12 décembre 2017

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L’homme et la Montagne

En montagne, vous rencontrerez du rumex alpin autour de tous les chalets d’alpage : ses feuilles son des épinards et leur pétioles de la rhubarbe !

Trésors nourriciers, dont la connaissance pourrait s’avérer utile au cas où il serait véritablement nécessaire de « survivre ». Une forte crise énergétique, sociale ou économique n’est malheureusement pas totalement impensable. Et puis on peut se perdre en forêt… ou simplement désirer alléger son sac à dos d’encombrantes boîtes de conserve ! Savoir que, où que l’on soit, on trouvera toujours de quoi se nourrir, se sentir « chez soi » dans la nature, donnent une force dans laquelle il sera possible de puiser en tout temps.

Mais quelles que soient les circonstances, il ne s’agit pas bien sûr de ramasser n’importe quoi. Certaines plantes sont toxiques et il convient de bien les connaître. Et même les meilleurs végétaux deviennent dangereux lorsque la pollution s’en mêle. C’est ainsi que la cueillette des plantes nous rend encore plus sensibles à la qualité de notre environnement.

en montagne

De plus en plus d’espèces voient leur existence menacée, principalement par la destruction de leur habitat. Il faudra évidemment s’abstenir de les cueillir. D’ailleurs les meilleurs légumes sauvages se rencontrent parmi les plantes les plus communes et les plus abondantes, autrement dit les « mauvaises herbes », bien trop souvent détruites. Une cueillette intelligente ne doit donc nullement mettre en danger la nature. Bien au contraire, elle développe le respect de l’individu face à ce qui l’entoure, par la prise de conscience directe, concrète, de son importance vitale : la terre est véritablement notre mère nourricière !

Il est temps d’ailleurs de s’en rendre compte. Depuis qu’il est sur terre, l’homme, faible créature au départ, n’a cessé de développer les moyens de se battre contre la nature. Son cerveau s’est montré remarquablement efficace. Trop même, puisqu’il est maintenant arrivé à un point où il ne peut plus continuer dans la même voie. Et il n’en a d’ailleurs plus besoin. Ce qu’il doit apprendre aujourd’hui, c’est à trouver un équilibre nécessaire entre la nature et lui-même. Et nous sommes tous concernés.

Il n’est pas impossible que « croquer la nature » puisse progressivement mener à un rapprochement de ces deux pôles, le sauvage et le civilisé, entre lesquels se joue la vie. C’est en tous cas ce que je souhaite.

Voir en ligne : Site de François Couplan

Site http://www.assiette-sauvage.org/?lang=fr

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12 décembre 2017

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Un patrimoine utile et agréable

La flore européenne comprend environ 12.000 espèces de plantes vasculaires. Sur ce nombre, près de 1.200, soit quelque 10%, ont été utilisés par nos ancêtres pour se nourrir, ce qui représente une variété remarquable par rapport à la cinquantaine de légumes et de fruits actuellement cultivés. Cette connaissance traditionnelle fait partie de notre patrimoine, et, à une époque où l’érosion génétique est à l’ordre du jour, il importe de ne pas le laisser perdre. Parmi ces végétaux oubliés figurent peut-être nos aliments de demain !

 Galette

La consoude permet de réaliser de délicieux beignets que tout le monde apprécie.

Aliments de santé, nous l’avons vu, mais aussi aliments de plaisir avec les centaines de saveurs nouvelles que nous permettent d’apprécier les plantes sauvages. Quelques exemples ? Les feuilles de plantain ont un curieux goût de champignon. Celles de la consoude, trempées dans une pâte à crêpe et frites à la poêle, rappellent étonnamment les filets de sole… en moins cher ! Quant à la tendre stellaire, c’est à la noisette qu’elle fait penser. Et les cormes blettes : crémeuses, aromatiques et sucrées, elles évoquent quelque mystérieux fruit tropical…
Que de trésors méconnus !

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8 décembre 2017

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Des insectes attirés par la lumière

éphémèreParmi la diversité des insectes actuels, les éphémères présentent certains caractères typiques de fossiles âgés de plus de 300 millions d’années. Entre autres, leurs ailes ne peuvent se replier le long du corps comme chez la plupart des autres insectes. Fait étonnant : les adultes vivent à peine quelques heures, tout juste le temps de se reproduire pour assurer la pérennité de l’espèce, d’ailleurs à l’origine de leur nom d’ « éphémères ». Par contre, les larves sont quant à elles aquatiques et vivent jusqu’à trois ans en eau douce. Selon votre proximité avec des points d’eau, vous verrez des adultes voler aux premières heures de la nuit, en solitaire ou formant un essaim autour de la lampe. Ces insectes semblent particulièrement impactés par les phénomènes de pollution lumineuse à proximité des points d’eau. 

 perce oreille

Les perce-oreilles chassent de nuit et sont de grands consommateurs d’autres insectes, ce qui en font souvent les alliés du jardinier. Les grandes ailes postérieures sont repliées sous les élytres . Les cerques en forme de pince sont des armes défensives mais n’ont absolument aucun effet sur les prédateurs les plus imposants. Les cerques des mâles sont plus incurvées que chez les femelles. D’ailleurs, le nom de ces insectes viendrait du fait que ces cerques ressembleraient aux pinces jadis utilisées par les bijoutiers pour percer les oreilles des braves gens. Fable ou légende, qui sait ? 

courtilièreImpressionnants insectes, les courtilières ont une morphologie particulièrement adaptée à leur mode de vie souterrain. Elles sont munies de pattes antérieures fouisseuses et d’un thorax 12 épaissi leur permettant de creuser les sols meubles des jardins, pépinières et prairies. Malgré leur aspect imposant, ces insectes sont très discrets car surtout actifs de nuit et ont conservé leur aptitude au vol. Ces « taupe-grillons » se nourrissent de racines, tubercules et vers de terre. Courtilières (Gryllotalpidae) Caractères distinctifs • Pattes avant fouisseuses rappelant celles d’une taupe • Aspect de gros grillon rampant • Tête rappelant celle du homard Taille : 3 à 6 cm

 grillon

 Qui ne connaît pas le chant des grillons ? Chez ces insectes, seuls les mâles stridulent pour attirer les femelles. Ce sont les virtuoses au chant le plus puissant qui auront le plus de chances de trouver une femelle. Généralement les grillons s’activent lors de belles journées ensoleillées, et ce jusqu’au soir si les températures restent clémentes. Les stridulations sont émises par le frottement entre elles des élytres 4 sur lesquelles se trouvent un « archet » et un « grattoir ». Les femelles sont munies, en plus des cerques , d’un long appendice en forme de pointe, au bout de l’abdomen, pour la ponte et l’enfouissement des œufs (oviscapte 8 ).

 punaiseLes punaises disposent toutes d’un appareil buccal de type « piqueur-suceur », appelé rostre 10, qui leur permet d’atteindre la sève et le nectar des plantes, le sang des vertébrés ou l’hémolymphe (le « sang ») des insectes dont elles se nourrissent. Fait bien connu, certaines d’entre elles éjectent une substance malodorante à la désagréable odeur d’œuf pourri. Cela n’est qu’un mécanisme de dissuasion, très efficace, pour repousser d’éventuels prédateurs en cas d’agression. Tout comme chez les orthoptères, les jeunes punaises sont reconnaissables à leurs ailes non pleinement développées, aux couleurs parfois bien différentes de celles des adultes. 

 MANTISPES

 Les mantispes sont de bien curieux insectes, à l’aspect étrangement familier. En effet, ces sortes de « mouches » sont munies de pattes ravisseuses très semblables à celles des mantes religieuses. Cela leur donne une allure de chimères, de véritables minotaures au sein des insectes. Ainsi, c’est un témoignage frappant mettant en évidence le fait que l’évolution des espèces peut parfois aboutir à des adaptations équivalentes suivant des contraintes écologiques similaires : on parle alors de convergence évolutive.

 

Les autres insectes apparentés et appartenant au même groupe que les mantispes sont généralement appelés planipennes. Ils présentent une grande diversité de formes, allant même jusqu’à ressembler comme deux gouttes d’eau à des libellules. Faites bien attention à leurs antennes (invisibles chez les vraies libellules) pour les identifier à coup sûr.

 

Caractères distinctifs

• 4 fines ailes transparentes et nervurées, de même taille, rabattues en toit au repos

• Planipennes parfois semblables à des libellules, mais s’en distinguent par leurs antennes plus ou moins longues, jointes à la base et/ou se terminant en « boules »

• Présence, chez les mantispes, de pattes ravisseuses munies de pinces et épines pour saisir les proies (comme chez les mantes) Taille : 2 à 30 mm

 

 MOUSTIQUE

 

MOUSTIQUE : Proches parents des mouches, les moustiques ont ceci en commun qu’ils font généralement beaucoup de bruit en volant. L’appareil buccal est constitué d’une trompe rigide, particulièrement longue chez les femelles car elle leur sert à transpercer la peau et aspirer le sang de vertébrés ou même l’hémolymphe (le « sang ») d’autres insectes. Chez les femelles, ce repas est en effet une source indispensable en nutriments pour assurer le développement des œufs avant la ponte. En revanche, les moustiques mâles ne vous piqueront pas car ils se nourrissent exclusivement de substances sucrées comme le nectar des fleurs. Pour restreindre les piqûres, sachez que les odeurs dégagées par certaines plantes odorantes sont insupportables aux moustiques. Restez donc à bonne distance des points d’eau stagnante et utilisez quelques gouttes d’huiles essentielles dissuasives (citronnelle, citron, bois de cèdre, pin, lavande, eucalyptus, etc.) à appliquer sur la peau. 

TRIPULE : Aussi nommés « cousins », les tipules sont effectivement de proches cousins des moustiques auxquels ils ressemblent comme deux gouttes d’eau… mais en beaucoup plus gros ! Certains spécimens de la plus grande espèce de tipule en France (Tipula maxima) atteignent 40mm de longueur. Bien heureusement, ces insectes ne piquent pas, les adultes mâles et femelles se contentent de repas liquides et sucrés. Les larves, pour leur part, vivent dans les sols humides et frais où elles se délectent des racines et tubercules à leur disposition. C’est pour cela que les tipules sont parfois considérées comme des ravageurs de cultures. Pourtant, en milieu naturel, les larves participent activement au renouvellement de l’humus et à l’aération du sol. Si vous en attrapez, remarquez les ailes postérieures modifiées appelées haltères.

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8 décembre 2017

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Le Chêne et les Druides

Le chêne, cet arbre qui a la réputation d’attirer la foudre, est consacré dans la plupart des mythologies européennes au Dieu de la foudre, au Dieu suprême du ciel et à la majesté qu’il incarne. Il est synonyme de force et de virilité, il est une image de la force divine dans son aspect fulgurant. Il est l’arbre du guerrier, celui qui cherche tel un héros à conquérir la vigueur spirituelle représentée par son endurance et sa puissance. Les Romains avait bien cerné sa valeur symbolique car le même mot latin “Robur” désigne le chêne et la force. Son bois très solide servait jadis pour fabriquer les chariots, les roues, et les navires. 

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Mais nous allons voir que pour certaines cultures européennes, comme celle des Celtes, le chêne possède également une dimension de sagesse. Son endurance et sa longévité font qu’il fut aussi associé à la connaissance et au symbole de l’axis mundi, l’arbre cosmique qui relie la terre et les cieux. 

De nos jours encore il est tout un symbole pour la plupart des nations européennes. Il est l’arbre le plus répandu en France, pays où se trouve d’ailleurs un des plus vieux chênes d’Europe: c’est celui d’Allouville en Normandie. Vieux de 1200 ans, il abrite dans son tronc deux chapelles, ce qui n’est pas sans rappeler le caractère sacré de cet arbre. Et ce n’est pas pour rien que dans le folklore français, la célébration de 80 ans de mariage est définie comme les Noces de Chêne, image de cette pérennité et longévité. Au niveau politique le chêne est associé non seulement au symbole de la force, mais aussi et surtout à celui de la stabilité. C’est ainsi que certains pays ont sur leurs monnaies une représentation d’une branche de chêne. C’est le cas des centimes d’euros allemands, des anciens pfennigs allemands, ou encore des anciens francs français. Les feuilles de chêne ornent également certains uniformes et décorations de l’armée ; ce symbolisme militaire coïncide parfaitement avec celui de force et de stabilité. 

Chez les Slaves, le chêne était associé au Dieu de la foudre Perun, et chez les Baltes au Dieu Perkunas. C’est l’arbre le plus souvent cité. Il semblerait qu’il ne fut pas seulement associé à l’aspect guerrier, mais aussi à celui d’arbre cosmique.

Chez les Romains, le chêne était célèbre car il était consacré au Dieu suprême mais aussi Dieu de la foudre, le Dieu Jupiter. À Rome se dressait un chêne, celui du Jupiter capitolin.

Chez les Grecs, c’est au Dieu Zeus qu’il fut assimilé. On allait consulter le chêne du Dieu Zeus à Dodone car son feuillage permettait de connaître les intentions du Père des Dieux. C’est d’ailleurs ce chêne là qu’Ulysse vint consulter au cours de ses nombreuses aventures. La fameuse toison d’or, gardée par un dragon, était accrochée à un chêne. La massue d’Héraklès était faite en bois de chêne. Chez les Grecs comme pour bien d’autres peuples païens d’Europe, le chêne était considéré comme un véritable temple en soi.

Chez les Germains, le chêne était associé au Dieu Donar (Thor). Le chêne de Donar (die Donareiche) était particulièrement vénéré par le peuple germanique des Chatti. Ce culte était très enraciné dans la culture religieuse des Chatti, à tel point que Druidesle missionnaire chrétien Bonifatius décida de faire abattre cet arbre sacré parce qu’il n’arrivait pas à convertir ces irréductibles Germains fidèles aux Dieux de leurs pères. Par ailleurs, il était coutume de croire que dans les trous du tronc d’un chêne se trouvaient les chemins des elfes, et que les racines de celui-ci menaient vers le royaume elfique. En France, le roi Saint-Louis tenait ses séances de justice sous un chêne, lointain souvenir de cet aspect de l’arbre lié à la Divinité suprême. En Allemagne si on souffrait de fièvre, il fallait tourner autour d’un chêne en récitant “Bonsoir celui qui est bon et vieux, j’apporte ici le chaud et le froid”. En Angleterre aussi le chêne était efficace contre la fièvre, mais pour cela il fallait qu’il soit planté à une croisée de chemins. Les glands quant à eux étaient censés proteger contre la foudre. 

Chez les Celtes, il semblerait que le chêne était voué au Dieu Taranis. Mais cet arbre sacré était surtout connu pour être associé aux druides qui en avaient fait un symbole de sagesse et de connaissance. Le gland du chêne était relié à la symbolique de l’oeuf, symbole très important dans la culture celte car il est la vie en gestation, un signe d’abondance qui ne demande qu’à éclore. Le chêne était l’un des arbres sacrés du bosquet des druides. Il était vénéré comme un temple vivant. Dans sa Guerre des Gaules, Jules César explique que pour les Gaulois le chêne est d’origine immortelle et immémoriale. Le gui qui pousse sur les chênes est une chose très rare, c’est pourquoi il avait pour les druides une valeur sans égale car ils le considéraient comme le “bois de la science sacrée”. 

Il faudrait passer en revue chaque culture locale de notre beau et vieux continent européen afin de pouvoir se rendre compte à quel point le chêne avait une valeur sacrée et divine enracinée au plus profond de notre mémoire collective.

Pour les feuilles de chêne sur les insignes militaires, voir le lien suivant => http://paganismeoccidental.forumactif.org/t32-symboles-paiens-de-l-armee-francaise#204

Hathuwolf Harson

Voir l’article sur La Vie Devant Soi ICI :

http://devantsoi.forumgratuit.org/t475-arbres-veneres-par-les-druides

3 décembre 2017

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Se relier à la terre

 

Marcher, jardiner, voyager : trois manières de se fondre dans la nature, de renouer avec le « grand tout », de retrouver souffle, calme, et d’élargir son âme. Trois intellectuels nous livrent leur expérience intime.

« La marche implique les ressources élémentaires du corps, sans technologies, à pas d’homme, sans hâte, chacun selon son rythme. Elle sollicite un temps ralenti à ma mesure et à celle de mon désir. Je parcours les sentiers, j’arpente les forêts ou les montagnes, je gravis les collines pour avoir le plaisir de les redescendre, tout en restant à hauteur d’homme, livré à mes seuls moyens physiques, introduit à la sensation continue de moi et du monde. La marche réenchante mon existence. Elle n’est pas seulement regard, elle m’est aussi immersion parmi les nappes d’odeurs, les sons, la tactilité, quand le sentier se confronte soudain à une rivière, un ruisseau et que mes mains s’abandonnent à la fraîcheur de l’eau. Je sens l’épaisseur subtile de la forêt que recouvre l’ombre, les effluves de la terre ou des arbres, j’éprouve la texture du jour. J’entends les cris des oiseaux, les bruits de l’orage ou les appels des gamins dans les villages, les stridulations des cigales ou le craquement des pommes de pin sous le soleil. Selon les saisons, je cueille les fraises des bois, les noisettes, les champignons… La marche est une expérience sensorielle totale qui ne néglige aucun sens. Les retrouvailles avec le cosmos ne sont jamais loin, mes pas me mènent infiniment plus loin que le paysage. » David Le Breton, sociologue, écrivain et auteur, notamment, de Marcher, éloge des chemins et de la lenteur (Métailié, 2012).

« Jardiner m’a appris la lenteur »

1 - légumes

Belinda Cannone, écrivaine, auteure notamment, du Don du passeur (Stock, 2013)

« J’ai toujours été une femme pressée et, avant de m’installer dans ma maison des champs, je n’avais jamais imaginé mettre les mains dans la terre. Et puis j’ai décidé de planter deux hortensias devant la porte et, comme par un engrenage inexorable, je suis tombée jardineuse… Et j’ai ainsi appris la lenteur, le calme du temps étiré. On est entré un instant plus tôt dans le jardin et soudain, comme s’éveillant d’un beau songe, on ne sait plus depuis quand on jardine : deux heures, trois ? Le temps a passé à sa manière et on avait tout oublié de la vie ordinaire. Car il a d’abord fallu regarder – oh ! comme on a envie de regarder, passionnément : où en est donc le lilas ? Les tiges des pivoines ont-elles commencé à poindre, rouges et charnues ? Les anémones du Japon n’en prennent-elles pas trop à leur aise ? Il faut arracher, patiemment – oh ! cette patience ! –, les plantes fanées, choisir les emplacements des fleurs annuelles, creuser, et, si vaste soit l’emprise des mauvaises herbes sous la poussée printanière, on sait que l’on en viendra pourtant à bout, tranquillement. Devenue jardinière, rien ne sera plus comme avant, on aura appris à s’insérer dans le grand flux du temps naturel, celui qui nous extrait de nous-mêmes – de ce petit moi si inquiet, si exigeant –, car le jardin, comme la musique, est l’occasion d’abandonner provisoirement ses oripeaux trop singuliers pour s’harmoniser à l’univers. »

« Je ne trouve la paix que dans les déserts »

Josef Schovanec, philosophe et écrivain, auteur d’ Eloge du voyage à l’usage des autistes et de ceux qui ne le sont pas assez (Plon, 2014) et de Je suis à l’Est ! (Pocket, 2013)

« Que faire quand, malgré les efforts et les apprentissages, vous êtes irrémédiablement “bizarre” aux yeux d’autrui ? Se promener. C’est ainsi, ironie du sort, que je suis devenu autiste du voyage, explorateur de ce que je nommerais l’au-delà vide, le Sahara ou les grands déserts d’Asie. Ce n’est que là que je trouve la paix. Qu’importe que votre voix soit bizarre si seuls les rochers du Baloutchistan réverbèrent son écho ? Qu’importe la précarité de votre statut social quand la tente noire de la nuit saharienne est votre toit ? “Nous sommes possédés par nos possessions”, diagnostiquait Théodore Monod, l’errant des déserts. Loin des clichés de nature paradisiaque, loin des fantasmes de possession et des illusions de l’enracinement, nul paysage n’est plus hostile que celui du désert. Il ne promet pas un ajout dans le bric-à-brac quelque peu fétichiste dont on espère le salut. Nous poussant à repenser notre nature même, il est au contraire ce lent professeur d’humanité si cher à Monod. Pour moi, l’exclusion due à la dictature de la norme sociale a peut-être été une chance : contraint de devenir anthropologue au pays des non-autistes, après maints voyages et péripéties, évadé de la camisole chimique autant que des fausses promesses de la normalité, je rêve certains soirs de devenir guide touristique. Celui qui aide les passants impatients qui s’ignorent tels à voir les choses de l’autre côté de la bulle. La leur. »

Article Christilla Pellé-Douël 

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2 décembre 2017

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Le sauvage en nous

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2 décembre 2017

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Les leçons de la nature

  La philosophe Kathleen Dean Moore passe de longues périodes dans la nature sauvage et y trouve des réponses à sa quête de sens. Elle en a fait un livre magnifique. Extrait.     Américaine, Kathleen Dean Moore est philosophe et écrivaine. Elle a passé son enfance dans l’Ohio et enseigne aujourd’hui la philosophie à […]

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28 novembre 2017

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Se procurer des fleurs et les conserver

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28 novembre 2017

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Retour aux sources de l’humanité

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23 novembre 2017

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Consommer du jus d’Herbe

  Blé et orge sont les céréales les plus connues pour leur germination en herbe. L’herbe de ces céréales est obtenue à partir des grains germés puis mis en terre et cultivés à la lumière jusqu’à l’état de jeunes pousses.  C’est en pleine croissance que la plante contient la plus forte concentration en phyto-nutriments : […]

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