15 janvier 2017

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Le Druidisme, une Voie au XXIème Siècle

 

Dans les pays du nord ou, du moins, en Europe, dans nos sociétés très industrialisées, l’être humain est coupé… Coupé de la nature et coupé de sa propre nature. L’évolution historique des pays occidentaux a montré une désertion progressive des valeurs profondes, intérieures, intuitives avec lesquelles nos ancêtres étaient naturellement connectés du fait de leur relation proximale avec la nature, les plantes, les arbres, les animaux, la terre, les étoiles, en fait, avec tout l’univers. Sans tomber dans l’idéalisation naïve de nos ancêtres, force est de constater que nous n’avons jamais été aussi loin de la nature qu’aujourd’hui, à preuve les désastreuses dégradations que nous avons apportées à la planète. 

En fond de vallée, les Moulins de Kerouat sont un ensemble bâti entre le XVIIe et le XXe siècle. Ce village de meuniers, inhabité depuis 1965, est un témoignage de la vie rurale d’autrefois.

Dans un premier temps, l’extension de l’Empire Romain a contribué à l’expansion de la pensée rationnelle. Celui-ci a apporté certaines particularités qui sont généralement vues comme bonnes et, en fait, comme une marque de civilisation : la structure étatique et la culture politique, l’organisation administrative ou encore la pensée philosophique, etc. 

Toutes sont des valeurs basées sur une approche masculine de la vie : organisation, ordre, ce qui peut parfois être déconnecté d’avec les sentiments, l’instinct, le coeur… Nous pouvons aussi regarder cet «apport» sous un autre angle. Par exemple, avec la romanisation des moeurs, les femmes ont commencé à perdre le haut statut qu’elles avaient dans la société celtique et nous pouvons voir ce phénomène comme un signe de l’éclipse de la part féminine de la psyché, l’anima, avec toutes les conséquences dramatiques que cela aura. Bien sûr, nous ne pouvons pas dire que cette évolution est complètement, entièrement «mauvaise», mais seulement qu’elle a produit des effets plutôt difficiles. 

Dans un second temps, le développement de la religion chrétienne a aussi contribué à produire un certain nombre de conséquences négatives. Les femmes furent diabolisées au point d’être brûlées comme “sorcières”, les sages-femmes furent aussi accusées d’être toutes dévouées à “Satan”, les guérisseuses également, ainsi toute une tradition de femmes sages fut presque perdue et la connaissance des plantes guérisseuses dévaluée ; les valeurs féminines furent bannies de la civilisation et les femmes furent reléguées à l’unique rôle de mère, à l’instar de la «pure» image de la mère du Christ. L’état de femme fut assimilé à l’instinct compris comme quelque chose de bas et de vil, et celui-ci fut donc considéré comme «sale». La seule sécurité pour les femmes résidait dans le modèle de Marie, mère du Christ. 

Notre nature animale fut forcée au bénéfice de la Raison. En fait, c’est toute notre relation avec la nature et notre nature, donc conséquemment notre vie spirituelle qui fut bannie pour de nombreux siècles au profit de valeurs matérialistes. C’est dans ce contexte que l’industrialisation des sociétés a émergé : une société dans laquelle toute chose peut être achetée, même la vie, notamment la vie humaine, si cela  société dans laquelle la vie humaine, animale et végétale ou minérale n’a plus aucune valeur ; une société dans laquelle nous pouvons abuser et détruire la beauté de la vie, la beauté de la planète, sans aucun scrupule. 

Tout cela a de nombreuses mauvaises conséquences, pour la planète, pour nous. La planète est en danger à cause de l’utilisation abusive de ses ressources : les forêts sont détruites (par exemple à coup de napalm, comme en Tasmanie !), les océans sont pleins de détritus, de nombreux écosystèmes ont disparu, la diversité des animaux, des plantes, est menacée… L’état écologique global de la planète est désastreux. Il y a un système économique mondial qui est basé sur des valeurs manifestement non écologiques. 

L’être humain est aussi en danger. De nombreuses personnes sont si loin de leur âme que les dépressions sont fréquentes, tout comme le suicide. Les troubles mentaux sont en constante augmentation. Les êtres humains éprouvent de la haine, ou encore de la crainte, envers leurs semblables. Alors, c’est un constat terrible et cette terrifiante réalité fait que de nombreuses personnes sont pessimistes, désespérées, cyniques. Certaines préfèrent le suicide ; d’autres fuient dans la vie uniquement superficielle et matérielle qui est la leur, incapables de contacter ce qu’il y a de plus profond en eux ; d’autres encore cherchent des solutions, aspirant à un nouvel enchantement du monde. 

C’est ce dernier point qui nous intéresse. Car Jung parle des archétypes pour tout ce qui organise la structure, l’entier processus de la psyché de l’être humain. L’archétype peut être comparé avec la vie instinctive des animaux ; ils sont source de vie instinctive et spirituelle. L’inconscient collectif est formé des archétypes. L’inconscient collectif – ou inconscient impersonnel – est cette part de l’âme qui reçoit une réalité objective. Ses compétences et ses souvenirs se transmettent génétiquement. 

Conséquemment, dans nos pays du nord-ouest, la séparation entre l’être humain et l’âme du monde (l’inconscient écologique) et avec sa propre nature s’est accordé avec l’expulsion de notre mémoire génétique, de notre inconscient collectif. Aujourd’hui, tous les «revivalismes» néo-païens – druidisme, wicca, asatrù, etc. – et néo-shamaniques sont la manifestation de la psyché primitive, dans le but de se reconnecter avec la nature et de croître sur le plan d’une maturité psychologique et religieuse : 

«Nous sommes au commencement d’un mouvement spirituel mondial – dans lequel femmes et hommes s’entraînent à diverses traditions shamaniques, insistent sur leur droit à pratiquer ouvertement les rituels des anciennes religions aussi bien que la médecine alternative afin de restaurer eux-mêmes un équilibre sain avec le monde autour d’eux». 

 wican

Nous faisons face à la nécessité de nous ré-harmoniser avec nos origines, avec le matin du monde, quand nous étions en conscience une part de l’univers interdépendant et quand nous respections – toujours sans tomber dans l’idéalisation – son âme, ses esprits dans le cadre de croyances animistes. 

Le druidisme peut nous apporter cette conscience. Je le pense parce que je l’expérimente depuis quelques années. Le druidisme peut nous aider à guérir la planète et à soigner notre corps et notre esprit. Avec son profond respect de la nature, il peut nous amener à une meilleure relation avec notre environnement, ne serait-ce qu’en observant les huit festivals qui jalonnent l’année celte et nous ré-harmonisent avec le rythme de la terre. Par la connexion avec nos grands ancêtres, nous pouvons nous reconnecter avec l’inconscient écologique et, finalement, avec tous les archétypes du druidisme.

Alors notre vie devient le chant de l’univers. Parmi les paganismes, je ne peux parler que du druidisme, car c’est le seul que je connaisse de l’intérieur. Je suis persuadée que toutes les religions de la terre – comme nous les nommons désormais – ont ce pouvoir de nous aider à nous guérir de la coupure avec la nature et notre nature et qu’elles sont de ce fait fondamentales pour nos temps présents et je souhaite du fond du cœur que tous les païens d’aujourd’hui,  et notamment les femmes, prennent conscience du pouvoir qu’ils ont entre les mains du fait de cette sensibilité à la nature. Une seule personne, si elle est déterminée, peut toucher de nombreuses autres personnes, telle une vague, et créer quelque chose de différent pour demain. 

Par les neuf vagues Loar Zour

Barbara Tedlok, Ph.D., “The woman in the shaman’s body”, Bantam Books, p.281 ; traduction Loar Zour.

14 janvier 2017

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Les Traditions du Printemps

 

 

équinoxeL’équinoxe de printemps, autour du 21 mars, est la période après l’hiver au cours de laquelle la durée du jour est égale à celle de la nuit. En Europe, c’est le moment où la nature s’éveille.  Il est aussi nommé Alban Eilir, Eostar, Eostre, la Fête des arbres, la Fête de la Dame, NawRuz, No Ruz, Ostara, Ostra et Rites de Printemps. Les traditions de cette période ont souvent été associées à Pâques avec la christianisation. 

Ostara vient du nom de la Déesse Eostre, d’où le mot anglais Easter (Pâques) tire son origine. Celle-ci est une Déesse de la fertilité saxe (Eostre) ou germanique (Ostara). Ostara pourrait également dériver du mot germain «Ost» ou «Est», en référence à l’aube et à la vie renouvelée. Les célébrations de l’équinoxe de printemps sont très anciennes, comme le suggère le site mégalithique de Loughcrew en Irlande. Il s’agit d’une tombe à couloirs datant du IVème millénaire avant notre ère, dont le passage est illuminé par le soleil levant (en cas de beau temps…) les jours d’équinoxes. 

Les païens actuels célèbrent ce sabbat en faisant sonner des cloches, décorant des oeufs, plantant des graines, s’occupant du jardin rituel ou non, faisant un grand nettoyage de printemps (physique et spirituel) etc. 

tradition du printemps

Le retour de la Lumière

L’équinoxe marque le passage de la période sombre à la période lumineuse, c’est à dire celle où les jours sont plus longs que les nuits. Les coutumes païennes veulent que l’on allume des feux pour symboliser la libération de l’obscurité hivernale, le renouveau de la vie et la protection des récoltes.

Les Gaulois auraient honoré à cette période le Dieu Grannos en allumant des feux. 

Le Schieweschlawe est une fête païenne solaire de l’équinoxe de printemps pratiquée dans le nord de l’Alsace (Schiewackefier), le Sud de l’Allemagne (Scheibenschlagen) et en Suisse alémanique (Schiibeschlage). Le Schieweschlawe désigne le «lancer de disque» : au bout d’une baguette flexible de châtaignier, on fixe un petit disque en bois de hêtre de 10 cm de diamètre percé d’un trou central. Le disque est plongé dans les braises d’un bûcher. Lorsque les bords amincis commencent à brûler, on le retire. Le lanceur se dirige vers une pierre plate inclinée vers la vallée, décrit plusieurs moulinets en l’air puis frappe le disque sur la pierre. La rondelle de bois se détache et décrit une trajectoire lumineuse dans le ciel. Selon la croyance ancienne le feu chasse les mauvais esprits des ténèbres et permet de s’attirer la prospérité pour la saison à venir.

 le printemps

À Aubusson, dans la Creuse, les ouvriers tapissiers jetaient les «veillées à l’eau» en faisant flotter au fil de l’eau un petit bateau ou une planche garnie de chandelles allumées. Une fois les lumières disparues à l’horizon, les veillées étaient considérées comme terminées et l’assemblée fêtait cet événement par de copieuses libations. Cette coutume persista jusqu’en 1914. 

En Moselle, à Metz et dans les environs, les enfants font flotter des coquilles de noix garnies de mèches imprégnées d’huile et allumées, en les accompagnant de l’air «Il était un petit navire». Dans les Ardennes, c’est un sabot chaussé d’une chandelle que l’on désigne par l’expression «mettre à l’eau le piton» ou «noyer le couperon», le couperon étant la lanterne à huile des soirs d’hiver. 

A Gerardmer et à Fraize dans les Vosges, le 11 mars au soir, on sculptait dans une grosse rave une tête de mort que l’on illuminait intérieurement et le jour précédant l’ultime veillée de la saison, on l’installait sur une fontaine où les jeunes gens s’escrimaient à la faire choir avant d’avoir reçu le seau d’eau que des gardiens invisibles et placés à l’affût, réservaient aux joueurs maladroits. 

En Bulgarie le 25 mars était la fête appelée «Blagovetz» ou encore «Blagovechtenie». Le rite principal était d’allumer un grand feu. Les garçons sautaient par-dessus le feu pour se préserver en été des piqûres et morsures des serpents et des lézards. Les femmes faisaient du bruit avec une pince à feu, un tisonnier ou d’autres objets de ferrailles, en tournant dans tous les coins du jardin, pour que les serpents et les lézards qui, selon la croyance, sortaient ce jour de leur cachette d’hiver, se sauvent de la maison.

Elles disaient :»Courez les serpents et les lézards, parce que les cigognes arrivent». 

Les vertus de l’eau printanière

L’eau de la rosée et des ruisseaux est traditionnellement collectée à l’équinoxe de printemps. On dit que se laver avec cette eau rend la jeunesse. Selon Grimm, on pouvait voir à Osterrode une jeune fille blanche avec un gros trousseau de clé à sa ceinture se laver dans le ruisseau. Les aspersions d’eau sont fréquentes à cette époque de l’année. La tradition païenne de bains dans l’eau, appelée Dyngus en Pologne, est censée avoir un effet purificateur, prévenir des maladies et favoriser la fertilité. Par conséquent on aspergeait volontiers les jeunes filles à marier mais aussi les animaux domestiques ou même la terre. Autre tradition païenne polonaise liée à l’arrivée du printemps : la noyade de Marzanna, Déesse slave de la mort et du froid. Une effigie de la Déesse, souvent en paille et vêtue de vêtements féminins était battue, traînée au sol et enfin jetée dans une rivière ou un lac par les enfants le premier jour du printemps. 

Renaissance de la végétation

végétationLes grecs célébraient le retour de Dionysos ou de Perséphone, accompagné du renouveau de la végétation. Dans la Rome antique on fêtait le 17 mars Liberalia, les libérales, qui s’apparentent aux usages que l’on retrouve actuellement en Pologne, en Roumanie, en Yougoslavie et en Ukraine. Ainsi on jette ou jetait un gâteau composé de miel, de farine et d’huile dans le foyer d’un autel consacré à Bacchus ou son équivalent, avec une liqueur, pour obtenir la fertilité de la vigne et du blé. 

A Rome, fin mars, les fidèles du Dieu Attis célébraient «l’entrée de l’arbre». Les porteurs d’arbres (« dendrophores») apportaient au temple un pin coupé et décoré qui représentait le cadavre d’Attis. Il était longuement adoré et pleuré puis mis au tombeau le 24 mars, «Jour du Sang», avec un cérémonial sanglant. Les fidèles et les «galles» dansaient frénétiquement au son des tambourins et des trompes, en se lacérant pour éclabousser de sang le pin sacré et ses abords. Des fanatiques se castraient alors avec des éclats de silex mis à leur disposition. Marqués au fer rouge, ils s’en allaient en ville jeter cette «moisson du dieu Gallos» en une quelconque maison dont les habitants devaient alors les nourrir et les vêtir d’habits féminins. La nuit suivante (Hilaries) préparait la résurrection d’Attis. 

Encore aujourd’hui en Finlande, les enfants sèment dans des assiettes des graines de «ray-grass» qu’ils font pousser au bord des fenêtres. Ils disposent aussi des branches de saule dans des vases remplis d’eau pour les faire bourgeonner. 

Dans les années 1980, une ancienne coutume remise au goût du jour devint un véritable phénomène de mode chez les jeunes finlandaises et suédoises : déguisées en sorcières elles font la tournée des voisins avec des branches de saule décorées qui portent chance, les échangeant contre des friandises.

La tradition de bénédiction du buis ou du laurier est plus ancienne que le christianisme et se pratique encore, même si la bénédiction ne vient plus des mêmes divinités. Ces branchages sont utilisés comme des talismans, on les accroche au mur ou dans une armoire jusqu’à l’année suivante.

L’Osterbaum, «l’arbre de Pâques» est une vieille tradition allemande pour célébrer le retour du printemps : les branches d’arbres sont décorées de coquilles d’oeufs décorées. 

La croyance est que l’arrivée des hirondelles et des coucous ce jour annonce la fin de l’hiver et l’arrivée du printemps. En Bulgarie les filles passaient de maison en maison en chantant des chansons sur le coucou, qui racontent comment il est arrivé et quelle nouvelle il apporte. Selon la tradition, on veille à avoir de l’argent dans la poche parce que si on entend le coucou pour la première fois de l’année coucouler, on aura alors du bonheur toute l’année.

 les ballons

Le trèfle

Le trèfle est arboré traditionnellement par les Irlandais à la Saint-Patrick, le 17 mars.

Les feuilles vertes trilobées du printemps que l’on retrouve lors de la cérémonie druidique comme dans la boutonnière irlandaise à la Saint-Patrick, nous ramènent donc, non seulement au Dieu solaire et à la doctrine de la Trinité, mais aussi à l’enseignement de l’Awen et au concept de la Déesse triple.

L’oeuf : symbole de renaissance

La symbolique de l’oeuf est très riche. Il apparaît comme un des symboles du renouveau périodique de la nature.

La naissance du monde à partir d’un oeuf est une idée commune aux Celtes, Grecs, Finnois, Égyptiens, Phéniciens, Cananéens, Tibétains, Hindous, Vietnamiens, Chinois, Japonais, aux populations sibériennes et indonésiennes, et à bien d’autres encore. Déjà, les anciens égyptiens et romains offraient des oeufs peints au printemps en symbole de la vie et de la renaissance à la Déesse Mère (Vénus, Isis, Sémiramis…). À l’époque pharaonique, on écrivait en couleurs des voeux sur les oeufs puis on les déposait le soir dans un panier qui, au matin était inondé par les bienfaits de Ra, le soleil. 

En Roumanie et en Estonie, le soleil naît d’un oeuf.

Les oeufs sont un plat traditionnel de Pâques. Dans certaines régions, les coquilles d’oeuf et restes de gâteaux sont jetés dans une rivière pour nourrir les esprits. 

Le lièvre : symbole de fertilité et de régénération

Le lièvre, fertile reproducteur, personnifie l’aube, l’est, la blancheur, la lune, le devenir. Dans les cultures païennes, mésopotamiennes, druidiques et scandinaves, le lapin est le symbole du savoir fondamental (inconnu des hommes), de la régénération et du sacrifice. Le symbole du printemps («spring» en anglais) bondit («spring» en anglais) ! Le nom latin du lièvre Lepus donne le verbe anglais to leap, synonyme de to spring signifiant bondir et donnant le terme anglais offspring (la descendance) dont l’ancienne orthographe était of Spring. 

Le lièvre est le compagnon des Déesses de la fécondité : Vénus chez les Romains, Ôstara en pays Germanique, Easter en pays Saxon. En Grande-Bretagne, à la fin de la récolte, on coupait le lièvre en gage de fertilité : on fabriquait une poupée en épi de blé et on l’enterrait au printemps. Pline l’Ancien recommandait la viande de lièvre comme remède à la stérilité et pour accroître l’attirance sexuelle. On retrouve des représentations de lièvres mangeant des grappes de raisin et des figues sur des tombes grecques et romaines, où ils symbolisent la transformation et le cycle de vie, mort et renaissance. Comme Robert Graves le fait remarquer dans son livre La Déesse Blanche, on retrouve des traces de lièvres tués le vendredi de Pâques jusqu’en 1620 de notre ère.

fêter le printemps

Rituels et superstitions

Dans l’Écosse du XIIème siècle, on fit comparaître un curé devant l’évêque pour avoir célébré la semaine pascale «selon les rites de Priape». Il était accusé d’avoir réuni les jeunes femmes du bourg et de les avoir encouragées à danser autour d’une pierre levée dont l’apparence était ostensiblement phallique, et ceci tout en chantant. 

Dans certaines campagnes les hommes faisaient circuler dans la maison une chaise décorée de verdure, de fleurs, et de rubans. Chaque femme de la maisonnée s’asseyait sur cette chaise, et on la soulevait dans l’air. Parfois aussi on lui aspergeait les pieds d’eau à l’aide d’un bouquet de fleurs, et celui qui l’offrait, revendiquait un baiser en guise de récompense. En Bulgarie on perce les oreilles des petites filles pour mettre des boucles d’oreille parce que ce jour-là elles auraient moins de douleur et la cicatrisation se ferait plus vite. En Grande Bretagne, les vieilles superstitions recommandent de porter un vêtement neuf le jour de Pâques pour porter chance tout au long de l’année à venir. Les oiseaux puniraient ceux qui portent de vieux habits en lâchant des décorations des airs ! 

Feu de Pâques à Helsinki, © Anneli Salo

12 janvier 2017

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Le Houx : Le pèlerin des jours sombres

Arbre de Noël par excellence, le Houx est lié aux jours sombres, aux tourbillons glacés de l’hiver. Il orne les tables des solstices dont il est le souverain attitré. Lui qui règne sur les jours décroissants, défie les rigueurs hivernales où il symbolise persistance et longévité. En cela, il est fort semblable aux conifères qui, comme lui, ne perdent pas leurs feuilles en hiver. A cette différence notable qu’il est, quant à lui, une plante à fleurs. Il n’est pas la seule d’entre elles néanmoins à porter des feuilles persistantes, loin de là. Mais il faut admettre toutefois que parmi elles, il demeure celui dont on garde les feuilles pour célébrer l’hiver. 

le houx

 L’hiver est une saison délicate pour la plupart des animaux et des plantes. Le gel tue. La neige égare. Le froid pousse quantité d’espèces à hiberner ou chasse certains oiseaux vers des terres plus clémentes. Ne perdant pas ses feuilles en cette saison, le Houx incarne le sage puissant, avançant prudemment dans la neige, couvert de ses fourrures, connaisseur des refuges nourriciers, des dangers des jours sombres et des moyens de les déjouer. C’est que le Houx est un stratège. Il suffit de contempler ses branches pour s’en convaincre. L’avez-vous remarqué ? Seules les branches basses portent des feuilles piquantes. Ce sont elles, en effet, qui sont le plus l’objet de la dévoration des herbivores qui trouveraient en elles une nourriture fort appréciée parce que rare en hiver. Les branches du haut arborent par contre des feuilles bien lisses, sans aucun piquant, car il est vrai que très peu de girafes parcourent les bois d’Europe. Cette stratégie porte le nom d’hétérophyllie et constitue un réel moyen de défense pour cet arbre.

Le Houx est donc bien davantage qu’un arbre des jours sombres. Il exprime la nécessité de s’y défendre. Quand les conditions sont moins favorables, que la nourriture vient à manquer, que les temps sont moins cléments, il faut bien se défendre. C’est cette défense que le Houx incarne. Le voyageur des terres hivernales garde lui sa dague, son coutelas, n’importe quoi. Pourvu qu’il puisse sauver sa peau. 

La médecine du Houx est celle de la survie. Dans les jours les plus sombres de nos existences, nous pouvons faire appel à sa sagesse et développer nos moyens de défense. Le Houx est un guerrier. Il n’est pas généreux de ses feuilles, ni de ses fruits (qu’il est d’ailleurs déconseillé de manger). Toutefois, il ne s’agit pas de dégainer contre tout et n’importe quoi, n’importe quand et n’importe comment. L’hétérophyllie du Houx est un moyen de défense sélectif, déployé sur des branches précises et à des fins précises. Avant de nous défendre, demandons-nous d’abord si le moyen envisagé est adapté et si la cause le vaut. Si le Houx enseigne la survie et l’autodéfense, en aucun cas il n’encourage l’agression gratuite, l’utilisation démesurée de moyens de défense, ni un combat stérile. On le voit, certaines plantes, témoignent de leur médecine à ceux qui savent ouvrir leurs yeux. Le Houx ne fait aucun mystère de ses aptitudes. C’est l’arbre du pèlerin s’aventurant sur les plaines hostiles. Et en cela, il est un allié puissant.

Retrouvez les articles de Fed Lefaune sur http://sentierdesfaunes.canalblog.com

 

le houx 3Un lieu planté de houx s’appelle une houssaie ou une houssière, avec le suffixe latin -etum, au féminin -eta et graphié -ey /-ay (masculin) ou -aye (féminin) qui sert à désigner un lieu planté d’arbres appartenant à la même espèce ou avec le suffixe -ière, suffixe de localisation à l’origine.

En France du nord (de langue d’oïl), ce nom est fréquent en toponymie pour désigner des communes et des lieux-dits avec diverses variantes : La Houssaye, La Houssoye, Houssay, Housseras, Housset, Houssière, Oussières…

En France du sud (de langue d’oc ou francoprovencale) et au sud du domaine d’oïl, on trouve des Agresle (en Brionnais), AigrefeuilleArfeuilArpheuillesGrandfuel (en Aveyron) ou Griffeuille (un quartier de la ville d’Arles), avec des graphies et des phonétiques plus ou moins francisées.

La particularité botanique du houx est d’être dioïque, c’est à dire qu’il y a des houx mâles et des houx femelles. Seules les formes femelles portent les fameuses baies décoratives si appréciées au moment de Noël. Les sujets mâles ont de belles feuilles dotées de piquants. Les sujets femelles ont des feuilles arrondies, mais les arbustes se couvrent de fruits. La fleur de houx n’étant pas particulièrement spectaculaire, il n’est pas évident de déterminer si la plante est mâle ou femelle. De plus, en magasin, l’information est rarement précisée. La solution la plus sure est d’acheter un sujet portant des fruits. Les fruits de houx apparaissent à la fin de l’automne et ne sont pas forcément rouges. Il existe des formes oranges, jaunes ou noires.

Attention, sauf pour certains cultivars (‘JC van Tol’, ‘Alaska’), il est donc nécessaire d’associer pieds mâles et femelles pour obtenir des fruits. 

Le houx contient dans son feuillage ainsi que dans ses fruits des alcaloïdes toxiques, notamment de l’ilicine. La consommation des fruits risque d’entraîner des vomissements et des troubles digestifs, voire, si la quantité est plus importante, des troubles neurologiques. Il faut veiller à ce que les jeunes enfants ne soient tentés de manger ces fruits souvent présents dans les maisons pendant les fêtes de fin d’année.

Toutefois, cette plante fut employée autrefois en médecine populaire, tant par voie externe pour son pouvoir résolutif (sous forme de cataplasmes de feuilles fraîches broyées) ou par voie interne pour son pouvoir fébrifuge (sous forme de décoction de feuilles ou de macération dans du vin). Dans certaines régions d’Europe, comme l’Alsace, de l’alcool blanc est produit à partir de fruits fermentés et distillés.

le houx 1L’écorce interne du houx servait à préparer la glu, substance visqueuse employée pour piéger les oiseaux.

Jacques-Christophe Valmont de Bomare décrit la prépération de la glu :

« Les Anglois font, de la maniere suivante, avec de l’écorce de houx la glu propre à prendre les oiseaux à la pipée. Au mois de Juin et de Juillet on pele une certaine quantité d’arbres de houx dans le temps de la sève, on jette la première écorce brune et on prend la seconde; on fait bouillir cette écorce dans de l’eau de fontaine pendant sept ou huit heures, jusqu’à ce qu’elle soit attendrie: on en fait des masses que l’on met dans la terre et que l’on couvre de cailloux, en faisant plusieurs lits les uns sur les autres, après avoir préalablement fait égoutter toute l’eau: on les laisse fermenter et pourrir pendant quinze jours ou trois semaines, jusqu’à ce qu’elles se changent en mucilage: on les retire et on les pile dans un mortier, jusqu’à ce qu’on puisse les manier comme de la pâte; après cela on les lave dans de l’eau courante, et on les pétrit pour enlever les ordures: on met cette pâte dans des vaisseaux de terre pendant quatre ou cinq jours, pour qu’elle jette son écume & qu’elle se purifie; ensuite on la met dans un autre vaisseau convenable, et on la garde pour l’usage. La meilleure glu est verdâtre, et ne doit point avoir de mauvaise odeur. »

« Comme les espèces de glu, notamment celle de houx qui passe pour la meilleure, perdent promptement leur force, & qu’elles ne peuvent servir à l’eau, on en a inventé une sorte particulière qui a la propriété de souffrir l’eau sans dommage. Voici comme il faut la préparer : joignez à une livre de glu de houx bien lavée & bien battue, autant de graisse de volaille qu’il est nécessaire pour la rendre coulante; ajoutez-y encore une once de fort vinaigre, demi-once d’huile & autant de térébenthine; faites bouillir le tout quelques minutes à petit feu, en la remuant toujours, & quand vous voudrez vous en servir, rechauffez-le: enfin, pour prévenir que votre glu se gèle en hiver, vous y incorporerez un peu de pétrole. Cette glu est non-seulement propre à prendre les oiseaux, mais elle sert aussi à sauver les vignes des chenilles & à garantir plusieurs plantes particulières de l’attaque des insectes »

Autres usages

·         Le bois de houx est un bois peu courant car il est rare que l’on coupe des arbres bien formés. C’est un bois néanmoins apprécié des maquettistes, des marqueteurs et des tourneurs, en particulier pour la fabrication des pièces blanches des jeux d’échecs. Il est dense, à grain fin et de couleur très blanche et relativement facile à travailler. Le plus célèbre objet en bois de houx est la canne de marche de Goethe, visible au musée de Weimar.

  • Grâce à ses fruits persistants durant l’hiver, le houx est une espèce précieuse pour certaines espèces d’oiseaux qui s’en nourrissent, comme les merles noirs, les grives et les pigeons ramiers.
  • Sa forme buissonnante est intéressante également pour former un couvert à gibier dans les bois.
  • Le houx, associé parfois au hêtre que l’on plessait, servait dans certaines régions de France à réaliser des haies de clôture naturellement infranchissables par le bétail.
  • L’élixir floral préparé à partir des fleurs du houx est connu sous l’appellation anglophone Holly. La méthode de préparation est l’eau florale ébullisée. Cet élixir est censé ré-harmoniser les états d’esprit négatifs tels la haine, la jalousie, la malveillance, l’envie, la suspicion, la cupidité, la vengeance.

Le symbole de Noël

le houx 2Les baies rouges nous rappellent la magie de Noël et le regard émerveillé des enfants. C’est d’ailleurs la plante la plus souvent représentée pour illustrer les fêtes de fin d’année. Mais le houx est intéressant au jardin tout au long de l’année. Persistant, résistant, il supporte le froid, les embruns et la pollution. Vert sombre ou panaché, baies rouges, oranges ou jaunes. Les branchages de houx avec leurs baies rouges sont largement utilisés en décoration au moment des fêtes de Noël. Le houx commun est parfois concurrencé dans cet usage par une espèce voisine, le houx verticillé (Ilex verticillata), originaire du nord-est de l’Amérique, aux baies rouges plus nombreuses et plus attrayantes.

Pour les chrétiens, le houx est en effet spécifiquement associé à la naissance de l’Enfant Jésus. Selon un des Évangiles, le roi Hérode chercha à massacrer les nouveau-nés juifs de la bourgade de Bethleem (la vraie, celle qui se trouve en Galilée) pour éliminer celui que les textes prophétiques annonçaient comme le roi des juifs, Marie, Joseph et l’enfant s’enfuirent en Égypte. Selon une légende populaire, à l’approche d’une troupe de soldats, ils se cachèrent dans un buisson de houx, qui, dans un élan miraculeux, étendit ses branches pour dissimuler la Sainte Famille derrière son épais feuillage épineux. Sauvés, Marie bénit le buisson de houx et souhaita qu’il restât toujours vert en souvenir de sa protection et comme symbole d’immortalité.

Langage des fleurs

  • Dans le langage des fleurs et des plantes, le houx est le symbole de l’insensibilité.

10 janvier 2017

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Les origines du Hêtre

 

le hetreLe nom latin du hêtre, fāgus, a donné dans les langues romanes : fou en ancien français, faggio en italien, haya en espagnol, etc. Les Germains ont utilisé des bâtonnets en bois de hêtre pour écrire les runes, d’où l’all. Buchstabe « lettre », mot-à-mot « bâton de hêtre », et Buch « livre », même apparenté entre l’angl. beech « hêtre » et book « livre », le néerl. beuk « hêtre » et boek « livre ».

Parmi les arbres d’Europe tempérée, le hêtre commun se reconnaît facilement à son écorce mince et lisse qui persiste ainsi tout au long de la vie de l’arbre. La surface du tronc est régulière, contrairement au Charme (Carpinus betulus) dont l’écorce est également lisse mais la surface cannelée. Elle devient légèrement rugueuse (présence de petites fissures) chez les vieux sujets. Très exceptionnellement, certains individus décrits comme Fagus sylvatica f. quercoides peuvent développer une écorce crevassée -un rhytidome- dont la survenue semble d’origine traumatique car non génétiquement transmissible.

L’écorce est normalement de couleur gris noirâtre, mais elle apparaît souvent recouverte d’une fine croûte de lichens qui donnent au tronc une teinte gris argenté caractéristique. Sous climat humide, la végétation épiphyte du tronc et des branches peut être plus exubérante, et se composer de lichens fruticuleux ou foliacés, de mousses, de petites fougères… Dans certaines régions, ou sous l’effet de la pollution atmosphérique, les lichens peuvent au contraire être remplacés par une pellicule verte d’algues microscopiques

 ORIGINE DU HETRE

 Le hêtre commun est une espèce monoïque : un même arbre porte les deux sexes sur des fleurs différentes. La floraison intervient en avril ou mai, juste après la feuillaison : les bourgeons floraux, plus larges (4 à 5 mm) que les bourgeons végétatifs dont ils sont issus par induction florale, évoluent en fleurs lorsque le hêtre est âgé de 40 à 50 ans en milieu ouvert, 60 à 80 ans en peuplement dense. Les fleurs mâles, à huit étamines chacune, sont disposées (en moyenne 15 par inflorescence) en chatons globuleux (ces chatons d’abord jaunes puis bruns sont constitués d’épis de cymes triflores) à l’extrémité d’un long pédoncule pendant de 2 cm sur un jeune rameau ; les fleurs femelles vertes, situées dans les aisselles foliaires des rameaux de l’année (près de la zone apicale), sont réunies par deux, plus rarement trois ou quatre, dans une enveloppe florale, un involucre hérissé de pointes molles, au bout d’un pédoncule pubescent court et dressé. Fleurs mâles et femelles sont dépourvues de pétales, les sépales fusionnés forment des écailles qui forment 4 à 6 lobes sur les périanthes mâles, 6 lobes sur les périanthes femelles.

FAINESLes faînes sont les fruits du hêtre. Elles ont la forme d’un tétraèdre à base bombée, de couleur brune, à surface vernissée ; elles ressemblent à de minuscules châtaignes triangulaires. Chaque faîne contient en général une seule graine, sans albumen, dont les cotylédons pliés en accordéon servent de tissu de réserve nourricière pour la future plantule.

Elles sont enfermées par deux, parfois trois ou quatre, dans une cupule ligneuse hérissée d’épines recourbées molles, issue de la condensation de l’involucre floral. Celle-ci, qu’autrefois certains appelaient « brou », s’ouvre par quatre fentes, parfois trois, pour former autant de valves.

Les faînes sont des fruits secs riches en lipides et glucides. Elles sont comestibles, mais les tanins les rendent légèrement astringentes et toxiques pour l’homme si elles sont consommées en quantité. Elles sont très appréciées des rongeurs (écureuils, mulots, loir, muscardin, campagnols…), des blaireaux, des sangliers et des oiseaux (pigeons ramiers, pinsons, pics…) qui participent à leur dissémination (dyszoochorie) lorsqu’elles sont tombées au sol

Peu difficile quant à la nature du sol, le hêtre affectionne des terrains calcaires ou légèrement acides. Il peut s’accommoder de sols superficiels. Ainsi, le trouve-t-on plus volontiers à flanc de coteau qu’au fond d’une cuvette argileuse.

Il résiste bien aux froids rigoureux en hiver, mais il est très sensible aux gelées de printemps.

FAINESEn France, le hêtre est représenté, plus ou moins abondamment, sur l’ensemble du territoire métropolitain, sauf dans la plaine du Bassin aquitain et dans les plaines et collines des zones méditerranéennes. Les plus belles hêtraies de plaine sont celles des forêts domaniales de Picardie et de Haute-Normandie : forêts de Crécy ou de Compiègne, forêts d’Eu, de Lyons ou d’Eawy. Le hêtre est aussi une essence commune des collines de Lorraine, de Bourgogne et de Franche-Comté. Près de Nancy se trouve ainsi la vaste forêt de Haye à couvert de hêtre majoritaire. Dans toutes les montagnes françaises, le hêtre est présent et partage l’espace forestier avec les essences résineuses : épicéa, sapin ou pins. En région méditerranéenne, on ne trouve le hêtre qu’en altitude dans l’arrière-pays, où il peut former des peuplements relictuels comme en forêt de la Sainte-Baume.

Le hêtre constitue aussi un marqueur important du paysage rural traditionnel du pays de Caux en Haute-Normandie où les clos masures étaient entourés, pour 50 % d’entre eux environ, de hêtres.

Consommation des faînes

Les faînes peuvent être consommées grillées, à la manière des châtaignes.

Les faînes servaient autrefois, comme les glands, à nourrir les porcs que l’on menait à cet effet en forêt. En période de disette, elles étaient consommées par les humains comme aliment d’appoint. On pouvait les faire bouillir comme des châtaignes ou les broyer pour en faire un beurre aux propriétés vermifuges ou parasiticides. Les graines, après avoir été mises à macérer dans l’eau pour en évacuer les tanins, pouvaient être également moulues en farine. Aujourd’hui, on utilise plutôt des faînes grillées comme amuse-gueule apéritifs ou garnitures de salades.

Consommation des faînesLes faînes sont réputées légèrement toxiques si elles sont consommées en grande quantité, en raison de la présence d’une substance que l’on a nommée «fagine». Absorbée en excès, celle-ci peut effectivement provoquer des troubles intestinaux, crampes ou diarrhées, ou des nausées. Il se trouve cependant que la fagine est en fait de la choline, une molécule indispensable au bon fonctionnement du système nerveux dont la carence est gravement néfaste, qui sert à prévenir ou à soigner certaines affections neurologiques comme les maladies de Tourette ou d’Alzheimer. L’agronome A. Fleury de la Roche en déconseille l’usage en raison de leur relative toxicité. Il en indique néanmoins l’usage alimentaire pour la production de l’huile réputée comestible. Cette huile est également propre à l’éclairage. Les tourteaux résiduels de la fabrication de l’huile sont utilisés pour l’alimentation des animaux de basse-cour mais toxiques pour les chevaux.

Les faînes contiennent 40 % de matières grasses. Elles étaient également pressées pour obtenir une huile comestible, a priori exempte de fagine et ne rancissant pas facilement. Cette huile pouvait être aussi utilisée pour l’éclairage. L’huile de faine contient de la tripalmitine et de la tristéarine mais elle est composée principalement de trioléine.

10 janvier 2017

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La vie du Hêtre

 

Nom scientifique : Fagus sylvatica (Fagaceae)

Anciens noms : Fau (fou) – Fayard (arbre à fées). En anglais et allemand (« ‘Beech » et « Buche »), on constate qu’ils ont donné la racine du mot livre (« book », « buch », « bok »…)

Gaélique : Phagos

Irlandais : Fáibhile

Breton : Faou

Gaulois : Bag – bago – bagos

Taille :10 à 40 m (parfois 45)

le hêtre

Habitat : Le hêtre pousse le plus souvent sur des sols argileux, bien aérés, temporairement humides mais peut se développer sur des éboulis caillouteux, riches en terreau fin. Il a besoin d’humidité pour sa croissance mais supporte mal des froids trop intenses. C’est l’un des feuillus les plus important que l’on retrouve fréquemment en Europe continentale (centrale et occidentale), depuis les Pyrénées jusqu’au Caucase (d’autres espèces que celle commune sont cependant présentes dans d’autres parties du monde telles l’Espage, l’Amérique, le Royaume-Uni,  l’Antarctique…). 

Longévité :150 – 200 ans (jusqu’à plus de 500 parfois)

Floraison : Avril-Mai

Fruits : Les faînes

Feuilles : Ovales (environ 10 cm de long pour 5 de large) 1

Ecorce : Grise argentée et lisse 

Utilisation : Usage médicinal :

L’écorce était utilisée avant comme tonique ainsi que comme fébrifuge.

La créosote (goudron), issue de son bois, est un désinfectant puissant pour les poumons – Les feuilles étaient appliquées sur les enflures et les ampoules. Mâchées, elles étaient censées soigner les gerçures aux lèvres et les douleurs aux gencives, en décoction ou application directes, c’était pour soulager les brûlures. 

En élixir de la gamme des fleurs de Bach, le hêtre est censé aider à cultiver la tolérance et l’acceptation des autres.

Légendes et histoire :

Les premiers manuscrits auraient été écrits sur de fines tablettes en bois de hêtre.

HETRE

Le hêtre était très fréquemment utilisé pour la divination, notamment des runes. Les germains utilisaient des branches qu’ils projetaient au sol avant d’y « lire » des augures selon les positions qu’elles adoptaient. Ce même peuple gravait des runes sur leur bois à des fins supposées de divination et de magie. 

Les romains considéraient cet arbre comme étant celui de Jupiter.

De nombreuses légendes tournent autour de ces végétaux majestueux. Son nom de fayard vient justement de l’étymologie « arbre aux fées ». En pénétrant dans une hêtraie, il est facile d’imaginer/ ressentir une atmosphère, surnaturelle, entre les temps et les mondes, d’où pourraient surgir toutes sortes de créatures féeriques. 

Symbolisme : Sagesse – Connaissance – Passé – écriture – Sérénité

En langage floral, ses feuilles indiquent la prospérité et le succès social. 

En magie et Chamanisme :

L’énergie du hêtre est idéale pour se plonger dans ses souvenirs et les connaissances du passé. Cependant, elle permet aussi d’apprendre à tourner la page. Ses racines s’étalent largement en un réseau concentré sans s’enfoncer  profondément. Pour être efficace sans creuser trop loin, apprendre à vivre le présent.

 

Acquérir vigueur, résistance et vitalité. Cet arbre n’est jamais envahi (ni par le lierre ni par le gui) et peut vous apprendre à faire respecter vos limites.

Pour exprimer son essence, faire confiance à ce que l’on est. S’accomplir sans lutte.

Acquérir maturité, force intérieure et stabilité émotionnelle. 

Symboles associés : L’ogham Phagos (Idho-Iubhar), la Rune Naudhiz (ainsi que Perthro, voir numéro précédent)

Divinités associées : Jupiter, Fées, Elfes, Baco (Gaulois)

7 janvier 2017

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