17 octobre 2017

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Les bienfaits du melon sur notre santé

Le melon ne dépasse pas les 40 kilocalories (Kcal) aux 100 grammes (selon les variétés)

et un taux de sucre d’environ 10 à 12 % ! 

 

« Son goût est très sucré, mais comme il est composé à presque 90% d’eau, le melon est en réalité un des fruits les moins caloriques », indique le Dr Arnaud Cocaul.

Les Bienfaits sur notre Santé 

Melon 

La peau et les yeux

La forte présence de bétacarotène dans le melon est un antioxydant efficace pour la vision car il protège la rétine et améliore la vision nocturne. C’est un allié pour la peau car il favorise le bronzage.

Arthrite
Freine la progression de l’arthrite toujours grâce à sa forte présence en bétacarotène
Aide à prévenir de certains cancers grâce à ses effets antimutagènes et antioxydants.

L’hypertension
Le melon grâce à sa teneur en vitamine A , en potassium et et en fibres aide à réduire la pression artérielle.

Diabète
Son faible indice glycémique (IG) et le fructose et glucose contenu dans le melon est un sucre simple et naturel permet aux personnes atteintes de diabète ou de surcharge pondéral d’en consommer.

L’anémie
Source d’acide folique avec la vitamine B, contenu dans le melon est nécessaire pour un bon maintien des cellules pour la prévention de l’anémie. Le melon est vraiment un fruit fantastique aux multiples vertus. Profitons de la saison pour en consommer autant que possible. Faible en calories c’est un allié minceur incontestable.

 Melon

Que contient le melon

Des antioxydants et des flavonoïdes
Des caroténoïdes qui jouent un rôle important, celui de gendarmes face aux radicaux libres qui sont impliqués dans l’apparition des maladies cardiovasculaires et neuro-dégénérative, du vieillissement de la peau et de certains cancers en plus de stimuler le système immunitaire.

Des fibres qui favorisent le transit intestinal.
Le melon regorge de vitamines et de minéraux. C’est le 3ème légume le plus consommé en France.
Données pour 100g

Vitamine A : (2020µg/100g) bétacarotène, essentielle pour la santé, la vitamine A joue également un rôle important dans la vision au niveau de l’adaptation de l’œil à l’obscurité, elle participe également à la croissance des os, à la régulation du système immunitaire. Notre organisme peut transformer en vitamine A certains caroténoïdes on les qualifie de provitamine A ou bêta-carotène. Ce qu’il faut savoir c’est que le bêta-carotène ne se transforme en vitamine A que dans la mesure où l’organisme en a besoin. Le bêta-carotène est un pigment qui a une action filtrante face au soleil.

Vitamine B9 : (23,9mg/100g)joue un rôle essentiel dans la fabrication de toutes les cellules de notre corps, dont la production de notre matériel génétique, le bon fonctionnement du système nerveux et immunitaire. Les folates jouent également un rôle dans le processus de division cellulaire.

Vitamine C : (28,8mg/100g le rôle que joue la vitamine C dans l’organisme va au-delà de ses proprié tés antioxydantes. Elle contribue aussi à la santé des os, des cartilages, des dents et des gencives. De plus, elle protège contre les infections, favorise l’absorption du fer contenu dans les végétaux et accélère la cicatrisation.

Vitamine E : (0,05mg/100g) antioxydant essentiel qui protège la membrane qui entoure les cellules du corps en particuliers les cellules du système immunitaire (globules rouges et blancs).Ses propriété anti-inflammatoire et vasodilatatrices sont des facteurs importants pour le bon fonctionnement du coeur.

Calcium : (12,3mg/100g) joue aussi un rôle important dans la coagulation du sang, le maintien de la pression sanguine et la contraction des muscles, dont le cœur.
joue aussi un rôle important dans la coagulation du sang, le maintien de la pression sanguine et la contraction des muscles, dont le cœur.

Magnésium : (18,9mg/100g) le  » sel antistress « . Assure un bon équilibre nerveux et régularise l’excitabilité musculaire. Une carence favorise la fatigue, l’anxiété, l’insomnie, la constipation et la spasmophilie. Très utile à l’être humain car il participe au développement osseux, à la construction des protéines, les dents et le système immunitaire.

Potassium : (335mg/100g) important pour la croissance et l’entretien des cellules. Indispensable au système nerveux et à la contraction musculaire normale – y compris le muscle cardiaque. Le potassium est également un électrolyte qui aide à équilibrer les fluides du corps humain, important pour maintenir une bonne pression artérielle.

 Histoire du melon

Le melon serait probablement originaire d’Afrique mais certains pensent qu’il viendrait plutôt de l’Inde ou de la Perse.
On en retrouve trace en Égypte et en Mésopotamie 2500 ans avant notre ère. En 500 av J.-C., la production du melon dans le delta du Nil est renommée. Puis s’étend en Grèce, pour arriver en Italie au Ier siècle après J.-C.

Les Grecs appelaient ce fruit de diverses façon, « pépon » qui veut dire cuit par le soleil qui deviendra « melopepon », traduisez pomme courge cuite au soleil, melo voulant dire pomme, qui se transformera en melopepo en latin. Voilà pourquoi les melons étaient appelés jadis pompons probablement dérivés de pepones comme les appelaient les Romains au début de notre ère.

Le terme « melon », qui est apparu dans la langue française au XIIIe siècle, dérive du latin melo ou melopepone(littéralement « pomme-melon »). C’est une plante potagère dont on fait mention dans le capitulaire De Villis par Charlemagne au début du IXe siècle et reste connu au XIIIe siècle grâce aux écrits des botanistes et savants arabes.

Il sera réintroduit en France en 1495 par Charles VIII roi de France, de retour des guerres d’Italie. Cependant, les variétés peu sucrées ne se consommaient qu’en salade. Christophe Colomb introduira le melon sur l’île d’Hispaniola (dans les Grandes Antilles) en 1494 lors de son deuxième voyage en Amérique. Un des premiers fruits à y être cultivé. On le retrouve en Amérique centrale en 1516, en Virginie en 1609 et à New York en 1629.

Ce sont des moines qui au siècle suivant rapporte d’Arménie à Rome une variété qui se rapproche assez de celle que nous connaissons aujourd’hui. Une variété ronde à chair orangée et savoureuse. Ils seront cultivés dans les jardins de la résidence d’été des papes à Cantalupo, près de Rome.

En France cette variété sera appelé Cataloup et sa culture s’étendra dès le XVIe siècle en Provence, dans la vallée du Rhône, le Languedoc, puis le Val de Loire, l’Anjou et la Touraine. La cour de France et les marchés de Paris sont ainsi approvisionnés par tous ces cultivars - Les célèbres charentais seront créés bien plus tard.

Melon

On apprécie ce fruit-légume à la cour de France qui pourtant procure des ennuis gastriques et intestinaux lors de consommation excessive. Il n’est guère apprécié par les médecins, d’ailleurs au XVIIe siècle Dominique Panarolli, médecin romain parle du melon comme une « humeur putride de la terre ».  

Pour l’humaniste Jean de La Bruyère, au XVIe siècle, le melon génère un suc néfaste et serait la cause du choléra. On retrouve d’ailleurs un traité écrit à ce sujet par Jacques Pons, médecin conseiller de du roi Henri IV. Heureusement que sur le plan de la recherche scientifique nous avons avancé depuis. AU XVIIe siècle la plupart des variétés de melon sont cultivés dans le potager de Versailles, Louis XIV en étant très friand. On dénombre pas moins de 7 variétés à cette époque.  

Au XVIIIe siècle, la notoriété du melon tel qu’on le connait aujourd’hui n’est plus à faire. Même la marquise de Sévigné s’est laissé séduire par ce délicieux fruit lors des ses séjours à Grignan et Voltaire les décrit comme une « outre de jus, un boulet de lumière, un chef d’œuvre de l’été ».  

Un autre épicurien raffole du melon. Il s’agit d’Alexandre Dumas et pas n’importe lequel, celui de Cavaillon. Il fera une demande assez surprenant. En échange du don de la totalité de son œuvre publiée (près de 400 volumes) qu’il fait en 1864 à la bibliothèque de la ville, il demande une rente viagère de 12 melons par an. Ce que le conseil municipal accepte et lui sert jusqu’à sa mort en 1870. C’est ainsi que la confrérie des Chevaliers du melon de Cavaillon voit le jour. 

Source : Site web : www.jackiecuisine.com

Pour en savoir plus

livreLe Melon et la Pastèque de Thierry Delahaye et Pascal Vin, aux Éditions Actes Sud.
Emblématiques des beaux jours, le melon et la pastèque évoquent l’été et le soleil. Sont-ils des fruits ou des légumes ?

Les botanistes les rangent d’emblée parmi les premiers, mais les jardiniers les cultivent au potager, comme des légumes. Les gourmets, quant à eux, les dégustent aussi bien sucrés que salés.

Le melon a suscité bien des passions – un empereur et deux papes seraient morts d’en t avoir trop mangé , de même que la pastèque, symbole de fécondité en Asie et de convivialité autour de la Méditerranée.

Ce livre raconte l’histoire de ces deux « fruits du soleil », décrit les coutumes qui les accompagnent, propose des conseils de culture et des recettes originales.

 

14 octobre 2017

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TRANSFORMATION DE LA NATURE

 

De manières diverses, l’homme détruit des animaux et des plantes, raréfie certaines espèces, en anéantit d’autres. S’opposer à cette action, permettre, le plus possible, le maintien de la faune et de la flore dans leurs caractères primitifs, c’est faire œuvre de protection de la nature.

sous bois

Une telle préoccupation laisse bien indifférente la grande masse du public, qui a tendance à ne voir dans ce souci de conservation d’un capital vivant que sentimentalité d’artiste ou manie de scientifique. Mais l’action destructrice de l’homme peut avoir des répercussions autrement graves qui compromettent le bien-être et même l’existence de l’humanité. A leur sujet, l’ignorance est funeste et l’indifférence coupable. La question de la protection de la nature doit prendre place dans les préoccupations de l’opinion mondiale. Rupture des équilibres naturels Le danger de l’action humaine sur la nature dérive essentiellement de ce que, par des interventions plus ou moins réfléchies, l’homme provoque la rupture des équilibres naturels établis au cours des temps entre les êtres vivants rassemblés sur une même surface.

Du fait des inter-réactions entre végétaux soumis aux mêmes conditions de milieu, se constitue un groupement que l’on peut définir par son aspect ou par sa composition. On sait que, suivant le point de vue adopté, le groupement est une formation, où les espèces se révèlent par leur physionomie et leur importance numérique, ou bien une association, où les espèces, liées à des conditions d’existence uniformes, se mêlent en proportions déterminées.

Mais aux plantes s’associent des animaux qui trouvent dans la station garnie de végétation leur habitat, leur biotope ; les inter-réactions entre animaux et plantes concourent à expliquer l’ensemble du groupement d’êtres vivants, la biocénose. C’est à propos de ces groupements, où dominent les végétaux ligneux, les forêts, que Ton peut observer les plus remarquables exemples d’équilibre naturel et aussi les plus redoutables effets de la perturbation de ces équilibres. M. HEIM consacre à la description de la forêt, si diverse selon les climats, des pages que les forestiers liront avec plaisir. « Chez nous, la forêt attire la rêverie ou la quiète curiosité. Il y règne l’ambiance de chapelle. Simple, riante ou grave, elle séduit, elle berce… L’arbre qui la constitue nous est familier par son nom, son écorce. le contour de ses feuilles. Nor » savons quels oiseaux logent dans sa ramure, quelles herbes vivent à ses pieds, quels bolets forment son cortège…

sperule-odorante des bois

Nous avons ici recueilli l’Aspérule odorante parce que la futaie était de Hêtre. Nous parlons du Cèpe du Mélèze ; nous savons que l’Oronge vient sous les Chênes… Nous avons forcé la nature à se plier à nos exigences et lui avons imposé de s’adapter aux catalogues ». « Sous les tropiques, c’est autre chose. Rien de la douceur qu’apporte au regard la forêt de France ; rien de son effet calmant ni de son ordonnance.

Pas d’équilibre, pas de philosophie ; ni sensibilité, ni amour. Il faut un effort pour la comprendre, même visuellement. Elle n’est pas faîte pour nous ; elle déroute d’abord. Pas de point de comparaison, pas d’échelle : ni dominant, ni dominé. Que devient la notion d’association végétale que notre sens anthropomorphique et le dogmatisme des phytosocîologues ont assignée à nos groupements végétaux, dont nous sommes en réalité à la fois les maîtres et les esclaves ? La forêt tropicale n’est pas civilisée, elle est totalement sauvage, primitive.

Comme l’indigène, elle est fragile, délicate, incompréhensible, déroutante et complexe dans sa physionomie… Vous êtes au milieu d’un monde multiple où tous les êtres sont différents et presque tous des inconnus, où tout semble hasard et mêlée. Ce ne sont pas les cinquante essences de toutes nos forêts françaises ; ce sont mille, deux mille essences qui ne connaissent aucune loi de hiérarchie. La promiscuité n’a qu’une règle: la concurrence vitale. Les agencements insaisissables n’ont qu’une cause, le désordre », moins intense, par l’incendie, par le pâturage du bétail. L’effet est bien divers suivant les contrées et les types de forêt.

Dans la partie moyenne de l’Europe, grâce au climat et aux conditions d’évolution du sol, la forêt peut se reconstituer en devenant plus ou moins artificielle, mais aussi mieux adaptée aux besoins humains. Là où elle est détruite pour faire place à des prairies ou à des cultures, une sage tradition paysanne a conservé au sol sa fertilité. Le tableau est autre dans le bassin méditerranéen, de l’Espagne à l’Afrique du Nord et au Proche-Orient: à la suite du déboisement et de l’intensification du pâturage, l’érosion progresse dangereusement. Sous les tropiques, dans cette forêt que Ton a trop longtemps présentée comme plantureuse et d’une productivité indéfinie, alors qu’en réalité elle est fragile, les causes de destruction sont puissantes : c’est l’exploitation trop souvent brutale, le feu allumé en vue de cultures temporaires que l’on abandonne quand le sol est épuisé, des incendies inconsidérés. Parallèlement, le sol est particulièrement exposé à la dégradation, à la latérisation.

destruction

La destruction de la forêt est irréversible : on marche vers la désertification et l’érosion. Le processus a été étudié, le danger a été maintes fois dénoncé, notamment par A. ‘CHEVALIER et AUBREVILLE en Afrique, par HUMBERT à Madagascar. A la destruction de la forêt s’ajoutent, sous les tropiques, l’extension des monocultures industrielles, parfois l’augmentation du cheptel, toutes causes d’épuisement et d’érosion du sol. C’est ainsi que, par rupture de l’équilibre naturel et impossibilité, en bien des régions, de rétablir un nouvel équilibre, on assiste en des pays divers, sur de vastes surfaces, à la ruine du sol. Soit du fait du climat, soit du fait de l’homme, on estime qu’un quart environ de la superficie des terres du globe est actuellement improductif.

En regard de cette stérilisation progressive, la population humaine s’accroît constamment : de 1 milliard d’individus au milieu du XIXe siècle, elle a passé à 1 600 millions en 1900; elle est actuellement de 2 400 millions, et on prévoit que dans un siècle elle sera de 4 milliards. A la rupture des équilibres naturels, se superpose la rupture de l’équilibre humain: plus l’homme détruit, moins il peut se nourrir, plus il se multiplie. « On comprend donc, écrit M. HEIM, pourquoi le problème de la protection de la nature, longtemps enfermé dans un concept à la fois sentimental et scientifique, c’est-à- dire associé à la sauvegarde d’espèces animales ou végétales spectaculaires, utiles ou rares, a peu à peu intégré des préoccupations économiques, dont la dégradation des sols est la plus essentielle… C’est le problème de l’avenir même de notre espèce, de Y Homo sapiens, qui est désormais posé. » Un vigoureux effort est nécessaire pour mettre fin aux procédés destructifs et régénérer, autant que possible, les zones appauvries et désertifiées. En Algérie, au Maroc, en Palestine, aux Etats-Unis, d’heureuses méthodes de restauration et conservation des sols ont été appliquées. Mais en trop de contrées, le désert restera l’état stable auquel a conduit l’action combinée du climat et de l’homme.

Extrait de la REVUE -FORESTIÈRE FRANÇAISE

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14 octobre 2017

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Un produit sauvage labellisé : l’exemple de la coquille Saint-Jacques

 

produitsEN 1996, l’Organisation mondiale du commerce décide d’accorder l’appellation « Saint-Jacques » à l’ensemble des pectinidés pêchés dans le monde, mélangeant sous la même dénomination commerciale la coquille Saint-Jacques européenne − Pecten maximus − aux pétoncles − Chlamys sp., Argopecten sp., Zygopecten sp., etc. − d’origine diverse (Chili, Argentine, Canada, Islande…). 

Cette décision a entraîné sur le marché français une distorsion de concurrence forte, le consommateur n’arrivant plus à différencier la coquille Saint-Jacques européenne − souvent vendue fraîche, possédant une noix plus grosse − des autres pétoncles, importés congelés en France et destinés à la préparation de plats cuisinés.

La conséquence directe au niveau des professionnels, proposant un produit frais se trouvant en concurrence avec des produits congelés d’origine industrielle, s’est traduite par une diminution conséquente du prix de la première mise en vente au débarquement.

 Coquilles

GARANTIR L’ORIGINE ET LA QUALITÉ

Une première réponse axée sur l’image et la qualité de la coquille Saint-Jacques bas-normande a été apportée par la profession avec la création à Port-en-Bessin dans le département du Calvados du groupement qualité des marins-pêcheurs, criées et mareyeurs de BasseNormandie et le dépôt d’une marque collective des produits de la pêche, « Normandie Fraîcheur Mer » (NFM).

L’objectif de cette démarche était double : l’amélioration de la qualité des produits de la pêche et la valorisation de la pêche en Basse-Normandie, qui s’est concrétisée en 2002 par l’obtention d’un « Label Rouge » garantissant l’origine et la qualité supérieure du produit. Ce « Label Rouge », le premier obtenu pour un produit sauvage issu de la pêche et non transformé, suit un cahier des charges strict qui impose une série de contrôles au niveau des opérateurs – sur la qualité et la fraîcheur du produit − et au niveau organoleptique – par des tests gustatifs en aveugle −, et établit la traçabilité des produits, du producteur aux consommateurs.

En outre, le cahier des charges établit d’une part une durée maximale de pêche qui permet de réduire l’effort de pêche global déployé sur cette espèce, donc indirectement l’impact des engins sur le fond, et d’autre part un nombre minimal d’individus par kilogramme, sélectionnant de fait les coquilles les plus âgées c’est-à-dire de plus de trois ans. Il est cependant devenu rare de trouver des individus âgés de plus de sept à huit ans − l’espèce peut vivre une quinzaine d’années − dans les gisements fortement exploités. 

UNE DÉMARCHE QUI VA PLUS LOIN

Indirectement encore, la durée maximale de pêche permet d’augmenter la biomasse féconde du stock de la baie de Seine, puisque les jeunes individus matures de deux ans ne sont plus recherchés et peuvent potentiellement demeurer une année supplémentaire sur le gisement, améliorant les potentialités de renouvellement de la ressource. À l’avenir, une seconde réponse pourra être donnée à travers une éco-labellisation, garantissant une gestion responsable et durable de la ressource, ainsi que le respect de la biodiversité.

produits de la mer

De nombreux éléments, comme l’application d’une réglementation pour l’accès à la pêcherie et un suivi scientifique de la ressource sont déjà en place pour accéder à cet éco-label. En effet, le stock de coquilles Saint Jacques de la baie de Seine est évalué scientifiquement par l’Ifremer depuis de nombreuses années, à l’aide d’une campagne de prospection annuelle.

Le diagnostic issu de ces prospections − état global de la ressource, structure démographique de la population, répartition géographique sur le fond, etc. − permet d’établir des règles de gestion de plus en plus contraignantes, influant à la fois sur la ressource − quota global annuel, quantité maximale autorisée par jour − et la limitation de l’effort de pêche par l’ouverture saisonnière de la période de pêche, un nombre limité de jours de pêche par semaine et d’heures de pêche par jour, la limitation de la longueur et de la puissance des navires autorisés à pêcher, la limitation du nombre d’engins de pêche autorisé, etc. Une ressource délimitée, sédentaire et côtière, une exploitation alliant respect de l’écosystème, des professionnels et une garantie de qualité des produits débarqués… Avec tous ces éléments réunis, une pêcherie moderne et pilote est née.

En France, la coquille Saint-Jacques est exploitée dans plusieurs gisements indépendants les uns des autres. Les deux principaux sont situés en Manche : baie de Saint Brieuc et Manche Est – baie de Seine, large de Dieppe et bouée de Greenwich. D’autres gisements plus modestes sont également exploités, comme la rade de Brest, le golfe normand–breton au sud des îles Chausey et les Pertuis Charentais.

Article de ÉRIC FOUCHER paru dans le magazine Entre l’Homme et la Nature

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12 octobre 2017

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VIVRE LA NATURE COMME UN TOUT

 

L’éthique environnementale, qui s’est développée s’est élaborée autour de l’idée de la valeur intrinsèque : celle des entités naturelles, ou de la nature comme un tout.

L’expression de « valeur intrinsèque » se trouve chez Kant : a une valeur intrinsèque tout ce qui doit être traité comme une « fin en soi », c’est-à-dire l’humanité et, plus généralement, tout être raisonnable. Tout le reste n’est considéré que comme un moyen, comme une valeur instrumentale. L’éthique environnementale va nommer « anthropocentrique » cette position qui ne reconnaît de dignité morale qu’aux humains, et laisse en dehors de son champ, tout le reste, c’est-à-dire la nature, envisagée uniquement comme un ensemble de ressources.

 naturel

L’ambition de l’éthique environnementale est au contraire de montrer que les entités naturelles ont une dignité morale et sont des « valeurs intrinsèques ». L’idée est que, là où il y a des moyens, il y a nécessairement des fins. Or, tous les organismes vivants, du plus simple au plus complexe, qu’il s’agisse d’animaux – même dépourvus de sensibilité-, de végétaux, ou d’organismes monocellulaires…, tous déploient, pour se conserver dans l’existence et se reproduire, des stratégies adaptatives complexes, qui sont autant de moyens mis au service d’une fin. Il y a donc des fins dans la nature.

On peut considérer tout être vivant comme l’équivalent fonctionnel d’un ensemble d’actes intentionnels, comme une « fin en soi ». À l’opposition entre les personnes humaines et les choses, caractéristique de l’anthropocentrisme, se substitue une multiplicité d’individualités téléonomiques, qui peuvent toutes prétendre, au même titre, être des fins en soi, et donc avoir une « valeur intrinsèque ».

 foret

Tout individu vivant est, à égalité avec tout autre, digne de considération morale : c’est ce qu’on appelle le biocentrisme, dont les représentants sont Paul Taylor ou Holmes Rolston. L’éthique environnementale biocentrique reconnaît ainsi une infinité de vouloir-vivre individuels à l’œuvre dans la nature entière et transfère à la vie, à tout ce qui est vivant, la dignité morale que l’éthique kantienne accorde aux êtres libres. Cela justifie une attention au vivant qui a rapidement gagné des adeptes. La valeur intrinsèque est devenue le cri de ralliement de nombreux militants de la protection de la nature.

La Convention de Rio sur la biodiversité (1992) en affirmant, en son article 1, la « valeur intrinsèque de la biodiversité » porte témoignage de l’importance prise par la référence à la valeur intrinsèque.

DU «BIO» À L’«ÉCO»-CENTRISME

Mais on peut reprocher à cette éthique biocentrique qu’elle ne répond pas aux exigences de la protection de la nature. Elle n’accorde de valeur qu’à des entités individuelles, alors que l’on s’occupe généralement de protéger des populations. Elle ne prend en compte que les entités vivantes alors que les écosystèmes, que la protection de la nature prend en charge, comportent des composantes abiotiques. Certains environnementalistes, comme Baird Callicott, considèrent qu’il faut accorder de la valeur non pas à des éléments séparés mais à l’ensemble qu’ils forment, à la « communauté biotique ».

 route

Cette approche, dite « écocentrique », se réclame d’un forestier amé- ricain de la première moitié du XXe siècle, Aldo Leopold, dont le livre A Sand County Almanac présente une éthique environnementale – qu’Aldo Leopold nomme Land Ethic – que résume la formule :

« Une chose est juste lorsqu’elle tend à préserver l’intégrité, la stabilité et la beauté de la communauté biotique. Elle est injuste lorsqu’elle tend à l’inverse. »

Qu’elles soient biocentriques ou écocentriques, on peut considérer que ces positions morales qui accordent une valeur intrinsèque à des entités non humaines ne peuvent pas faire l’objet d’un large consensus.

Certains philosophes, comme Bryan Norton, ont constaté que, quelles que soient leurs divergences philosophiques, les environnementalistes s’entendent généralement quant aux opérations pratiques de protection de la nature, et ils ont fait valoir une attitude plus pragmatique qui, arguant de cette convergence des résultats, cherche à trouver une base commune d’entente. Cet « anthropocentrisme élargi » aussi appelé « anthropocentrisme faible » remet en cause la distinction entre valeur intrinsèque et valeur instrumentale en montrant que la critique de l’anthropocentrisme s’appuie sur une conception beaucoup trop étroite de ce qui est instrumental.

Nous ne voyons pas dans la nature seulement un ensemble de ressources bonnes à consommer ou à détruire. Nous trouvons dans la nature des ressources qu’il est de notre propre intérêt de préserver : c’est vrai pour les services qu’elle rend (pollinisation des plantes, recyclage des déchets…), comme pour son intérêt scientifique – le naturaliste a intérêt à ce que son objet de travail soit préservé – et aussi pour son intérêt esthétique ou religieux.

Nous voulons protéger la nature que nous admirons, que nous aimons, qui nous fait sentir meilleurs. Cette attitude, moins exigeante philosophiquement mais plus facile à comprendre, a également l’avantage de prendre en compte la dimension temporelle – c’est pour les générations futures que nous faisons cela – et donc de se trouver en accord avec certaines des exigences du développement durable.

 ■ Pour en savoir plus

• LIGHT, A., ROLSTON III, H. 2003. Environmental Ethics, an Anthology. Blackwell.

• LARRÈRE, C. 1997. Les philosophies de l’environnement. PUF, collection « Philosophies ».

 • CALLICOTT, J. B. 1989. In Defense of the land ethics : Essays in Environmental philosophy. State University of New York Press, Albany.

• LEOPOLD, A. 1949. A Sand County Almanac, With Essays on Conservation from Round River. Ballantine books, (trad. française 1995 : Almanach d’un comté des sables, Aubier, Paris).

• NORTON, B. G. 1991. Toward unity among environmentalists. Oxford University Press.

• ROLSTON III, H. 1986. Environmental ethics: Duties to and values in the natural world. Temple University Press.

• TAYLOR, P. W. 1986. Respect for nature: A theory of environmental ethics. Princeton University Press.

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12 octobre 2017

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Une chouette et des vergers

 

Dans la partie française de la Réserve de biosphère Vosges du Nord-Pfälzerwald, cela fait plus de vingt ans que l’on suit de près les populations d’un rapace apprécié du grand public, la chouette chevêche. Grâce à l’étroite collaboration qui s’est instaurée entre le coordinateur de la réserve de biosphère et les chercheurs, cette chouette, aussi appelée chevêche d’Athéna − Athene noctua −, est devenue le symbole du renouveau des vergers traditionnels.

festival 

LE FESTIVAL VERGER

Depuis 2002, est organisé à l’initiative de la partie française de la Réserve de biosphère Vosges du Nord-Pfälzerwald, le Festival Verger, dont le but affiché est de promouvoir les vergers d’arbres à hautes tiges, c’est-à-dire de plus de 1,8 mètres au-dessus du tronc principal.

Ces vergers traditionnels représentent, en effet, l’habitat principal de la chouette, dont les effectifs sont en régression dans la région depuis le milieu des années 1980. À cette époque, les connaissances de la biologie de l’espèce étaient largement insuffisantes pour prendre des mesures de protection adaptées. Des études portant sur l’habitat, la biologie de la reproduction, le domaine d’activité, le régime alimentaire et la dynamique des populations du petit rapace ont été réalisées, sans malheureusement permettre d’apporter une réponse claire sur les causes de sa régression. Le coordinateur de la réserve de biosphère a alors décidé d’établir une collaboration avec des chercheurs pour éclaircir la situation. 

 Vergers

Suite à diverses analyses et études, notamment en démographie et en génétique des populations, il a été mis en évidence que la population de chouettes chevêche fonctionne comme une métapopulation dépendant fortement d’un apport d’immigrants venus de l’extérieur de la région étudiée. Plutôt que de poursuivre une expérience de renforcement des effectifs de la population, il a été préconisé d’agir en faveur de son habitat principal, les vergers de la partie française de la Réserve de biosphère Vosges du Nord-Pfälzerwald.

Parallèlement à cette étude, une autre, tournée vers la sociologie, analysait la représentation des vergers par les habitants d’un village et d’un bourg. Elle montrait leur désinvestissement pour ces espaces agricoles, participant pourtant à la diversité des paysages.

«CONSOMMER» RIME AVEC «DIVERSITÉ»

Suite à ces résultats, la partie française de la Réserve de biosphère Vosges du Nord-Pfälzerwald a lancé un programme d’action en faveur des vergers, à caractère écologique, social et économique tout en coordonnant un suivi continu de la population de la chouette chevêche dans le cadre d’un observatoire national.

Tous les deux ans et pendant neuf jours, le Festival Verger qui regroupe de très nombreux partenaires locaux et régionaux, propose de multiples activités tournées vers le maintien et le développement des vergers : arboriculture, connaissance des variétés de pommes, démonstrations culinaires à base de fruits faites par des grands chefs locaux, ateliers du goût pour déguster les fruits de manière ludique, expositions et conférences, spectacles, activités pédagogiques, marchés aux fruits, etc.

 bIO La partie française de la Réserve de biosphère Vosges du Nord-Pfälzerwald aide aussi les communautés de communes à préparer des programmes d’actions intitulés Vergers Solidaires d’Alsace, soutenus financièrement par la Région. Elle a initié un travail avec la banque alimentaire du Bas-Rhin pour le ramassage des fruits non récoltés par leurs propriétaires.

En 2004, près de quinze tonnes de fruits ont ainsi été collectés.

 

Enfin, pour faire face au succès du programme d’actions en faveur des vergers hautes tiges et à la dynamique créée par les Festivals Vergers, elle a recruté une personne chargée de la valorisation des produits du verger qui mène un travail de sensibilisation pour augmenter la demande en jus de pommes et autres produits Chouetteauprès de divers publics. La démarche croisée entre chercheurs et acteurs de la réserve de biosphère a nécessité de la réflexion, alimentée à la fois par des moyens financiers et humains et l’implication de nombreux partenaires. Aujourd’hui sur la bonne voie, la suite n’est pas écrite d’avance. L’avenir de la chouette chevêche passe par la volonté des habitants de lier un paysage à un choix de consommation.

Pour en savoir plus

• FERRUS, L., GÉNOT, J.-C., TOPIN, F., BAUDRY, J., GIRAUDOUX, P. 2002. Répartition de la Chevêche d’Athéna (Athene noctua Scop.) et variation d’échelle d’analyse des paysages. Rev. Ecol. (Terre Vie), 57 : 39-51.

• GÉNOT, J.-C. 2005. La Chevêche d’Athéna, Athene noctua, dans la Réserve de biosphère des Vosges du Nord de 1984 à 2004. Ciconia, 29 : 1-272.

• LETTY, J., GÉNOT, J.-C., SARRAZIN, F. 2001. Viabilité de la population de Chevêche d’Athéna Athene noctua dans le Parc naturel régional des Vosges du Nord. Alauda, 69 : 359-372.

Article de JEAN-CLAUDE GÉNOT paru dans le magazine Entre l’Homme et la Nature

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9 octobre 2017

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Ces fleurs et ces herbes qui se mangent

Comme beaucoup de jardiniers picards, Jacqueline BARON aime laisser du temps au temps et profiter de ce que nous offre la nature à chaque saison. « La cuisine avec les fleurs, c’est un ensemble de saveurs nouvelles, mais aussi une esthétique nouvelle et colorée pour les plats. Chaque saison offre ses fleurs et ses saveurs différentes. […]

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7 octobre 2017

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La nature et ses ressources

  Dans sa conquête terrestre, l’homme a su maîtriser et domestiquer une grande part des éléments naturels. La pierre, le feu, les plantes, les animaux, le fer, le charbon, le pétrole : à chaque fois, ces ressources ont acquis une certaine valeur, synonyme de trocs et de commerces. Depuis la fi n du XXe siècle, […]

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7 octobre 2017

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Des spécificités difficiles à cadrer : la biodiversité

  Alors que beaucoup s’accordent à penser que le terme biodiversité reste un concept flou où chacun pioche ce dont il a envie, au moins a-t-il le mérite de rassembler les hommes autour d’une même cause : celle de la perte de la diversité, de toutes les diversités. Du monde vivant certes, mais humaines et […]

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6 octobre 2017

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Les feuilles de l’Olivier

  Les feuilles sont opposées, ovales allongées, d’un vert foncé luisant sur la face supérieure et d’un vert clair argenté avec une nervure médiane sur la face inférieure. Le feuillage est persistant, donc toujours vert mais leurs durées de vie, en moyenne, est limitée à trois ans. Lors d’un orage, les feuilles se retournent pour […]

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6 octobre 2017

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L’automne, source d’éléments

L’automne en médecine traditionnelle chinoise s’inscrit dans la théorie des Cinq Mouvements avec pour élément lié le Métal. Cette saison est la période où le Poumon et le Gros Intestin sont à leur paroxysme énergétique. Pourquoi l’automne est-il lié au Métal ? Quel est le lien entre cet élément et l’homme ? C’est au programme de cette […]

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