirées : abeilles monarchistes et fourmis républicaines ; insectes communistes ou anarchistes ! Ni proches de nous comme les mammifères, ni radicalement autres comme les végétaux, comme le note l’auteur, les insectes, petits et fragiles, restent néanmoins toujours dans le domaine du visible.

De cette place fertile, l’historien et philosophe de l’art Georges Didi-­Huberman fait aussi son miel : après les lucioles et les phasmes, il considère aujourd’hui les phalènes, ces papillons nocturnes qui apparaissent dans l’obscurité et viennent se consumer sur une flamme. Cette captivante fugacité fonde tout un art de l’apparition : l’apparition comme seul « réel » de l’image. Le penseur tisse, encore une fois, une relation libre aux images toujours papillonnantes, à leur beauté et à leur mystère, « inlassable nécessité de leurs apparitions, perpétuelle métamorphose de leurs apparences » [...]. Papillons, donc : insectes psychiques, animaux de nos peurs et de nos désirs, images errantes de nos rêves, de nos fantasmes, de notre pensée. »

LIVRE

19 février 2017

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18 février 2017

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18 février 2017

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15 février 2017

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14 février 2017

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