26 mai 2017

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Contemplation des arbres

 

arbre (2)

Le Bouddha dit à Ānanda et Vaidehī, « Quand vous aurez accompli la visualisation du sol, contemplez ensuite les arbres de joyaux. Voici comment faire. Visualisez chacun et formez ensuite une image de sept rangées d’arbres, chacun étant haut de huit mille yojanas et orné de fleurs et de feuilles faites des sept joyaux. Chaque fleur et feuille sont de la couleur de divers joyaux. Des fleurs couleur de béryl et des feuilles, se diffuse une lumière dorée.

Des fleurs couleur de cristal se diffuse une lumière pourpre. Des fleurs couleur d’agate se diffuse une lumière saphir. Des fleurs couleur de saphir se diffuse une lumière de perle verte. Le corail, l’ambre et tous les autres joyaux servent d’ornements éclairants. De splendides guirlandes de perles couvrent les arbres. Entre ces sept rangées de filets couvrant chaque arbre il y a cinq cents koṭīs de palaces ornés d’exquises fleurs, comme le palace du roi Brahmâ, où des enfants célestes demeurent naturellement.

Chacun de ces enfants porte des ornements fait de cinq cents koṭīs de pierres précieuses Sakra-abhilagna-mani, qui brillent à une distance de cinq cent yojanas dans toutes les directions, comme une centaine de koṭīs de soleils et lunes brillant de concert, tel qu’il est impossible de les décrire en détail. De multiples mélanges de joyaux, produisant les plus belles couleurs. Les rangées de ces arbres de joyaux sont arrangées de façon uniforme, et leurs feuilles sont espacées de façon égale. De l’intérieur des feuilles apparaissent des fleurs merveilleuses qui spontanément donnent des fruits faits des sept matières précieuses. Chaque feuille mesure vingt cinq yojanas de longueur et largeur.

Comme les ornements célestes, les feuilles sont de milliers de couleurs et d’une centaine de motifs. Ces arbres portent des fleurs merveilleuses qui sont de la couleur de l’or de la rivière Jambu et s’enroulent comme des roues de feu entre les feuilles. De ces fleurs apparaissent des fruits variés, comme du vase de Śakra, et des fruits, se diffusent des flots de lumières, qui se transforment eux-mêmes en bannières et innombrables dais de joyaux. À l’intérieur des dais peuvent être vus tous les reflets de toutes les activités du Bouddha à travers l’univers du millier de millions de mondes. Les terres des bouddhas des dix directions y sont aussi reflétées.

Après avoir vu ces arbres, visualisez chaque détail dans l’ordre : les troncs, branches, feuilles, fleurs et fruits, et maintenez votre vision de l’ensemble de façon claire et distincte. Ceci est la visualisation des arbres, et est appelée la quatrième contemplation. Pratiquer de cette façon est appelé la contemplation juste, et pratiquer autrement est incorrect. »

SOURCE : http://www.amitabha-terre-pure.net/sutra_soutra_contemplation_du_bouddha_amitabha.html

26 mai 2017

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Les Mystères de la Terre, de la Lune et des Étoiles

 

La Stregheria  (tradition néo-païenne inspirée des religions polythéistes antiques italiennes (et influencée par diverses autres traditions antiques méditerranéennes)). s’articule autour de trois Mystères principaux et fondamentaux : les mystères de la terre, la Fanara, les mystères lunaires, la Janara, et les mystères stellaires, la Tanara. Ces trois mystères sont gouvernés par trois couples de divinités : Fana et Faunus pour la Fanara, Jana et Janus pour la Janara, et Tana et Tanus pour la

Tanara, à qui l’on doit s’adresser principalement, mais pas exclusivement.

 mystères chez francesca

Grimassi demeure assez évasif quant à ce que comportent ces trois mystères, ce en quoi ils  Consistent. On devine cependant que parce qu’il s’agit de mystères, c’est au dévot et sorcier de trouver lui-même les différentes voies. L’auteur suggère toutefois qu’il ait pu exister, dans un temps reculé, des groupes de sorciers dédiés uniquement à l’étude et à la pratique d’un de ces trois mystères, rarement les trois à la fois, et qu’ils en étaient les gardiens. 

La Fanara, ou mystères de la Terre, est pour moi le mystère des transformations et de la  régénération. Il touche à la fertilité de la terre, des femmes, des animaux, à l’abondance de la terre et des biens, dons et qualités que l’on possède ; c’est l’influence des saisons qui passent et transforment tout. C’est lié à la température et aux éléments, souvent bénéfiques, parfois déchaînés et dévastateurs. C’est un mystère lié aux pouvoirs des arbres, des fleurs, des épices, des herbes de toutes sortes, utilisés pour les sorts de tous genres, comme pour la médecine. C’est également un mystère lié aux esprits de la terre, les défunts comme les fées, lié aux lieux de pouvoir, comme les lignes ley, les tertres, les temples, les endroits où les énergies convergent, les forêts anciennes. La Janara, ou mystères lunaires, c’est évidemment le mystère de la Lune, de son influence sur le cycle menstruel des femmes, sur les marées, sur la croissance des plantations, sur la fertilité des bêtes et des hommes. 

C’est également le pouvoir de la magie lunaire, si chère aux sorciers et sorcières de toutes  Confessions et voies, ses influences bénéfiques lorsqu’on la prie, le pouvoir qu’elle donne aux sorts et aux objets qu’elle charge de sa lumière. C’est un mystère de purification, d’évolution et d’élévation spirituelle. La Tanara, ou mystères stellaires, c’est le mystère des étoiles, en l’occurrence du Soleil, celle qui nous est la plus importante et nécessaire sur Terre, mais aussi de l’influence des autres étoiles et constellations, et même, dans un spectre plus large, des influences planétaires. Plusieurs divinités importantes du panthéon romain étaient représentées par des planètes. On sait aussi que l’astrologie revêtait une importance capitale. L’art de l’herbalisme, de la divination, de la magie et des rituels sont communs aux trois mystères des Streghe. 

Le Culte des Morts

MORTSelon le mythe, on croyait et croit-on encore que les âmes des défunts vont sur la Lune, ici symbole du monde astral, pour s’y reposer, s’y régénérer. Ils y attendent la divinité des morts (pour Grimassi, il s’agit de Dianus) qui les prendra ensuite pour les ramener à nouveau à la vie sur Terre ou dans un autre endroit de repos. La régénération sur la Lune dure un cycle lunaire. On croit que plus la Lune est lumineuse (pleine), plus il y a d’âmes en attente de renaissance. En Lune décroissante, on croit que les âmes prêtes à sortir de ce cocon laiteux et lumineux le font en suivant la divinité vers la Terre, jusqu’à ce que la Lune redevienne noire, vidée de ces âmes toutes régénérées et, pour certaines, revenues à la vie. 

Parce que les peuples italiques accordaient beaucoup d’importance à leurs morts, ainsi en est-il encore aujourd’hui dans la Tradition Stregheria et en général dans la Méditerranée. Les familles avaient toutes un autel familial, au centre de leur maison, souvent au-dessus de l’âtre de la cheminée.

Cet autel était dédié aux Lares de la famille, c’est- à- dire aux esprits de la famille, soit des défunts et autres esprits protecteurs de la lignée. La mise en place d’un tel autel, appelé Lararium, est une étape importante à franchir lorsqu’on désire se consacrer à la tradition Stregheria. Cet autel permet d’honorer nos morts, de garder leur mémoire vivante, de les appeler à notre aide en cas de besoin et de les remercier pour leur protection et leur guidance. À l’époque, il s’agissait bel et bien d’une sorte de devoir familial, et certaines fêtes durant l’année servaient à honorer les morts et à les célébrer : on faisait un banquet et on apportait de la nourriture sur les tombeaux des défunts de notre famille. Il y avait d’autres fêtes qui servaient à éloigner certains esprits familiaux qu’on ne souhaitait pas honorer, soit parce qu’ils nous avaient trahis, soit parce qu’ils nous avaient blessés, déshonorés : on les appelait les Larves. Une fois l’an, on veillait à ce que les Larves ne viennent pas troubler notre quotidien, nous hanter. 

Aradia

ARADIANée à Volterra en Italie, au début du XIVè siècle, mi-femme,mi-Déesse, fille de la déesse Diana, Aradia fut envoyée sur Terre au nom de sa mère, pour venir en aide au peuple, soumis et impuissant, esclave des Seigneurs, enfermé dans une nouvelle caste pauvre amenée par la chrétienneté. Elle leur enseigne à nouveau l’art de la sorcellerie, afin qu’ils puissent se défendre et reprendre contrôle de leur vie. Aradia est vue comme une Salvatrice, souvent invoquée dans les rituels comme une Déesse, et peut être comparée au Christ, d’une certaine façon. Elle aurait légué à ceux qui la suivirent les «Paroles d’Aradia» qui servent de Crédo aux Streghe et Stregoni, comme l’est le Wiccan Rede. Il existe également le livre «Aradia ou l’Évangile des Sorcières» écrit par Charles G.Leland en 1899, le premier à véritablement s’intéresser à la sorcellerie italienne, et qui y recueille des mythes, notamment le mythe d’Aradia, des invocations, rites et autres. Ce livre est très critiqué aujourd’hui pour plusieurs raisons, notamment celle de savoir si ce sont réellement de véritables mythes, invocations et rites, mais aussi à cause de la manière dont on s’adresse à la déesse Diana, comme il s’agissait d’un démon. Il ne faut pas oublier qu’à l’époque l’influence chrétienne était omniprésente et que ces croyances ont pu se mêler.

 CULTE DES FEES

 Le Culte des Fées

Si on associe souvent les fées avec le monde celte, nous oublions parfois que leur nom nous provient du latin Fatum (qui signifie “Destin”) et que leur culte était tout autant présent en Italie. En effet, si nous pensons aux mythologies gréco-romaines, combien notons-nous de races féériques, considérées comme des divinités mineures, mais vénérées comme des divinités tout de même ? Nous pouvons penser aux sirènes, aux naïades, aux dryades, aux hamadryades, aux muses, aux furies, aux parques/moires, aux nymphes, aux charités, aux satyres, aux gorgones, aux centaures, aux harpies, et à tant d’autres encore. En fait, en Italie, les croyances animistes sont fortes : on croit que toute chose possède une âme qui la relie à la Sourcede- toutes-choses, cette âme se nomme le  Numen. On peut s’adresser au Numen de plantes, de fleurs, de pierres, de rivières, de puits, de lieux précis, etc. Les fées étaient invitées à la célébration de la naissance de chaque nouveau-né, car on croyait qu’elles se pencheraient sur le berceau du poupon afin de lui conférer dons, qualités et bonne fortune. On croit qu’elles étaient également présentes à chaque moment important de la vie des  hommes et des femmes, comme lors de mariages et des décès. 

Loin d’être perçues comme des petites filles ailées et mignonnes, les fées étaient vénérées, mais craintes également. Souvent, on utilisait des euphémismes pour les appeler et on les traitait avec beaucoup de respect, prenant garde aux paroles choisies et aux gestes posés pour s’adresser à elles.

Les fées sont également liées à la Déesse principale de la Stregheria, Diana (Artémis), Déesse de la nature sauvage, des bêtes, des forêts, de la Lune (et autrefois du Soleil également), liée aussi aux naissances et autres mystères féminins. De fait, Diana est souvent représentée accompagnée par des nymphes ; on en fait la déesse des fées au sein de la Stregheria. 

Pour en savoir plus : Stella-luna-terra.net  

24 mai 2017

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Le HETRE : Le fau, Le fou

Voilà un arbre mystérieux, sujet à bien des énigmes historiques, et pourtant si essentiel à nos ancêtres.

1 HETRELa désignation du hêtre en français, mais aussi dans les autres langues indoeuropéennes, soulève  des questions  essentielles. On suppose l’existence d’une racine indoeuropéenne  *bhag- qui aurait désigné cet arbre. Cette racine se retrouve dans le grec phêgos, en dorien phagos qui se rapporte à une sorte de chêne. Il n’y a pas en effet de hêtres en Grèce. Cet arbre devait donc être répandu dans l’habitat primitif des supposés Indoeuropéens occidentaux au point que le nom a été conservé en grec, mais avec un autre référent plus local. Cela plaiderait en faveur d’un habitat situé dans les steppes et non en Anatolie. Le débat assez vif n’est pas tranché. Ce hêtre pouvait d’ailleurs être un bouleau en latin, il semble aussi que cette racine ait donné son nom au châtaignier en albanais, bungë.

Notre Hêtre suit des chemins étranges. Il s’est conservé dans les langues germaniques sous les formes de l’anglais beech « hêtre » (MOE beche, OE boc, bece et emploi ensuite du collectif pour l’arbre singulier), de l’allemand Buche  « hêtre », à partir du germanique buohha, « hêtre ». Jusque là tout va bien. Là où cela se complique, c’est lorsque l’on suppose les premières écritures runiques. Elles se seraient faites sur des tablettes en bois de hêtre ou à partir de bâtonnets de hêtre, ce qui expliquerait les formes en ramures. L’hypothèse est séduisante, mais on n’a jamais retrouvé de telles tablettes ou de tels bâtons disposés sur le sol. Il n’empêche : la question de la filiation entre le hêtre et les désignations du livre dans les langues germaniques est posée. L’anglais connaît le book, l’allemand le Buch, le néerlandais le boek pour le livre. Le français a emprunté au néerlandais le diminutif du petit livre boekijn pour en faire le bouquin, un bouquin n’était donc pas un manuscrit écrit sur une peau de bouc.   

On retrouve ce hêtre ensuite sous deux formes, le gaulois bagos et le latin fagus. Le gaulois donne les noms des villes de Bavay dans le Nord (Bagacum), de Beynes dans les Yvelines pour une hêtraie, de la forêt de Beiach en Suisse, de la rivière Bavóna dans le Tessin, de la silva bacenis (forêt de hêtres) pour le Harz chez César.

Le nom latin fagus se retrouve dans le Fagutal, emplacement de l’Esquilin où se trouvait un hêtre. Cependant, cette racine est la plus productive dans presque toutes les langues romanes : espagnol haya (avec disparition du f initial, ce qui suppose un emprunt ancien et une forme septentrionale), portugais faya (avec conservation du genre féminin du latin comme en espagnol), italien faggio (avec palatalisation du k). On le retrouve dans les langues
celtiques : breton faou, irlandais fáibhile.

Et en français ? Le fagus n’a pas disparu. Il intervient d’abord dans des noms de lieux et des noms de personnes. On le retrouve sous la forme fay en franco-provençal, d’où le dérivé faiard, failhard (1373), puis fayard (1743), sorte de hêtre. Le nom du compositeur Dufay, le nom de la mère de Baudelaire Dufays en proviennent. La répartition des formes dialectales du fayard ou foyard donnent : toute la Franche-Comté, toute la Bourgogne, le Berry, tout le domaine franco-provençal y compris la Romandie, mais encore l’Auvergne entière. Le terme est connu au sud de la Champagne notamment et dans le sud des Alpes ou du Massif central.

La forme dialectale fou (1200) plus occidentale se retrouve dans le nom du fouet (XIIIe s.) qui était formé à l’origine d’une branche de hêtre.  Là encore on le voit dans des toponymes comme le Puy-du-Fou (la colline du hêtre).

On le voit encore dans le nom du fau. Qu’est-ce qu’un fau ? C’est un hêtre tortu en Champagne, du moins dans le nord de la Marne. Voici des images des faux de Verzy :

hetre

Des faux, il n’y en a pas seulement dans la forêt de Verzy, mais aussi un au jard de Châlons, un à Reims, quelques-uns en Argonne, d’autres en Pologne, en Allemagne du nord, en Suède.  Mais c’est dans la montagne de Reims qu’ils sont les plus présents. Quand sont-ils apparus ? Les moines de l’abbaye Saint-Basle ne sont pas à l’origine de ces arbres, ils les ont tardivement protégés et ils n’ont commencé à s’intéresser à eux qu’à partir de la seconde moitié du XVIIe s.. Le récit des miracles de saint Basle écrit à partir du XIIe s. ne mentionne jamais ces arbres. Le Fagus sylvatica L. var.tortuosa Pépin ne commence à intéresser les botanistes qu’au XIXe s. Ce hêtre est sujet à des mutations encore inexpliquées, sa reproduction est rendue fort difficile par les visites sur le site de la montagne de Reims.

Le fau dans le sud de la Champagne rentrait dans un système de jeux amoureux. On appelle « mai » un bouquet ou une branche d’arbre que les jeunes gens accrochent bien en vue sur la maison d’une jeune fille, durant la nuit du 30 avril au 1er mai. Cela peut être sur une porte, une fenêtre, une cheminée… Et l’on dit « faire les mais » pour respecter cette coutume.

Les « mais » délivrent un message codé, fondé sur des jeux de mots ou des rimes :

–  le charme : tu me charmes ;
– l’« aunelle » ou aulne : pour une belle ;
– le « fau » ou « fayard » ou hêtre : tu me faux, c’est l’amour le plus profond.
Mais les messages pouvaient être infamants :
– le sapin : tu es une putain.

2 HETRELe début du mois de mai semble bien voué à la célébration de la nature et aux accordailles selon un rituel plus païen que vraiment chrétien. Et voilà des mais qui pourraient dégarnir bien des mails.

Maintenant, d’où vient notre hêtre ? Eh bien du francique *haistr que l’on retrouve dans le néerlandais heester à partir d’un radical *haisi servant à désigner un buisson, un fourré. On peut supposer que ce mot s’est répandu du fait que les clôtures étaient faites surtout à l’aide de branches de hêtre, l’ancien français ayant utilisé le mot haise pour désigner une barrière de branches entrecroisées. On passe du buisson à la barrière de branches, puis de ces branches au tronc qui les a données, puis du tronc à toute l’espèce, par antonomases successives. Le hêtre se rapportait aux jeunes troncs qui étaient coupés afin de servir de protection ou de balai ou de fouet, cet emploi était le plus fréquent. Le fau, le fou ou le fayard désignait le grand arbre servant à la reproduction, il était plus spécialisé puisque le fau n’était pas coupé et employé en dehors de son milieu. Le jeune arbre a fini par éliminer l’arbre vénérable dans le langage courant malgré une concurrence en ancien français. Il faut dire que les homonymies ne le servaient guère. Ce n’est pas le seul mot dans ce cas, le connil ou la molier ou le verbe choir ont suivi le même chemin. C’est malheureux , mais  la langue est faite aussi de cette part d’irrationnel. Il faut croire que le fau avait aussi une grande valeur pour que l’on adopte un nouveau nom, tout en préservant l’ancien.

Source : http://monsu.desiderio.free.fr/sommaire.html

24 mai 2017

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POURQUOI MANGER LES FAINES DU HETRE

Fabuleux arbre dont le tronc lisse à l’écorce gris acier rappelle la trompe ou la patte d’un éléphant, et dont la taille et la puissance tranquille évoquent aussi ce proboscidien, le hêtre est par ailleurs un arbre magique. Pour vous en assurer, il vous suffit de pénétrer dans un bois planté de hêtres matures au début d’une soirée d’automne et, pour peu que vous gardiez le silence et restiez aux aguets, vous verrez s’activer entre ses généreuses branches une multitude de petits êtres féeriques – dryades, faunes et sylvains taquins pour ne nommer qu’eux. Car, plus que toute autre espèce, le hêtre attire ces divinités des forêts. 

Manger les fenes du hêtre

Son nom

« Hêtre » vient du francique hester qui signifie « jeune arbre ». En ancien français, il portait le nom de « fou ». Dérivé du grec, le nom latin de l’espèce, fagus, veut dire « manger » par allusion à son fruit-noix qui est comestible. On lui a attribué d’autres noms vernaculaires – foyau, foyard, fagette, faillette – tous plus ou moins dérivés de « fou » et de « fagine », terme qui désigne le fruit et qui a éventuellement donné « faîne », littéralement « gland de hêtre ». 

ça se mange?

Les jeunes feuilles du printemps sont tendres et ont une saveur agréable, qui sera mise en valeur dans les salades. On dit que l’écorce intérieure est comestible, mais on rapporte peu d’usages dans ce sens. En Scandinavie, on a fait du pain avec de la sciure de hêtre bouillie, séchée au four, pulvérisée et mélangée à de la farine. Dieu, que les temps devaient être durs pour en être réduits à manger de la sciure ! 

Ce sont les faînes qui présentent le plus grand intérêt culinaire. D’abord parce qu’elles renferment une huile comestible qui, contrairement aux autres huiles, a la particularité de se conserver longtemps, voire de se bonifier avec le temps. Ensuite parce qu’elles sont excellentes telles qu’elles. Chez nous ainsi que chez nos cousins du sud, elles ont fait l’objet d’un certain commerce. Il fut un temps, paraît-il, où on les trouvait dans la majorité des épiceries de campagne. Pour les cueillir, on attendait qu’elles commencent à tomber, puis on étendait au sol des toiles ou des couvertures, histoire de s’éviter les 40, voire les 60 mètres d’escalade qu’il aurait fallu se taper pour les ramasser directement sur l’arbre. Bien sûr, cela voulait dire qu’une partie de la récolte irait aux écureuils, mais on pouvait toujours se consoler en se disant que, un jour ou l’autre, si la faim tiraillait trop et que la perdrix venait à manquer, l’écureuil se retrouverait à griller sur la broche ou à rôtir dans les braises… 

FENE DE HETREDans toute l’aire qu’occupe l’arbre (l’est du Canada et des États-Unis), les Amérindiens consommaient les faînes, crues ou cuites, ou les écrasaient pour les ajouter à la pâte à pain ou aux gâteaux. Durant l’hiver, ils n’hésitaient pas le moins du monde à piller les caches de la souris sylvestre – Peromyscus maniculatus, de son petit nom. Il faut dire que ce minuscule rongeur a les yeux pas mal plus grands que la panse, car il lui arrive de faire des réserves astronomiques. On a vu, dans un seul endroit, de huit à dix litres de ces petites noix empilées en tas plus ou moins pyramidaux. Les Amérindiens n’avaient pas besoin d’un sens exceptionnel de la traque pour repérer une cache, Peromyscus ayant eu la courtoisie de leur indiquer le chemin en laissant traîner sur la neige les écales des faînes tout juste grignotées.

À noter qu’il ne faut pas abuser des faînes, car elles renferment une substance irritante qui, à hautes doses, peut causer des malaises gastro-intestinaux. L’huile, par contre, en serait entièrement dépourvue. 

ça soigne quoi?

Contrairement à diverses autres écorces, celle du hêtre ne semble pas avoir fait un stage remarqué dans la médecine classique, tant en Europe qu’en Amérique. Elle échappe même à la Matière Médicale des soeurs de la Providence, dont le souci d’exhaustivité est pourtant indéniable.

Par contre, dans la médecine populaire, on l’a largement employée. À cause de ses propriétés fébrifuges, on s’en est servi comme succédané du quinquina dans le traitement de la malaria. C’est aussi un antiseptique général et pulmonaire, un vermifuge, un astringent et, à fortes doses, un purgatif. Outre dans le paludisme, on l’a employée contre divers autres parasites intestinaux, ainsi que dans les affections pulmonaires et dans la diarrhée.

On préparait l’écorce sous forme de décoction, à raison de 30 grammes par litre d’eau, qu’on faisait bouillir jusqu’à réduire de moitié. On prenait deux tasses par jour.

Les Amérindiens se servaient d’une compresse trempée dans la décoction de l’écorce pour soigner les démangeaisons cutanées, particulièrement celles qui sont provoquées par l’herbe à puce. 

Les feuilles étaient appliquées sur les enflures, les ampoules et les excoriations. On les mâchait pour soigner les gerçures aux lèvres et les douleurs aux gencives. Les premiers colons appliquaient les feuilles directement sur les brûlures, ou en préparaient une décoction qui soignait tant les brûlures que les engelures. 

À une époque lointaine, on recueillait l’eau qui stagnait dans les parties creuses du hêtre pour soigner les escarres, que ce soit chez les humains, les chevaux, les chèvres ou les moutons.

De façon générale, tant en Europe qu’en Amérique, on s’est servi de l’infusion des feuilles ou de l’écorce du hêtre pour laver les plaies, enflures et irritations de tout acabit. Si l’écorce et les feuilles de hêtre n’ont guère eu de renommée, la créosote, substance tirée du goudron provenant de la distillation du bois, a été largement employée en médecine. Celle que l’on tirait du goudron de hêtre était réputée pour être la meilleure de toutes. On lui attribuait des propriétés astringentes, irritantes, narcotiques, antiseptiques, ondotalgiques et escarotiques (contre les escarres). On savait qu’elle cautérisait rapidement les muqueuses avec lesquelles elle était mise en contact. Par voie interne, on l’employait dans la dysenterie, la diarrhée, la tuberculose et les maladies respiratoires, le choléra, la blennorragie et les autres affections du même genre, les nausées et les vomissements des « hystériques » et des femmes enceintes, ainsi que dans le mal de mer. 

Les usages par voie interne étaient nombreux : dans les hémorragies causées par les « piqûres des sangsues » et les coupures, en injections dans la matrice pour les pertes utérines, les fièvres puerpérales, etc., dans les oreilles pour l’ulcération du méat extérieur et pour la surdité due au « manque de cérumen », aussi en injection pour les ulcères fistuleux. En lotion sur les ulcères scrofuleux, syphilitiques, cancéreux et indolents, sur la « pustule maligne », les engelures, l’érysipèle, les brûlures, surtout si elles suppuraient beaucoup, et sur les plaies menacées de gangrène. En gargarisme, dans les maux de gorge putrides, la diphtérie, etc., en onguent, pour les maladies de peau. Fiou! Heureusement que ces maladies-là n’existent plus! Sinon on ferait quoi sans créosote de hêtre? 

On le trouve où?

Dans les bois rocheux du sud et de l’ouest du Québec. À l’est, sa limite suivrait une ligne joignant le cap Tourmente et la rivière Restigouche. Comme les jeunes hêtres gardent généralement leurs feuilles durant l’hiver, d’un coup d’oeil on peut juger de leur présence dans une forêt.

21 mai 2017

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Vertus du passage à travers les arbres

 

A la fin du XIXe siècle, quand on quittait la gare de Sanary, sur le chemin de fer de Nice à Marseille, à neuf kilomètres environ de Toulon, et qu’on se dirigeait vers le village d’Ollioules, on rencontrait, à une centaine de mètres de la voie, sur le bord d’un petit sentier rural, un chêne, qui était d’ailleurs d’une assez belle venue, mais dont le tronc présentait une disposition assez bizarre

passage dans un arbreUn témoignage de l’époque relate qu’à un endroit donné de sa hauteur, il est partagé en deux, par une fente de plus d’un mètre de longueur, de 3 à 8 centimètres d’ouverture, comme s’il était constitué par deux branches qui, après s’être séparées, se seraient réunies de nouveau. Cette disposition n’est pas un jeu de la nature, mais bien l’œuvre de l’intervention humaine ; en y regardant de près, on voit que, primitivement, le tronc de cet arbre a été fendu en deux, et que l’hiatus est le résultat de la cicatrisation accidentelle d’une partie de la fente. 

Il n’est pas rare de rencontrer dans les champs, en Provence, des arbres qui présentent cette disposition. C’est le plus souvent des chênes, mais cependant on constate que des frênes, des noyers, des ormes, des peupliers, des pins même, ont été ainsi fendus intentionnellement, puis ont été entourés d’un lien, pour que les parties séparées se réunissent.

Quand on cherche à savoir pourquoi certains arbres ont été ainsi traités, on ne tarde pas à apprendre que c’est parce qu’ils ont servi à la pratique d’une vieille superstition des paysans provençaux, qui croient fermement qu’en faisant passer, à un moment donné, un enfant à travers un tronc d’arbre fendu, on peut le guérir de telle ou telle maladie.

C’est surtout contre les hernies des petits enfants que ce passage à travers le tronc d’un arbre est considéré comme efficace ; et voici comment la crédulité publique conseille de procéder : il faut prendre un jeune arbre d’apparence bien vigoureuse, le fendre dans sa longueur, sans l’arracher ni pousser la fente jusqu’aux racines ; puis, écartant les deux parties de l’arbre, faire passer entre elles, à trois ou sept reprises différentes, dans une même séance, le petit hernieux. Une fois cela fait, les deux portions de la tige sont rapprochées très exactement et maintenues en contact à l’aide d’un lien très fortement serré. Si ces parties se recollent bien, et que l’année d’après l’arbre a repris la solidité de sa tige, l’enfant est guéri ; si, au contraire, la fente ne s’est pas soudée, on peut prédire que l’enfant restera hernieux toute sa vie. 

hernies d'arbresLes hernies ne sont pas seules susceptibles de guérir sous l’influence de cette pratique bizarre ; nombre d’autres maladies sont traitées de la même manière en Provence ; et la crédulité populaire n’est pas encore disposée à penser que le moyen manque d’efficacité. J’ai trouvé dans mes investigations touchant les Provençaux, d’autres pratiques thérapeutiques qui me paraissent être des variantes de celles dont je viens de parler et se rattacher à la même idée. C’est ainsi, par exemple, que dans un grand nombre de villages, à Signes, à La Cadière, etc., le jour de la fête patronale, pendant qu’on porte processionnellement le saint de la localité à travers les rues, les mères font passer leurs enfants au-dessous de la châsse, pour les fortifier ou les guérir des maladies futures qui pourraient les atteindre.

Dans d’autres cas, on place un enfant débile sous la châsse d’un saint, pendant que le prêtre chrétien dit la messe ; absolument comme on faisait dans la cérémonie du taurobole, chez les anciens Romains, pendant que le prêtre païen faisait un sacrifice. Enfin, dans quelques-uns, comme, par exemple, au village de La Garde, près de Toulon, le jour de la fête de saint Maur, les valétudinaires, les mères de famille qui veulent fortifier leur enfant, et même les jeunes femmes qui veulent être fécondes, se placent aussi près que possible de la niche du saint pendant la messe.

Le nom du saint chrétien invoqué est quelquefois si spécial, qu’on voit d’une manière transparente l’adaptation d’une idée thérapeutique à la cérémonie religieuse. Féraud affirme ainsi, dans son Histoire des Basses-Alpes, que dans l’église de Ganagobie, dans les Basses-Alpes, il y a une tribune où se trouve un autel de saint Transi. Les mères, dont les enfants étaient valétudinaires, déposaient le pauvret sur cet autel, pendant l’invocation ; elles suspendaient un de ses vêtements, en guise d’ex-voto, sur le mur voisin, lorsque la guérison avait été obtenue.

Il est une autre manière d’agir qui est encore plus singulière, et qui cette fois ne touche en rien, en apparence, aux choses de la religion. Je veux parler du remède populaire de quelques Provençaux pour guérir le Coburni (la coqueluche) d’une manière certaine et infaillible, si on en croit les bonnes femmes. Pour obtenir cette guérison de la coqueluche, il faut faire passer l’enfant sept fois de suite sous le ventre d’un âne, en allant de droite à gauche, et sans jamais aller de gauche à droite ; car si on oubliait cette précaution, les passages en sens inverse se neutralisant, on n’obtiendrait pas le résultat désiré.

Dans certains villages, il y a des ânes plus ou moins renommés pour leur vertu curative. Il y a quelques années, il y en avait un au Luc qui jouissait d’une telle réputation, que, non seulement il servait à tous les enfants de la localité, mais encore les enfants de Draguignan et même de Cannes, étaient, maintes fois, amenés au Luc, c’est-à-dire faisaient un voyage de plus de soixante kilomètres, pour bénéficier du traitement. 

le passage

Enfin, je ne dois pas oublier de rapporter ici une variante de la donnée que nous étudions et qui ne manque pas d’originalité. Dans beaucoup de villages de Provence, le jour de Saint-Eloi, après avoir fait bénir les bêtes, il y a une procession dans laquelle la statue du saint est portée sur l’épaule de quatre vigoureux gaillards. Pendant que cette procession est en marche, on voit nombre de paysans et de paysannes armés d’un bâton au bout duquel ils ont attaché un petit bouchon de paille, s’approcher de la statue, se glisser entre les quatre porteurs et, passant leur bâton par dessous le brancard, vont frotter la face du saint avec ce bouchon de paille, habituellement des brins d’avoine sauvage.

Cette paille a dès lors la propriété de guérir les animaux malades ; aussi est-elle conservée avec soin dans la maison comme un remède miraculeux. Dans le village de Signes, de La Cadière, etc., près de Toulon, c’est à la procession de l’Ascension, dite procession des vertus, que cette pratique se fait.

 D’après « Superstitions et survivances », paru en 1896 

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